Majd el Waheidi: À Gaza, les journalistes travaillent dans un hôpital à ciel-ouvert

L'ancien correspondant du New York Times à Gaza a fait part des difficultés rencontrées par les journalistes qui travaillent dans la Bande de Gaza.

 

"Les journalistes travaillent en quelque sorte dans un hôpital à ciel-ouvert à Gaza, mais cet hôpital a besoin d’une unité de soins intensifs".

C’est avec ces mots que Majd el Waheidi, ancien correspondant du New York Times à Gaza, a décrit la difficulté pour les journalistes de travailler dans la Bande de Gaza.

Le ministère turc des Affaires étrangères et le Département de la Communication Globale des Nations Unies ont co-organisé à Ankara le "Séminaire International Médias pour la Paix au Moyen-Orient".

Lors de la deuxième séance du séminaire, les journalistes, qui ont travaillé à Gaza, ont témoigné de leurs expériences et des difficultés rencontrées.

Le Dr Ian Black, du London School of Economics (LSE) a témoigné des difficultés pour les journalistes de traiter l’actualité de Gaza de manière impartiale.

Il a d’abord assuré qu’il est très difficile pour un journaliste de réussir à être impartial compte-tenu de la situation et des faits à Gaza.

"Il est particulièrement difficile de faire du journalisme dans un endroit comme Gaza, sous blocus", a-t-il dit.

Black a rappelé qu’en 1987, lors de la 1ère Intifada, il n’était pas difficile d’accéder à Gaza, alors que c’est beaucoup plus difficile depuis 2006.

 

"La routine de la catastrophe"

La journaliste du quotidien israélien Haaretz, Amira Haas, a pour sa part, relevé que les médias israéliens, dans sa définition large, agissent en fonction du discours des politiciens israéliens.

"Les journalistes israéliens sont complètement liés aux concepts et au vocabulaire des médias et politiciens israéliens", a-t-elle regretté.

"Je cherche perpétuellement à trouver des nouveaux mots pour parler des faits. Je dois l’avouer, pour nous dans les médias, Gaza est à part. La question palestinienne est une chose, Gaza est tout autre chose", a-t-elle ajouté, estimant que les journalistes israéliens qui ne disent pas la vérité ont une "très grande responsabilité".

 

"Le tissu de Gaza"

Haas a précisé qu’elle a vécu 3 ans à Gaza. "Réellement le tissu de Gaza est différent. En comparaison avec les autres villes de Palestine comme Ramallah, Gaza possède un véritable autre tissu".

La journaliste israélienne a regretté que les informations concernant Gaza tombent dans la "routine de la catastrophe".

"Ces informations deviennent routinières. Quand ce type d’informations se multiplient trop souvent, elles deviennent moins attirantes et se transforment en oxymore. Les journalistes n’aiment pas les oxymores, car le lecteur ne se rend plus compte de la gravité des faits", a-t-elle encore exprimé.

 

"A la recherche d'une nouvelle diplomatie intelligente"

Pour Majd el Waheidi, il est impossible de parler de droit et de liberté politique à Gaza.

Waheidi est revenu sur les difficultés et risques rencontrés par les journalistes à exercer leur métier dans la zone.

Affirmant que les journalistes n’ont pas la responsabilité d’apporter la paix ou de développer des politiques en ce sens, il a indiqué que les médias ont besoin d'"une unité de soins intensifs" à Gaza.

Waheidi a appelé les représentants des médias israéliens et palestiniens à trouver des solutions pour travailler ensemble, concernant la production d’informations à partir de la zone.

"Il faut trouver un moyen pour que les journalistes puissent travailler ensemble. Les journalistes travaillent en quelque sorte dans un hôpital à ciel-ouvert à Gaza, mais cet hôpital a besoin d’une unité de soins intensifs",a-t-il dit.

Waheidi a averti qu’en cas de retrait des journalistes palestiniens de Gaza et de la zone, la voix des gazaouis sera coupée.

"En tant que journalistes palestiniens, j’estime que nous devons trouver de nouveaux moyens diplomatiques plus intelligentes avec les israéliens, pour la résolution des problèmes. Nous devons protéger les journalistes",a-t-il conclu.

 

Le Séminaire international médias pour la paix au Moyen-Orient

Dans le cadre d'un partenariat entre le Département de la communication globale des Nations unies et du ministère turc des Affaires étrangères, un séminaire international médias pour la paix au Moyen-Orient est organisé à Ankara, la capitale de la Turquie, les 11 et 12 septembre.

Cette année, parmi les principaux sujets à l'ordre du jour du Séminaire, on retrouve, entres autres, la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, les difficultés rencontrées par les journalistes pour partager des informations depuis Gaza et l'analyse des articles qui parlent de l'effet sur les femmes des désaccords entre Israël et la Palestine.

 

 

Ahmet Furkan Mercan, Mehmet Alaca, Tuncay Çakmak, Ayşe Betül Gedikoğlu

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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