Une ONG demande la libération de femmes emprisonnées en Syrie

Une conférence de presse a été organisée par l’ONG "Vicdan" (littéralement "conscience") qui a déploré la détresse des femmes et des enfants emprisonnés par le régime d'al-Assad.

L'organisation non gouvernementale (ONG) récemment fondée, le mouvement "Vicdan", littéralement "Conscience", a appelé la communauté internationale a prendre d’urgentes mesures afin d’assurer la libération des femmes et des enfants qui languissent dans les prisons syriennes.

L'ONG a tenu une conférence de presse, mercredi, dans la métropole turque d’Istanbul. Des activistes et savants originaires de 150 pays y compris la Syrie, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, l'Équateur, le Qatar, le Kenya, l'Ukraine, la Bosnie-Herzégovine, le Brésil, la Grèce, le Pakistan, le Congo et la Malaisie ont participé à la conférence.

L'événement vise à sensibiliser les femmes et les enfants qui continuent de souffrir dans les prisons du régime syrien d'al-Assad.

Le porte-parole de l’ONG Conscience, Yavuz Dede a déclaré qu’ils poursuivront leurs activités dans le monde jusqu'au 8 mars, journée internationale de la femme, et bien au delà afin d’attirer l'attention sur la question.

La conférence a débuté par la lecture d’une déclaration liminaire [en turc, en anglais et en arabe] par Gulden Sonmez, avocate, défenseur des droits et représentant de l’ONG, le journaliste britannique Colin Stevens ainsi que la défenseur des droits koweïtiens, Aisha al-Qassar.

Selon ladite déclaration, plus de 13 500 femmes syriennes ont été incarcérées depuis le début du conflit syrien, soit mars 2011, tandis que plus de 7 000 femmes sont toujours en détention. Ces dernières sont soumises à la torture, au viol et à de violences sexuelles.

"L’ONG appelle à la libération inconditionnelle et immédiate des femmes et des enfants syriens des prisons [du régime syrien] sans aucune négociation", a déclaré Sonmez.

Elle a également exhorté les institutions internationales à l’instar de l’Organisation des Nations unies (ONU) et l'Organisation de coopération islamique (OCI) [ainsi que les dirigeants de pays tels que la Turquie et la Russie] à "faire des efforts à cet égard".

"Nous invitons toute personne ayant une conscience à élever la voix dès maintenant et jusqu'à ce que la dernière femme et le dernier enfant syrien soit libéré", a-t-elle affirmé.

Majid Chorbaci, femme syrienne emprisonnée par le régime et remise en liberté au cours d’un échange de prisonniers, s’est également exprimé lors de la conférence.

Elle a, à cette occasion, rappelé les abus qu'elle a subis en détention.

"J'ai été exposé à d’horribles tortures dont des chocs électriques. Ils m'ont menacée de viol et ont enlevé mon hijab", a-t-elle raconté. La Syrienne a exhorté la "libération immédiate" de toutes les femmes et des enfants encore exposés à "d’horribles tortures".

Nermina Lakota, représentante des mères de Srebrenica [massacres perpétrés au milieu des années 1990] a exprimé la solidarité des "mères de Srebrenica et a invité les femmes syriennes à "être courageuses".

D'autres participants ont également pris la parole à la conférence et ont exprimé leur soutien. Parmi eux, la baronne Pola Uddin, membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni, Zwelivelile Mandlesizwe Dalibhunga Mandela, chef du Conseil traditionnel du clan Mvezo en Afrique du Sud (et petit-fils de Nelson Mandela), la député ukrainienne, Olga Bogomolets, la député pakistanaise et diplomate, Monazza Hassan, et le Président du Conseil suprême des musulmans du Kenya, Yusuf Abdulrahman Nzibo.

L’ONG Conscience est assisté par plus de 2 000 ONG issues du monde entier. Elle dispose également de milliers de supporters dans 110 pays.

- Née d’un convoi de solidarité

L’ONG Conscience est née l’an dernier à la suite du convoi international réalisé, uniquement par des femmes, afin de sensibiliser la communauté internationale à l’égard des victimes des violences subies par le régime d'al-Assad.

En mars 2018, un convoi comprenant de nombreux bus originaires de différents pays a effectué un voyage de trois jours à partir d’Istanbul vers la province du sud de Hatay en Turquie, près de la frontière syrienne. Quelques 10 000 femmes se sont rassemblées le 8 mars, journée internationale de la femme.

Des femmes originaires de plus de 50 pays, dont la Syrie, l'Ukraine, le Chili, la Palestine, l'Irak, le Royaume-Uni, le Brésil, la Malaisie, le Pakistan, le Koweït et le Qatar ont participé au convoi qui comprenait des femmes issues de différents milieux sociaux: des représentantes d’associations, des avocates, des universitaires, des artistes, des athlètes et des femmes au foyer.

La Syrie commence tout juste à émerger d'un conflit dévastateur qui a débuté en 2011, période à laquelle le régime d'al-Assad a réprimé les manifestations avec une férocité inattendue.

Selon les chiffres de l'ONU, des centaines de milliers de civils ont été tués ou déplacés lors du conflit.

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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