Égypte - Arabie Saoudite : 64 ans de relations en 11 épisodes

De part et d'autre de la Mer Rouge, l'Egypte et l'Arabie Saoudite ont connu depuis 1952, date de la proclamation de la République en Egypte, tous les heurts et les bonheurs de deux pays influents dans la région, tantôt ennemis et souvent "frères".

AA / Le Caire / Hussein Mahmoud - Depuis la création de la République arabe d’Egypte, en 1952, les relations entre le Caire et Riyad ont traversé plusieurs phases marquées souvent par «l’appui», tantôt par la «rupture» et parfois par «l’inconstance».

Nous avons retracé, en onze épisodes, l’évolution des relations entre ces deux pays majeurs du Monde arabe, séparés par la Mer rouge et par moments par bien d'autres facteurs.

Il s'agit notamment de la «crise de la construction du Haut barrage d’Assouan, de la guerre civile au Yémen des années 1960, de la signature des accords de Camp David, de la révolution de 2011 en Egypte, de la destitution du président Morsi et de la crise syrienne».

De même, l’actuel conflit inter-yéménite, la crise entre Riyad et Téhéran et les fuites téléphoniques "hostiles" aux pays du Golfe, sont autant d’autres épisodes qui ont impacté négativement ou positivement sur l’axe Riyad-Le Caire.

Construction du Haut Barrage d’Assouan : L’Arabie Saoudite a soutenu l’Egypte en lui offrant, le 27 août 1956, 100 millions de dollars américains, après le retrait de l’offre américaine pour la construction du Haut barrage d’Assouan (Sud), ouvrage névralgique pour l'économie et la société égyptiennes.  

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Le conflit des années 1960 au Yémen : La guerre civile, au Yémen a commencé en septembre 1962, après le coup d’Etat fomenté par le maréchal Abdullah al-Sallal, soutenu par l’Egypte, contre l’imam Muhammad al Badr ben Ahmad Hamideddin, roi du Yémen (du Nord) à l’époque, appuyé par l’Arabie Saoudite. Cette guerre a opposé les deux pays.

Durant le conflit, qui a duré huit ans, une partie de l’armée égyptienne a été dépêchée sur le sol yéménite pour appuyer al-Sallal et le président Nasser avait, à l’époque, lancé une campagne virulente contre Riyad.

Le différend avait pris fin lors du Sommet arabe de Khartoum après la débâcle de 1967 face à Israël, lorsque Nasser avait annoncé sa disposition à retirer ses troupes du Yémen. Le roi Fayçal d'Arabie avait, ensuite, lancé un appel aux Arabes soulignant, la nécessité de soutenir l’Egypte.
 

Lutte contre l’intervention israélienne en Egypte : Riyad a joué un rôle de premier plan par son soutien à l’Egypte au cours de la guerre de 1973, en coupant l’approvisionnement en pétrole à l'Occident et particulièrement aux Etats-Unis, allié inconditionnel d'Israel. L'Arabie Saoudite a assumé également une part importante des dépenses à la charge de l’Egypte avant la guerre et, selon les services de renseignement égyptiens, Riyad a «conduit la bataille du pétrole au service de la guerre d’octobre».  

Négociations de Camp David : Après l’annonce par le président Anouar Sadate de la normalisation des relations avec Israël en 1979, à la suite de la signature des accords de Camp David, l’Arabie Saoudite a rompu ses relations diplomatiques avec l’Egypte, dans ce qui constitue la crise majeure des relations contemporaines entre les deux pays.

Au lendemain de la rupture des relations, soit le 24 avril 1979, quatre pays du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït et Emirats Arabes Unis), ont décidé de concert de suspendre, sine die, les aides économiques  au Caire.

S’en est suivi le gel de l’adhésion de l’Egypte au sein de la Ligue des Etats Arabes et le transfert du siège de l’organisation panarabe du Caire à Tunis.
Les relations ont été rétablies entre Riyad et le Caire, en 1987, a la faveur d’une rencontre entre le président Moubarak et le roi Fahd.

Après quoi, les relations entre les deux pays ont connu une période stable, relativement longue, jusqu’à l’avènement de la révolution de 2011.

   
Révolution de janvier 2011 en Egypte :  L’Arabie Saoudite a «pris la défense» de Moubarak immédiatement après l’enclenchement des événements du 25 janvier 2011. Le roi Abdullah Ibn Abdulaziz a, dans un entretien téléphonique avec l’ancien président, exprimé son soutien et critiqué les protestations populaires à son encontre. Le monarque saoudien a, par ailleurs, salué le rôle de l’armée dans la transition pacifique du pouvoir après le départ de Moubarak et les relations ont amorcé une phase «d’inconstance».  
Protestations contre l’Arabie Saoudite au Caire :

En avril 2012, Riyad a rappelé son ambassadeur, au Caire, Ahmed Abdelaziz pour «concertation» sur fond demanifestations organisées par des activistes devant l’ambassade saoudienne en Egypte, après l’arrestation et la condamnation à la prison ferme au royaume de l’avocat égyptien Ahmed al-Jizawi.

Après l’envoi par l'Egypte d’une délégation parlementaire de haut niveau pour résoudre la crise, Riyad s’est engagé à offrir 2,7 milliards de dollars d’aides au Caire.

L’ambassadeur saoudien a regagné l’Egypte, en mai 2012, et le maréchal Hussein Tantawi, commandant des forces armées, s’est envolé en juin vers l'Arabie Saoudite pour présenter des condoléances après la mort du prince-héritier saoudien Nayef Ibn Abdulaziz.
 

Destitution de Morsi en juillet 2013 : L’Arabie Saoudite a annoncé un franc soutien à «l’Egypte sœur» et s’est immédiatement et promptement engagée à offrir 4 milliards de dollars d’aides, après la destitution par l'armée du président Mohamed Morsi, élu un an plus tôt.
Riyad a également salué les résultats de l’élection présidentielle en juin 2014 et participé à la cérémonie d’installation du président Abdel Fattah al-Sissi.
 

Fuites d’écoutes téléphoniques hostiles aux pays du Golfe : Dans des enregistrements téléphoniques fuités et diffusés, en février 2015, par une chaîne de télévision égyptienne satellitaire (opposante), le président al-Sissi évoquait avec des collaborateurs proches, les pays et les dirigeants du Golfe en des termes peu élogieux, voire sarcastiques et humiliants. «Des pseudo-Etats qui disposent de fonds colossaux et des dirigeants qui ont autant d'argent que de riz [de l'argent comme des grains de riz]», a, notamment, lancé le président al-Sissi en discutant avec son chef de cabinet de l’époque, Abbes Kamel.

Al-Sissi avait mené, ensuite, des contacts intenses avec les pays du Golfe, dont l’Arabie Saoudite, pour "contenir la situation, dissiper le malentendu et confirmer le caractère solide et exceptionnel des relations entre les deux pays".
Riyad a réagi en estimant qu’aucune «tentative ne peut entamer les bonnes relations avec l’Egypte».
 

La crise yéménite : Après le coup d’Etat fomenté par les Houthis contre le président Abdrabbo Mansour Hadi, l’Arabie Saoudite a annoncé en mars 2015, l'une opération militaire au Yémen, «Tempête de fermeté».
L’Egypte a fait partie des Etats qui ont appuyé l’initiative du royaume et réitéré ce soutien ultérieurement.
En effet, en décembre 2014, Le Caire a soutenu l’Arabie Saoudite et adhéré à son initiative portant mise sur pied d’une alliance militaire islamique, à Riyad, composée de 34 Etats, tous membres de l’OCI, destinée à lutter contre le terrorisme.
 
La crise irano-saoudienne : Au début du mois de janvier 2016, l’annonce par Riyad de l’exécution de 47 individus, dont le haut dignitaire religieux chiite, Nimr Baqer al-Nimr, a généré des attaques des représentations saoudiennes à Téhéran et à Machahd en Iran.
L’Arabie Saoudite a décidé immédiatement de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran et l’Egypte a été parmi les premiers pays à soutenir la position du royaume.
 
La crise syrienne : L’Arabie Saoudite a dès le début de la crise syrienne, soutenu les factions de l’opposition pacifique et  fourni fonds, armes et gite.
L’Egypte appuie de son côté l’intervention russe initiée depuis le mois de septembre dernier en soutenant que les raids russes visent les positions de Daech, ce qui est démenti par Washington et plusieurs capitales occidentales et arabes, dont l’Arabie Saoudite.
L’Egypte refuse, selon des déclarations du président al-Sissi, l’intervention militaire pour exiger le départ de Bachar al-Assad.
Le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Chokri a récemment estimé que la « prédisposition de Riyad et de Abu Dhabi à intervenir militairement est une question souveraine unilatérale », précisant que l’Egypte appuie la «solution politique» en Syrie.
 

Video du Régime syrien

AA (mise en forme & ressources visuelles : Ümit Dönmez)

 

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