L'Irak souffre toujours du terrorisme malgré sa victoire sur Daech

L'Irak souffre toujours du terrorisme malgré sa victoire sur Daech

Les Irakiens qui ont fui Daech mais ne sont pas rentrés chez eux sont confrontés à de nombreux actes terroristes depuis la déclaration de victoire.

 

Un an est passé depuis que le gouvernement irakien a proclamé sa victoire sur le groupe terroriste Daesh. Toutefois, le pays souffre toujours du terrorisme.

Des dizaines de personnes ont été tuées lors d'attaques terroristes à Bagdad, Salahadin, Anbar et Mossoul au cours de l'année écoulée.

Les terroristes de Daech ont conquis un tiers du territoire irakien après le lancement de son attaque en juin 2014, presque sans rencontrer de résistance. À la suite des attaques du groupe terroriste et des opérations antiterroristes dans le pays, des destructions massives ont éclaté dans des régions telles que Mossoul, Anbar et Salahadin, alors que des millions de personnes ont été contraintes de fuir.

Des dizaines de milliers de colonies de peuplement, l'aéroport de Mossoul, l'Université de Mossoul, la plupart des gares de chemin de fer, des ponts et des hôpitaux du quartier de la vieille ville de Mossoul ont été gravement endommagés et détruits. Des dizaines de fosses communes contenant les corps des personnes exécutées par Daech ont été déterrées à Mossoul et Salahadin.

Il a pas été facile pour les troupes irakiennes de prendre le contrôle de Mossoul - la deuxième plus grande ville d’Irak, territoire depuis lequel le groupe terroriste a lancé une série d’attaques et effectué sa première conquête en Irak.

On estime qu'environ 40 000 personnes ont été tuées à la suite des interventions militaires contre Daesh ainsi que de ses attaques terroristes. Bagdad, pour sa part, s’abstient d’annoncer le nombre exact de victimes militaires.

 

Le coût de Daech atteint 100 milliards de dollars

Quelque 5 millions de personnes ont été déplacées au cours des trois années de combats contre Daesh. Certaines de ces personnes ont émigré à l'étranger, tandis qu'une part importante d'entre elles s'est réfugiée dans les camps établis en Irak.

En novembre 2017, le ministère irakien des Migrations et des Personnes déplacées a déclaré que seuls 42% des personnes qui avaient fui leur foyer pourraient rentrer de manière efficace. Selon ces données, environ trois millions de migrants sur cinq luttaient pour vivre dans les camps à l'intérieur ou à l'extérieur du pays.

La lutte contre Daech a entraîné de grandes difficultés financières pour l’Irak. Selon l'ancien Premier ministre Haider al-Abadi, le coût de la lutte contre le groupe terroriste s'élevait à 100 milliards de dollars.

Il avait annoncé le 9 décembre 2017 que l'Irak avait été libéré du groupe terroriste, remportant ainsi la victoire. "Le rêve de libération est devenu réalité", avait-il affirmé.

Le Premier ministre irakien en fonction, Adil Abdul-Mahdi, a déclaré le dimanche 10 décembre "Jour de la grande victoire", en faisant un jour férié.

 

Les attaques terroristes continuent de tuer

Bien que l'Irak ait été déclaré libéré du groupe terroriste de Daech, les attaques terroristes ont coûté la vie à des dizaines de personnes dans diverses parties de l'Irak au cours de l'année écoulée.

Des dizaines de personnes ont été tuées à Bagdad, Salahadin, Anbar et plus particulièrement à Mossoul, où le nombre d'attaques et attentats terroristes a augmenté au cours des derniers mois.

Le dirigeant chiite Muqtada al-Sadr a averti que Mossoul était toujours menacé par les terroristes de Daesh. Osama al-Nujaifi, un dirigeant sunnite originaire de Mossoul, a également appelé le gouvernement à réévaluer les conditions de sécurité à Mossoul.

Le Premier ministre Abdul-Mahdi, en réponse à ces appels, a déclaré que la situation à Mossoul était satisfaisante, mais que Daech prévoyait de mener des attaques par le biais de ses cellules endormies.

 

Traces de la guerre à Mossoul

Au milieu des problèmes de sécurité, Mossoul porte encore les traces de la guerre contre Daech. Les dégâts causés par les batailles dans la ville antique sont assez évidents alors que celle-ci a hâte d’être reconstruite et développée.

À Anbar, où Daech a été combattu, on peut encore voir des centaines de bâtiments qui sont effondrés.

Par ailleurs, les Irakiens attendent que les problèmes de sécurité soient soulagés et que les efforts de reconstruction s’accélèrent.

 

Promesses non tenues

Mouhsin al Haidisi, un Irakien d’Anbar qui a fui les atrocités de Daech et s’est réfugié à Bagdad, a déploré le fait que le gouvernement n’avait pas tenu sa promesse de reconstruire le pays.

"Il est assez difficile de vivre dans notre région aujourd'hui. Nous et des centaines de familles comme nous ne retrouverons pas nos maisons, en ruines. À Bagdad, nous sommes considérés comme des réfugiés", a-t-il noté.

Haidisi a affirmé que certains partis politiques avaient utilisé le budget alloué à la reconstruction et que personne ne se souciait des personnes laissées sans abri.

 

"L'Irak toujours sous la menace de Daech"

Ali Naji, journaliste et chercheur irakien, a souligné que la menace de Daesh était toujours présente.

"Tant sur le plan militaire que sur le plan organisationnel, l'Irak est toujours sous la menace de Daech. Il existe des zones désertiques à l'ouest qui ne sont pas sûres et que le personnel de sécurité ne peut pas atteindre.

"En outre, l'équipe dirigeante de Daesh vient d'Irak et leur influence au sein du groupe est forte", a-t-il déclaré.

Indiquant qu'il faudrait des années à l'Irak pour se remettre complètement de la menace de Daech, il a ajouté que le groupe terroriste risquait toujours de réoccuper certaines zones.

 

En juin 2014, le groupe terroriste Daesh a capturé l'ensemble des provinces de Mossoul, Salahadin, Anbar et certaines parties de Diyala et Kirkuk. Ces zones ont progressivement été reconquises par les Forces armées irakiennes qui ont vu , entretemps, l'intégration des Hacd al Chaabi (Unités de mobilisation populaires).

La coalition dirigée par les États-Unis, formée en octobre 2014 pour lutter contre Daesh, a fourni un soutien à l'État irakien, notamment par des frappes aériennes.

 

Haydar Karaalp, Ali Murat Alhas, Kübra Chohan, Ümit Dönmez
Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

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