La Cedeao veut mobiliser un milliard de dollars de la pour lutter contre le terrorisme

Les chefs d'Etat de la Cedeao, réunis à Ouagadougou le 14 Septembre 2019, ont adopté une déclaration commune de 46 points.

 

Au terme d’un sommet extraordinaire, tenu en fin de semaine à Ouagadougou, les pays de la Communauté économique pour les Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao) ont exprimé leur volonté de mobiliser 1 milliard de dollars pour lutter contre le terrorisme au Sahel et dans le bassin du Lac Tchad.

La Cedeao a précisé, lors de la conférence de presse finale, samedi, que cette somme sera débloquée sur la période 2020-2024.

Selon le président nigérien Mahamadou Issoufou, président en exercice de la Cedeao, cette mobilisation des ressources vise « à la formation des forces de défense et de sécurité ; le renforcement du renseignement ; le développement des activités socioprofessionnelles des femmes et des jeunes et le développement des zones précaires sujettes aux menaces sécuritaires ; la culture de la paix ; la promotion de la bonne gouvernance et la cohabitation interreligieuse ».

Mahamadou Issoufou s’exprimait samedi à Ouagadougou lors de la clôture du sommet extraordinaire de la Cédéao, élargi au Tchad et à la Mauritanie.

« La communauté internationale ne doit pas détourner le regard, elle doit nous soutenir. Quand ils ont détruit la Libye, ils nous ont pas consultés, et c’est cette gangrène qui touche le Sahel » a-t-il noté.

Selon le communiqué final lu par le président de la commission de la Cedeao, Jean Paul Brou, ce plan de lutte contre le terrorisme dans l’espace Cedeao, au Tchad et à la Mauritanie, est uniquement constitué de ressources internes.

Ce plan sera présenté officiellement en décembre lors du prochain sommet de la Cedeao.

Les chefs d'Etat de la Cedeao, réunis à Ouagadougou le 14 Septembre 2019, ont adopté une déclaration commune de 46 points, dont voici les principales dispositions :

- La Conférence réaffirme le principe du respect de l'intangibilité et de l'intégrité territoriale des Etats, conformément aux fondements de l'Union Africaine. A cet effet, la Conférence lance un appel à tous les Etats de ne pas accepter que les terroristes utilisent leur territoire comme sanctuaire ou base de repli. Elle engage tous les signataires de l'Accord d'Alger à se démarquer, sans équivoque, des groupes terroristes.

- La Conférence apporte son plein soutien à l'exercice de la souveraineté de la République du Mali sur l'ensemble de son territoire. Elle réaffirme que la Région de Kidal est partie intégrante du territoire Malien. Elle exige le respect scrupuleux des symboles de l'Etat Malien, le retour des démembrements de l'Etat, y compris les Forces Armées reconstituées et de l'Administration dans toute la Région de Kidal. Elle encourage les initiatives nationales tendant à stabiliser la situation.

- La Conférence appelle le Conseil de Sécurité des Nations Unies, en relation avec l'Union Africaine, à une résolution urgente de la crise libyenne, véritable foyer d'alimentation du terrorisme en Afrique de l'Ouest. Elle demande notamment la nomination d'un représentant conjoint de l'Union Africaine et des Nations Unies pour la Libye.

- La Conférence souligne également l'urgente nécessité d'amplifier l'engagement des Etats et de renforcer les actions de prévention et de lutte contre le terrorisme. Elle réaffirme également la nécessité d'évaluer les initiatives existantes de lutte contre le terrorisme.

-A cet effet, la Conférence décide d'adopter un Plan d'actions prioritaires sur la période 2020 – 2024 dont les lignes directrices sont au nombre de huit, comme suit :

La Conférence renouvelle son engagement en faveur de la mutualisation des efforts et de la coordination des initiatives. Elle réitère son appel à renforcer les actions menées par la force conjointe du G5 Sahel, l'opération Barkhane, la Force multinationale mixte du bassin du Lac Tchad, la Minusma, ainsi que l'initiative d'Accra et à renforcer la coordination opérationnelle entre ces Forces et initiatives.

-La Conférence lance un appel au Conseil de sécurité de Nations Unies afin doter la Minusma d'un mandat plus robuste lui permettant de lutter de manière plus efficace contre le terrorisme

-La Conférence approuve le principe d'une implication de la force en attente de la Cedeao dans la lutte contre le terrorisme. Elle demande aux ministres en charge de la défense et de la sécurité d'étudier les modalités pratiques de cette implication. Elle encourage la Commission de la Cedeao à continuer le processus d'opérationnalisation du dépôt logistique de la Cedeao à Lungi, République de Sierra Leone.

-Le partage effectif et direct des informations et de renseignements entre les services de sécurité des Etats membres

-Les Etats membres s'engagent à partager directement les informations et renseignements au niveau interétatique, en assurant notamment la coordination, au niveau national, des services étatiques impliqués dans la lutte contre le terrorisme; la numérisation des données criminelles, judiciaires et administratives ; et la création de systèmes automatisés d'identification des empreintes digitales.

-Les Etats membres s'engagent à mutualiser les moyens de formation et d'entrainement. A cet effet, la Conférence instruit la Commission de la Cedeao à engager les discussions avec le Gouvernement de la République de Côte d'Ivoire et le Gouvernement de la République du Sénégal afin de développer un partenariat effectif et à long terme avec respectivement l'Académie internationale de Lutte contre le Terrorisme (AILCT) de Jacqueville et l'Ecole Nationale de Cybersécurité à vocation régionale de Dakar.

De même, un partenariat sera recherché avec le Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme (CAERT), en liaison avec l'Union Africaine.

Pour rappel, la capitale burkinabè a abrité une série de réunions la semaine dernière, dont notamment le sommet de la Cedeao, le 14 septembre, le sommet de la force G5 Sahel le 13, doublé d’une réunion avec la banque africaine de développement sur l’énergie et la réunion des ministres des AE et de la Défense des pays de la Cedeao, le 12 septembre.

Les participants agréent que le terrorisme, qui ne cesse de frapper et de s’amplifier en Afrique de l’ouest et au Sahel, constitue un obstacle majeur devant le développement économique et humain.

 

 

Wendyam Valentin Compaoré, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


L'ACTUALITÉ LA PLUS LUE DE LA SEMAINE


Mots-clés: terrorisme, Burkina Faso, Tchad, CEDEAO, Mauritanie, Lac Tchad, afrique terrorisme, ouest afrique terrorisme, burkina faso terrorisme, Ouagadougou, ouest afrique migration, Sommet, Bassin du Lac Tchad, Sommet de la Cedeao

Imprimer E-mail

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Un cookie est un petit morceau de texte envoyé sur votre navigateur par un site Web que vous visitez. Il aide le site à se rappeler des informations sur votre visite, comme votre langue préférée et d'autres paramètres. Cela peut rendre votre prochaine visite plus facile et le site plus utile pour vous. Les cookies jouent un rôle important. Sans eux, utiliser le web serait une expérience beaucoup plus frustrante.

S'inscrire à la Newsletter de actualite-news.com

  • [javascript protected email address]