Tortures dans les prisons syriennes: «Ils m'ont battu jusqu'à l'évanouissement» (témoignage)

A l'époque de son premier placement en garde à vue par les forces du régime à Alep et "accusé de faire la propagande de l'Armée Syrienne Libre (ASL) sur les réseaux sociaux", le jeune syrien était un lycéen tout juste âgé de 17 ans.

 

Le jeune homme, qui souhaite garder l'anonymat, était lycéen à l'époque où il a été capturé et incarcéré par les forces du régime de Bachar al-Assad. Aujourd'hui, il ne parvient pas à effacer de sa mémoire les tortures subies durant un an et demi d'incarcération dans les prisons du régime.

Réfugié en Turquie depuis trois mois, le jeune homme s'est exprimé au micro de l'Agence Anadolu (AA).

A l'époque de son premier placement en garde à vue par les forces du régime à Alep et "accusé de faire la propagande de l'Armée Syrienne Libre (ASL) sur les réseaux sociaux", c'était un lycéen tout juste âgé de 17 ans.

Le jeune homme a expliqué avoir seulement partagé des photos et des vidéos, sans aucune affinité avec un quelconque groupe.

Au premier jour de sa détention, ses geôliers lui ont dit : "tu as un jour, soit tu avoues, soit nous commencerons à te torturer."

"J'ai été enfermé dans une petite cellule. Il me donnaient juste un bout de pain et des pommes de terre. J'ai été torturé pour n'avoir rien dénoncé. Un homme est arrivé et m'a plaqué au sol. Ils ont enlevé mes vêtements. J'étais complètement dénudé et ils m'ont violemment frappé. J'ai réfuté leurs accusations, ils m'ont à nouveau frappé jusqu'à ce que je m'évanouisse. Ils m'ont ensuite emmené au lavabo et m'ont balancé de l'eau froide. Puis, ils m'ont rappelé, je n'ai encore rien dénoncé, ils m'ont à nouveau frappé", a-t-il raconté.

En raison des violences subies, le jeune homme a indiqué avoir été dans l'incapacité, le deuxième jour, de se lever.

"Le troisième jour, ils m'ont appelé. J'avais des bleus dans le dos, ils ne m'ont pas frappé dans le dos. Cette fois, ils m'ont frappé sous les pieds. Ils m'ont encore torturé, mais je n'ai rien dénoncé. Mon pied s'est cassé. Ils m'ont ensuite pendu par les mains au plafond, je pense que ce supplice a duré environ 3 heures. J'avais l'impression que je n'arrivais plus à respirer. Ils n'arrêtaient par de me demander d'avouer", a-t-il dit.

"Je leur ai dit que c'était moi le responsable de tout ce qui ce passe en Syrie, que j'ai tué le père de Bachar al-Assad tout en les suppliant de me laisser, car je n'arrivais plus à respirer", a-t-il poursuivi.

Le jeune homme a ensuite été transféré de Alep à Damas où il a été enfermé dans une cellule individuelle durant cinq mois.

"Ils m'ont ensuite mis dans une grande salle d'enfermement collectif", a-t-il noté.

Il explique avoir été transféré dans deux prisons où il a subit d'autres tortures.

"J'ai ensuite comparu à une audience devant la justice et écopé de six mois d'emprisonnement supplémentaires", a-t-il poursuivi.

Après le payement par la famille d'une somme importante en caution, le jeune homme a de nouveau été présenté à un juge lors d'une nouvelle audience.

"Le juge m'a interrogé sur mes aveux. Je lui ai dis les avoir prononcé sous la torture. J'ai dit avoir signé les papiers à moitié évanoui. Le juge m'a dit que je serais libéré dans un mois et c'est ainsi que j'ai pu retrouver ma liberté", a-t-il conclu.

 

 

 

 

Yavuz Emrah Sever, Ayşe Betül Gedikoğlu

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Syrie, torture, prisons syriennes

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