Erdogan: « L'UE doit donner un soutien plus fort à la Turquie sur les migrants »

Le Chef de l’État turc a répondu aux questions des journalistes dans une interview accordée à Reuters.

 

Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a renouvelé son appel à la communauté internationale, particulièrement à l’encontre des pays européens, pour un soutien plus important à la Turquie face au risque d’une nouvelle vague de migrants qui fuiraient la Syrie.

Le Chef de l’Etat turc a répondu aux questions des journalistes dans une interview accordée, vendredi, à Reuters.

Il est revenu sur les principaux points de l’actualité turque et internationale.

La situation en Syrie et les relations bilatérales avec les Etats-Unis ont occupé une place importante dans l’interview.

 

La zone de désescalade d’Idleb

Le Président Erdogan a rappelé que depuis plusieurs mois, le régime syrien et ses alliés violent l’Accord de Sotchi sur Idleb et les différents cessez-le-feu instaurés par la suite.

Les attaques contre les civils à Idleb ont provoqué un fort mouvement de population vers la frontière turque. En cas de poursuite des attaques, un nouveau flux très important de réfugiés se tournerait vers la Turquie, qui a déclaré « ne plus être en mesure d’assurer seule une telle responsabilité ».

- Le sommet tripartite Turquie-Russie-Iran :

Dans cette situation, le Président turc veut convaincre la Russie et l’Iran, les deux autres pays garants du processus d’Astana.

Dans cet objectif, un 5ème sommet tripartite aura lieu lundi 16 septembre à Ankara, la capitale turque.

 

La question des réfugiés et l’UE :

La Turquie a mis en garde la communauté internationale concernant l’éventuelle crise humanitaire qui pourrait frapper à la porte si les civils fuient à nouveaux la Syrie pour venir en Turquie.

Pour le Président turc, l’Union Européenne doit faire davantage d’efforts pour aider la Turquie dans cette tâche.

« Nous avons dépensé 40 milliards de dollars pour les 3,6 millions de réfugiés syriens sur notre sol. L’UE nous a fait beaucoup de promesses, mais elles n’ont pas été tenues », a-t-il expliqué.

« Début octobre, nous organiserons peut-être un sommet Turquie-Russie-Allemagne-France sur cette question », a-t-il ajouté.

 

La zone de sécurité en Syrie:

La situation sur le territoire syrien est un des principaux sujets qui rendent les relations Turquie-Etats-Unis très difficiles. Le choix de Washington de soutenir militairement l’organisation terroriste YPG/PKK en Syrie, est très mal perçu par Ankara.

Face à cette présence terroriste dans le nord de la Syrie, qui menace directement la sécurité de la Turquie, Ankara réclame depuis plusieurs années la création d’une zone sécurisée le long de la frontière avec la Turquie. Un projet que Donald Trump a finalement accepté il y a quelques mois. Mais les modalités de mise en place de ladite zone sécurisée, ses caractéristiques et le calendrier de mise en place sont sujets à des désaccords avec la Turquie.

Le Président Erdogan a répété plusieurs fois ces derniers jours que la Turquie patientera jusqu’à la fin du mois de septembre, mais pas plus. « Sans quoi, elle agira seule pour constituer cette zone de sécurité » a-t-il assuré.

Erdogan a également dénoncé le soutien militaire de Washington au YPG/PKK qui s’est traduit par « l’envoie aux terroristes de dizaines de milliers de camions remplis d’armes et de munitions ».

Les YPG ("Yekîneyên Parastina Gel", "Unités de protection du peuple") et le PYD ("Partiya Yekîtiya Demokrat, "Parti de l'union démocratique" sont des branches syriennes respectivement militaire et politique du groupe terroriste PKK ("Partiya Karkerên Kurdistan" : "Parti des travailleurs du Kurdistan"). Le PKK est répertorié comme une organisation terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'Union Européenne. Au cours de sa campagne terroriste de plusieurs décennies contre la Turquie, le PKK a tué plus de 40 000 personnes sur le seul territoire turc, dont 7 000 civils.

 

Les relations avec Washington : la crise des S-400:

« Cet accord avec la Russie n’est pas tombé du ciel, il a un passé et des raisons qui l’ont rendu nécessaire. C’est suite au refus d’Obama ne nous vendre les systèmes Patriot », a-t-il rappelé, soulignant que la Turquie a besoin de posséder un système de défense antiaérienne.

« Alors que la Russie a fait preuve de sincérité concernant les S-400. Elle a répondu à nos attentes tant du point de vue de la production, que du prix, en passant par le calendrier », a-t-il expliqué, ajoutant que le système S-400 devrait être opérationnel dès avril 2020.

Erdogan a une nouvelle fois indiqué que le système russe S-400 n’a aucun aspect négatif concernant les chasseurs F-35 et les autres systèmes de l’OTAN.

Le Chef de l’Etat s’est dit convaincu que sa rencontre avec le Président Donald Trump en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York permettra de surmonter nombre des différends qui opposent Ankara et Washington.

« La Turquie est un allié essentiel pour les Etats-Unis, ils ne voudront pas rendre les choses encore plus compliquées », a-t-il estimé.

Erdogan a notamment précisé que l’éventuel achat des Patriot américains sera un autre sujet qu’il abordera avec Trump.

 

La situation en Méditerranée Orientale :

Pour conclure, le Chef de l’Etat turc a répété que la Turquie poursuivra ses travaux de recherches d’hydrocarbures en Méditerranée Orientale, dans les eaux territoriales turques et chypriotes-turques.

« Nous défendrons jusqu’au bout nos intérêts et ceux des Chypriotes-turcs », a-t-il lancé.

Erdogan a, à ce sujet, dénoncé la posture de l’UE qui ignore les droits des Turcs et des Chypriotes-turcs.

Pour le leader turc, le fait que l’UE est accepté en son sein la Partie grecque de Chypre, en ignorant la République Turque de Chypre Nord, est au centre de la situation d’injustice et d’inégalité qui entoure la question chypriote.

« La Partie grecque bénéficiera de ces richesses naturelles en proportion de sa population, pareil pour la partie turque. Mais malheureusement, des pays qui n’ont lien avec la région ou Chypre, veulent avoir un mot à dire. C’est une autre raison de la crise », a-t-il expliqué pour finir.

 

 

Berk Özkan, Tuncay Çakmak

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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