France : le Haut commissaire chargé des retraites accablé par une fausse déclaration d’intérêts

Jean-Paul Delevoye a enfreint la Constitution qui interdit à tout ministre d’exercer une autre fonction rémunérée.



Le haut commissaire français aux retraites, Jean-Paul Delevoye, est au cœur d’une polémique nationale après avoir initialement déclaré qu’il exerçait trois mandats à la HAVP (Haute autorité pour la vie publique) alors que, très vite, d’autres mandats non mentionnés, ont été révélés par les médias locaux.

Samedi, après plusieurs jours de tourmente, il a fini par rectifier sa déclaration en faisant état de treize mandats dont onze toujours actifs, rapporte le journal Le Monde.

Cette affaire éclate alors que la France est en partie paralysée par une grève reconductible depuis le 5 décembre, contre la réforme des retraites, justement, portée par Jean-Paul Delevoye.

Depuis 2013, avec la création de la HAVP, la loi exige que tous les ministres déclarent leurs mandats actifs et passés, et leurs patrimoines afin de prévenir tout risque de conflit d’intérêts.

Pour autant, la HAVP a publié le 7 décembre dernier une déclaration de Jean-Paul Delevoye, mentionnant seulement trois mandats.

Dans un entretien paru samedi dans les colonnes du Monde, le haut-commissaire explique avoir « été extrêmement attentif » à sa « déclaration de patrimoine » et avoir fait « appel à un expert-comptable ».

« J’avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d’intérêts, sans doute, parce que j’avais le sentiment de ne pas avoir de conflits d’intérêts », a-t-il poursuivi.

Et pour cause, ce sont pas moins de dix mandats supplémentaires qui ont été finalement déclarés, ce samedi, parmi lesquels sa fonction au conseil d'administration de la Fondation SNCF (la société de chemins de fers français dont une grande partie des salariés est en grève contre sa réforme).

Jean-Paul Delevoye (au rang d'un secrétaire d'Etat) a, par ailleurs, enfreint la Constitution qui interdit à tout ministre d’exercer une autre fonction rémunérée.

Selon France Info, il aurait déclaré être « président de Parallaxe, un institut de réflexion sur l'éducation », en dépit de l’interdiction constitutionnelle.

Ce n’est pas la première fois qu’une des ministres du quinquennat d’Emmanuel Macron se trouve dans une telle polémique.

Trois de ses anciens ministres, Sylvie Goulard, François Bayrou et Marielle De Sarnez, avaient dû démissionner en juillet 2017, après avoir été mis en cause dans une affaire d’emplois présumés fictifs.

Ils ont tous les trois été mis en examen pour détournements de fonds publics début décembre.

 

 

Fawzia Azzouz, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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