Cameroun/Crise anglophone : plus de 4 000 enseignants abandonnent leurs postes

Dans la perspective de la prochaine rentrée scolaire, les autorités camerounaises évaluent la situation sécuritaire au Sud-Ouest et au Nord-Ouest, les deux régions en proie à une grave crise socio-politico-sécuritaire depuis 2016.




Plus de 3000 écoles ont été fermées dans les régions anglophones du Cameroun, 200 autres ont été incendiées, alors que 4344 enseignants ont abandonné leurs postes, d’autres ont été kidnappés ou tués.

Tel est le tableau reflétant la situation de l’éducation dans les régions anglophones à la lumière d’une réunion d’évaluation, tenue samedi à Bamenda, par les responsables du ministère des enseignements secondaires en prélude de la reprise effective des cours dans le Nord-ouest du Cameroun.

« Lors de la rencontre que j’ai présidée au nom du gouverneur, nous avons constaté que 3074 écoles ont été fermées et 205 écoles incendiées ou saccagées par des séparatistes », a indiqué à Anadolu, Lanyuy Harry Ngwanyi, secrétaire général du gouverneur du Nord-Ouest.

« Nous avons au total 7086 écoles à réhabiliter dans la région avant la rentrée scolaire », a-t-il ajouté.

Au manque d’infrastructures scolaires, s’ajoute l’absence d’enseignants.

« A ce jour, 4344 enseignants ont abandonné leurs postes de travail suite à la situation sécuritaire. Certains ont été kidnappés et d’autres tués », rapporte le secrétaire général du gouverneur du Nord-Ouest.

« Il faut également remettre les enfants en confiance que l’Etat va assurer leur sécurité une fois à l’école », estime M. Lanyuy.

Les sécessionnistes, quant à eux, restent divisés sur la reprise des cours en septembre.

« Nous devons laisser nos enfants hors de cette guerre. Lassez les élèves aller en classe en septembre car ils doivent diriger la nation de [l’Ambazonie] quand ils prendront la relève », a écrit depuis sa prison, l’activiste anglophone, Bibixy Mancho.

« Au commencement de la crise, nous avons décidé de garder commerces et écoles fermés jusqu’à la fin de la guerre. Il est hors de question d’ouvrir les salles de classe », rétorque Chris Anu, membre du gouvernement virtuel de [l’Ambazonie].

Dans son rapport publié en mai dernier, l’ONG Human Rights Watch rappelle que « les séparatistes armés au Cameroun ont commis de graves abus, y compris des attaques contre des écoles, des meurtres, des enlèvements et de l’extorsion », appelant les leaders séparatistes à donner des « ordres clairs pour empêcher les combattants d’attaquer des civils et de maltraiter les personnes qu’ils détiennent ».


 

 

Peter Kum, Lassaad Ben Ahmed

 

 

 



Mots-clés: human rights watch, Cameroun, crise anglophone, Human Rights Watch (HRW), Ambazonie, Ambazone

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