« L'ONU était «paralysée» dans la manière de traiter le meurtre de Khashoggi »

La Rapporteure spéciale des Nations Unies (ONU) sur les exécutions extrajudiciaires a une nouvelle fois rappelé la responsabilité de l'État saoudien dans l'assassinat du journaliste.

 

La Rapporteure spéciale des Nations Unies (ONU) sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a déclaré que l'ONU était "paralysée" dans la manière de traiter le meurtre de Jamal Khashoggi.

Agnes Callamard intervenait mardi lors d'un panel animé par la Brookings Institution, un groupe de réflexion basé à Washington.

Elle a notamment lancé un appel pour un moratoire sur la vente de "technologies de surveillance" à l'Arabie Saoudite.

Cet appel de Callamard intervient après la publication le mois dernier de son rapport sur la mort du journaliste saoudien.

Khashoggi a été tué et démembré par un groupe d'actifs saoudiens peu après son entrée au consulat du pays à Istanbul le 2 octobre 2018.

Riyad a présenté divers récits contradictoires pour expliquer sa disparition avant de reconnaitre qu'il avait été assassiné dans l'immeuble diplomatique tout en cherchant à rejeter la responsabilité de sa mort sur une opération de «restitution» bâclée menée par des agents malhonnêtes.

Le corps de Khashoggi n'a pas été retrouvé et le Royaume est resté silencieux sur l'endroit où il se trouve.

Callamard a déclaré qu'une interdiction de vente de cette technologie à l'étranger aiderait non seulement à tenir Riyad, responsable de la mort de Khashoggi, mais également à empêcher qu'un tel assassinat extrajudiciaire se reproduise.

Pegasus, une société israélienne de logiciels espions, aurait vendu à l'Arabie Saoudite une technologie de surveillance utilisée pour retrouver le journaliste assassiné, selon le lanceur d'alerte de la NSA, Edward Snowden.

"Je pense vraiment qu'il devrait y avoir un moratoire sur la vente de technologie de surveillance à l'Arabie saoudite", a déclaré Callamard lors du panel au Brookings Institution.

Le rapport de l’enquêteuse de l’ONU a été publié à la fin du mois de juin et indiquait que l’État saoudien était responsable de l’assassinat de Khashoggi mais n’avait pas réussi à imputer la responsabilité au Prince Héritier saoudien Mohammed bin Salman.

"Toutes les dimensions de l'exécution du crime répondent à la définition d'un assassinat d'État", a déclaré Callamard.

Dans son rapport, toutefois, elle a appelé à la sanction de Ben Salman car il existe "suffisamment de preuves pour suggérer qu'il est partiellement responsable du meurtre".

Callamard a indiqué dans le rapport qu'elle avait trouvé "des preuves crédibles" pour enquêter davantage sur la responsabilité individuelle de responsables saoudiens dans l'assassinat de Khashoggi, y compris bin Salman.

Parmi ses autres recommandations, le rapport de l'ONU appelle le FBI et le secrétaire général de l'ONU à ouvrir une enquête pénale sur le meurtre de Khashoggi, un résident américain.

Callamard a déclaré que l'ONU était "paralysée" dans la manière de traiter le meurtre, de nombreux dirigeants du monde étant hésitants dans leurs réponses.

 

 

 

Safvan Allahverdi, Tuncay Çakmak

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Arabie Saoudite, Affaire Khashoggi, Agnes Callamard, Jamal Kashoggi

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