Erdogan: L'inaction du monde a poussé la Turquie à agir en Syrie

Publié par Ümit Dönmez le . Publié dans Actualité Turquie


"La communauté internationale devrait soit joindre nos efforts, soit accepter les réfugiés", a déclaré le président turc.

 

 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lundi que l'échec de la communauté internationale à aider la Turquie avec des millions de réfugiés avait motivé l'opération Source de Paix dans le nord-est de la Syrie.

Dans un article qu'il a écrit pour le qutidien américain, Wall Street Journal, Erdogan a déclaré qu'aucun pays n'avait autant ressenti la douleur de la crise humanitaire syrienne que la Turquie depuis le début de la guerre civile syrienne en 2011.

"Ankara a atteint ses limites", ajoutant que le monde a ignoré les avertissements répétés de la Turquie sur son incapacité à traiter le problème des soins apportés à plus de 3,6 millions de réfugiés syriens sans soutien international.

"Mon administration a conclu que la communauté internationale n'allait pas agir et nous avons donc élaboré un plan pour le nord de la Syrie", a déclaré Erdogan. "En l'absence d'un plan alternatif pour faire face à la crise des réfugiés, la communauté internationale devrait soit se joindre à nos efforts, soit commencer à admettre des réfugiés."

La Turquie a lancé mercredi 9 octobre, l’opération Source de Paix à l’est de l’Euphrate, dans le nord de la Syrie, pour sécuriser ses frontières en éliminant les terroristes avec l'objectif d'assurer le retour en toute sécurité des réfugiés syriens ainsi que l’intégrité territoriale de la Syrie.

Ankara veut éliminer les terroristes du PKK / PYD / YPG et de Daech.

Les YPG ("Yekîneyên Parastina Gel", "Unités de protection du peuple") et le PYD ("Partiya Yekîtiya Demokrat, "Parti de l'union démocratique" sont des branches syriennes respectivement militaire et politique du groupe terroriste PKK ("Partiya Karkerên Kurdistan" : "Parti des travailleurs du Kurdistan"). Le PKK est répertorié comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils.

Erdogan a souligné que la Turquie n'a aucun problème avec aucun groupe ethnique ou religieux en Syrie.

"De notre point de vue, tous les citoyens de la République arabe syrienne - qui n'appartiennent pas à des groupes terroristes - sont égaux. En particulier, nous nous opposons à l'équation du PKK avec les Kurdes de Syrie", a-t-il écrit.

Le président a également déclaré qu'Ankara veillerait à ce qu'aucun membre de Daech incarcéré dans la région ne quitte la région, soulignant la volonté de la Turquie de travailler avec les pays d'origine et les organisations internationales pour la réhabilitation des conjoints et des enfants de combattants terroristes étrangers.

 

Terroristes étrangers

Dans cet article, Erdogan a également critiqué plusieurs pays européens pour leur incapacité à arrêter l'afflux de combattants terroristes étrangers en 2014 et 2015.

"Peut-être que le gouvernement d'un pays européen, que je ne nommerai pas, voudrait expliquer au monde entier comment un de ses ressortissants pourrait monter à bord d'un vol pour Istanbul en 2014 avec des balles réelles dans ses bagages enregistrés.

"De même, la France a bloqué la vente d'armes à la Turquie, mais pourquoi a-t-elle ignoré nos alertes successives répétées concernant des attaques terroristes imminentes?", ajoute-t-il.

Par ailleurs, la France n'a pas cessé la vente d'armes vers l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis qui bombardent le Yémen de façon indiscriminée.

En réplique aux critiques de la Ligue arabe sur l'opération turque, Erdogan a déclaré que ces critiques ne reflétaient pas les véritables vues et sentiments du peuple arabe. La Ligue arabe "n'a aucune légitimité", a-t-il déclaré.

"Alors qu'ils sont si mécontents des efforts de la Turquie pour réunir les réfugiés syriens avec leurs terres ancestrales, combien de victimes de guerre ont-ils admis?

"Dans quelle mesure ont-ils contribué aux efforts visant à mettre fin à la crise humanitaire en Syrie? Quelles initiatives politiques ont-ils appuyées pour mettre un terme à la guerre civile?" a demandé Erdogan.

Le président turc a déclaré que la communauté internationale n'avait pas empêché la crise syrienne de plonger toute une région dans une tourmente d'instabilité, ajoutant que de nombreux pays avaient dû faire face aux effets secondaires négatifs du conflit, notamment la migration irrégulière et la hausse des attaques terroristes.

"L'opération Source de Paix représente une deuxième chance d'aider la Turquie à mettre fin aux guerres par procuration en Syrie et à rétablir la paix et la stabilité dans la région.

"L'Union européenne - et le monde - devraient soutenir ce que la Turquie tente de faire", a conclu le président.

 

 

Servet Günerigök, George Albert Bernard, Ümit Dönmez

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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