Riyad Mansour : le blocus israélien est la cause de la profonde crise humanitaire à Gaza

Pour le représentant de l'État de Palestine auprès de l'ONU, l'isolation de Gaza aggrave la situation dans la région

 

Le blocus israélien est la cause de la profonde crise humanitaire à Gaza, a déclaré le représentant de l'État de Palestine auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU), Riyad Mansour.

Le ministère turc des Affaires étrangères et le Département de la Communication Globale de l'ONU ont co-organisé, dans la capitale turque Ankara, le "Séminaire International Médias pour la Paix au Moyen-Orient".

Lors de la première session, les participants ont abordé les violations des droits de l'Homme et les politiques d'isolation menées par Israël sur le territoire palestinien.

S'exprimant lors de cette session, Mansour a déclaré que le blocus israélien qui dure depuis des années, est la cause de la profonde crise humanitaire à Gaza.

"Tant que l'occupation israélienne perdure, notre lutte pour nos vies et notre destin se poursuivra", a affirmé Mansour.

Pour le représentant palestinien, l'isolation de Gaza aggrave la situation dans la région.

Il a aussi rappelé que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu a évoque la question d'annexe afin d'obtenir le soutien des groupes extrémistes en Israël, à l'approche des élections.

Il a en outre critiqué les États-Unis et Israël d'imposer des solutions politiques au peuple palestinien, et a insisté qu'il faut soutenir l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) "malgré les États-Unis".

Mansour a ajouté qu'il faut empêcher que les autres pays déménagent leur ambassade à Jérusalem, en suivant l'exemple des États-Unis.

Il a par ainsi souligné que l'occupation doit cesser et Jérusalem-Est doit être reconnue comme la capitale de l'État de Palestine.

Pour sa part, l'ambassadeur turc Korkut Gungen, Directeur général du département des Affaires politiques multilatérales au sein du ministère turc des Affaires étrangères, a noté que la question du Moyen-Orient est une question chronique qui dure depuis 1967.

Gungen a fait remarquer que les acteurs humanitaires font l'objet d'une pression persistante dans la région.

"Parlant de ces difficultés, il faut évoquer l'occupation et ses conditions, a-t-il indiqué. Le soutien direct des États-Unis à Israël, dont le déménagement de l'ambassade et la coupure du soutien à l'UNRWA, aggrave la situation."

Gungen a assuré que la Turquie continuera de soutenir le peuple palestinien, notant que la solution dans la région repose sur une structure à deux États.

"Israël a une approche systématique quant aux droits de l'Homme, a-t-il conclu. Pour parler d'une démocratie dans un pays, il faut que le peuple entier puisse réjouir de ces droits. J'estime sincèrement que les politiques actuelles d'Israël ne peuvent pas répondre aux besoins du peuple israélien non plus. Les propos de Netanyahu sont une déception et visent à décourager les gens. Il faut une solution à deux États. Ces deux doivent cohabiter et les actions humanitaires doivent se poursuivre."

 

"Les États-Unis étaient l'un de nos grands partenaires"

Le directeur des bureaux de New York de l'UNRWA, Peter Mulrean, a assuré que le blocus en vigueur dans cette région depuis 12 ans est le résultat de désaccords multipartites.

Ce dernier a affirmé que toutes les préoccupations humaines dans cette région sont communiquées à la presse et rappelé que le "désespoir" est le plus grand problème, sur le long terme, de cette paix qui tarde à venir.

Mulrean a notamment assuré qu'il devient de plus en plus difficile aux structures d'aides humanitaires d'accéder aux ressources existantes.

"L'UNRWA continue de proposer ses services, car nous n'avons pas d'autre choix. Rien qu'à Gaza, 280 mille enfants sont inscrits dans nos écoles. Nos aides touchent un million de réfugiés. Dans ma carrière, je n'ai pas connu une autre organisation qui tente de remplir ses obligations tout en restant aussi neutre", a-t-il dit.

Concernant l'arrêt du financement américain à l'UNRWA en 2018, Mulrean a déclaré : "les États-Unis étaient l'un de nos grands partenaires, bien sûr que c'est à eux de décider à quel fond ils souhaitent donner de l'argent, nous respectons cela, mais nous rejetons les commentaires relatifs à la décision."

Il a dit trouver inacceptable les accusations "d'irresponsabilité" portées envers l'UNRWA.

"Nous venons en aide à environ 4 à 5 millions de réfugiés palestiniens, a-t-il expliqué. À court terme, ces personnes continueront d'avoir des besoins. Nous devons avoir une approche multiple à long terme sur ce sujet. Les valeurs, les lois, les institutions sont importantes. Nous vivons des temps difficiles dans un monde multipolaire, nous passons par une période difficile. Dans cette période, le principe le plus important est la préservation des structures et des institutions. Une structure crée il y a 70 ans est réellement en danger."

 

"À Gaza, les personnes n'aperçoivent aucune solution à l'horizon"

Tania Harry, la directrice de la fondation humanitaire israélienne, Gisha, a rappelé que les violations des droits humains à Gaza rendent compliqués les probabilités de paix et d'ordre, avant de préciser que Gaza a accès à l'électricité seulement 12 heures par jour et qu'il y a une grande pénurie d'eau.

Elle a précisé que la seule issue à cette crise vécue à Gaza est qu'Israël mette fin à ses politiques isolationnistes.

Harry a notamment précisé que la crise humanitaire à Gaza a atteint des niveaux sérieux et que près de 80% de la population à besoin de l'aide internationale.

"L'arrêt des aide dans la Bande de Gaza a poussé les gens au bord de la falaise. Les habitants de Gaza n'aperçoivent aucune solution à l'horizon", a-t-elle insisté.

 

Le Séminaire international médias pour la paix au Moyen-Orient

Dans le cadre d'un partenariat entre le Département de la communication globale des Nations unies et du ministère turc des Affaires étrangères, un séminaire international médias pour la paix au Moyen-Orient est organisé à Ankara, la capitale de la Turquie, les 11 et 12 septembre.

Cette année, parmi les principaux sujets à l'ordre du jour du Séminaire, on retrouve, entres autres, la situation humanitaire dans les territoires palestiniens occupés, les difficultés rencontrées par les journalistes pour partager des informations depuis Gaza et l'analyse des articles qui parlent de l'effet sur les femmes des désaccords entre Israël et la Palestine.

 

 

Ahmet Furkan Mercan, Mehmet Alaca, Ayvaz Çolakoğlu, Nur Asena Gülsoy

 

 

 


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