L'Occident tente de miner le combat de la Turquie contre le PKK

«L'Occident tente de miner le combat de la Turquie contre le PKK»

Le discours selon lequel «les Kurdes sont persécutés en Turquie» est transmis au public occidental à un rythme constant afin de jeter une ombre sur la lutte de la Turquie contre le terrorisme du PKK.

 

Yusuf Özkır, l'auteur de cette publication, est professeur associé à la Faculté de Communication de l'Université Medipol à Istanbul. Il est également le Coordinateur de la publication du magazine turcophone «Kriter».

 

L'antagonisme des médias occidentaux vis-à-vis de la Turquie se fonde sur plusieurs prétendues préoccupations. L'une d'entre elles présuppose une oppression contre les Kurdes en Turquie. Bien que les Kurdes de Turquie s'opposent à ce discours (selon lequel "les Kurdes sont persécutés en Turquie"), il est colporté au public occidental à un rythme constant et effréné.

Afin de jeter une ombre sur la lutte de la Turquie contre le terrorisme du PKK, lors de discours politiques, de conférences de presse et, par conséquent, dans les médias, nous constatons que toutes les références sont faites aux "Kurdes" au lieu du PKK lui-même, et cela est fait d'une manière clairement délibérée.

Ceci, malgré le fait que le PKK est depuis longtemps désigné comme une organisation terroriste non seulement par la Turquie mais également par les États américains et européens.

La Turquie a été confrontée à cette déformation manifeste des faits fondamentaux tout au long de ses trois décennies de lutte contre le terrorisme, y compris tous les incidents de ces dernières années.

C'est pourquoi la campagne anti-Turquie - concernant les Kurdes - lancée dans l'opinion publique occidentale à la fin du mois de décembre [2018] et maintenue jusqu'au mois de janvier [2019] n'est qu'un "réchauffage" d'un plat assez familier avec des ingrédients bien connus, pour ainsi dire.

Ce que nous trouvons au premier plan lorsque nous examinons les acteurs de cette funeste propagande, ce sont des hommes politiques qui ont été perturbés par la décision du président américain Donald Trump de se retirer de la Syrie et qui essaient maintenant de faire différer la mise en œuvre de cette décision.

Les médias américains agissent principalement à l'unisson avec eux, et une grande partie des médias occidentaux n'ont pas manqué de se joindre à ce chœur. Cette rhétorique de "la persécution des Kurdes par la Turquie" et les efforts visant à reporter la décision de Trump sont apparus pour la première fois dans les médias à la fin du mois de décembre [2018], puis celui qui l'a transposée dans la plateforme politique, pour renforcer cette perception notoire était le sénateur républicain Lindsey Graham, qui a fait cela en se demandant si les États-Unis devaient laisser les Kurdes du nord de la Syrie se débrouiller seuls, et s'ils étaient massacrés, "qui nous aiderait ensuite" dans la région à l'avenir?

C'est ensuite le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, qui a donné à cette tentative d'ingénierie un caractère officiel en déclarant que les États-Unis veilleraient à ce que "l'armée turque ne massacre pas les militants kurdes".
Nous trouvons ensuite cette rhétorique colportée dans de nombreux autres cercles avec une fréquence croissante.

Le conseiller pour la sécurité nationale de Trump, John Bolton, s'est également joint à la campagne de propagande noire en répétant la même déclaration lors de sa visite en Israël.

Et plus récemment, Donald Trump, début février, a croisé le représentant des YPG-PYD, Ilham Ahmed, dans son propre hôtel, et ils ont parlé pendant environ 15 minutes.

Avant de passer aux relations entre la Turquie et les Kurdes et aux tentatives de dissimulation en faveur du YPG, qui n'est autre que la branche syrienne du [groupe] terroriste PKK, et au cœur de toute cette campagne de propagande funeste, il est important que nous revoyions les déclarations de Trump à propos du retrait américain de la Syrie.

 

'Bras de fer' à la Maison Blanche

Après la conversation téléphonique entre le président Recep Tayyip Erdogan et le président américain Donald Trump le 14 décembre [2018], le froid dans les relations américano-turques a commencé à s'estomper.
Les relations mutuelles des deux pays ont pris une trajectoire ascendante pour la première fois après avoir commencé à se détériorer en 2013 lorsque le gouvernement Barack Obama avait commencé à prendre des positions de plus en plus opposées en Syrie à la sécurité nationale de la Turquie.

Et ce rapprochement a donné lieu à quelque chose d'encore plus positif lorsque Trump, quatre jours après la conversation téléphonique, a annoncé que les États-Unis retireraient toutes leurs troupes en Syrie, en utilisant des phrases soigneusement formulées pour exprimer les préoccupations de la Turquie en matière de sécurité nationale.

Les 19 et 20 décembre, Trump a poursuivi ses déclarations, confirmant que les troupes américaines en Syrie seraient retirées.
Il a expliqué que le président Recep Tayyip Erdogan lui avait donné des garanties quant à la réalisation par la Turquie de la phase finale de la lutte contre Daech.

Ces déclarations interviennent quelques jours seulement après qu'Erdogan a annoncé que la Turquie lancerait une opération contre les forces du PKK-YPG dans la région à l'est de l'Euphrate [en Syrie du Nord-est] soutenues par les troupes américaines.

Les médias américains ont vivement critiqué la démarche de Trump, affirmant que c’était le président Erdogan qui avait convaincu Trump d’annoncer le retrait des États-Unis de la Syrie.

Et pour donner suite à ces critiques, il y a eu pas mal de visites à la Maison Blanche ainsi que des dizaines de déclarations publiques pour parler de la décision de retrait de Trump.

Ensuite, le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, et Brett McGurk, l’envoyé spécial du président pour la Coalition mondiale, ont démissionné pour réagir à la déclaration de retrait de Trump.

Ainsi, les médias américains, la bureaucratie militaire et une partie importante du monde politique ont commencé à faire des déclarations contre Trump, et - si nous le disons dans les mots de Kilic Bugra Kanat - "au centre de toutes ces déclarations réside un fort antagonisme envers la Turquie".

Bien que les déclarations contre la décision de Trump contenaient des affirmations telles que l’intensification de l’influence de la Russie et de l’Iran en Syrie et le retour de Daech, elles reposaient essentiellement sur le mensonge flagrant selon lequel la Turquie "massacrerait les Kurdes" et insistaient sur l'idée que les YPG, alliés terroristes des États-Unis, ne doivent pas être livrés à eux-mêmes contre la Turquie.

 

Soutien aux efforts d'Israël pour établir l'hégémonie

Et c’est dans ce genre d’atmosphère que le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, s’est rendu en Israël et a fait des déclarations qui ont encore accru le degré d’antagonisme à l’égard de la Turquie.
La déclaration de Bolton selon laquelle Washington veillerait à ce que «les Turcs ne massacrent pas les Kurdes» en Syrie est tout à fait remarquable sous deux aspects : cela faisait partie de la campagne anti-Turquie en cours en Occident, et cela a été fabriqué en Israël.

Compte tenu des affinités idéologiques existant entre les médias mondiaux et les groupes de pression pro-israéliens, il ne devrait y avoir aucun doute sur le fait qu'il s'agit d'une opération [coordonnée] par deux protagonistes contre la Turquie.

En fait, lorsque nous analysons le discours de la déclaration de Bolton faite en Israël, nous constatons que celle-ci est parfaitement en phase avec les efforts d'Israël pour établir une hégémonie complète sur la région.

Israël est le seul pays à avoir ouvertement soutenu le référendum sur l'indépendance de l'administration Barzani au début de 2018. Israël exprime également ouvertement sa vision positive du PKK et de sa branche syrienne, YPG.

Un certain nombre de ministres israéliens, et notamment le ministre de la Justice, Ayelet Shaked, n'hésitent pas à mentir pour inciter les Kurdes à tout faire.

En outre, la déclaration du chef du Mossad, Yossi Cohen selon laquelle "le pouvoir iranien est fragile, [et] la véritable menace vient de la Turquie" après la rencontre du 8 janvier entre l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Egypte et Israël, est également liée à la fiction qu'il "y aura un massacre de Kurdes", qui est également colporté au public israélien.

En approfondissant le chaos dans la région et en essayant de faire en sorte que le public international se concentre sur autre chose, Israël veut détourner l'attention de son propre programme d'occupation.

La dépense d'énergie de la Turquie dans le nord de la Syrie pendant une longue période au motif que sa sécurité nationale est menacée est sans doute conforme aux objectifs politiques expansionnistes [des dirigeants] d'Israël.

Ce n'est donc pas un hasard si la déclaration du chef du Mossad selon laquelle la Turquie serait une menace est venue juste après la déclaration de Bolton en Israël.

Un autre aspect de la question liée à Israël est le fait que les Américains qui se sont opposés à la décision de retrait de Trump le font en affirmant que "la sécurité d'Israël" est menacée. Étrangement, il est demandé aux États-Unis de continuer à soutenir le YPG au motif que l'Iran continue de représenter une menace pour Israël, mais le chef du Mossad montre l'audace de proclamer la Turquie "la vraie menace ", et pas l'Iran.

 

La sécurité nationale de la Turquie

Le professeur Fahrettin Altun, directeur de la communication présidentielle, a publié un tweet à la suite de la visite de John Bolton à Ankara, soulignant que "la sécurité nationale de la Turquie est non négociable", avec laquelle il a en fait identifié les limites du débat.

La Turquie reste le seul pays de la région à appartenir également aux Kurdes et où une population kurde considérablement nombreuse vit dans la prospérité.

La Turquie lutte contre le terroriste PKK et sa branche syrienne le YPG-PYD.

Une région autonome susceptible d’apparaître avec le soutien des États-Unis à l’est de l’Euphrate constituerait l’une des plus grandes menaces contre l’existence et l’avenir de la Turquie.

Le président Erdogan a clairement indiqué des dizaines de fois que la Turquie ne demanderait la permission à personne d'intervenir pour détruire une telle formation si jamais elle menaçait sa sécurité nationale.

La Turquie et les États-Unis collaborent au sein de l'OTAN depuis 1952.

Que certains Américains investissent dans des acteurs non étatiques tels que le PKK-YPG en fermant complètement les yeux sur les attentes de la Turquie constituent une violation des droits qui doivent être respectés au sein d'une alliance.

Le YPG, que les États-Unis soutiennent, est une organisation terroriste au même titre que Daesh.

Human Rights Watch a signalé qu'il avait perpétré une série de crimes allant de la torture et du meurtre de civils [et] au recrutement forcé de mineurs [ainsi qu'à] forcer les populations locales à l'exil.

Les Kurdes qui se sont réfugiés en Turquie après avoir fui la persécution des YPG s'élèvent à environ 500 000 personnes.

De plus, les YPG poursuivent rapidement leur campagne de dépeuplement et d’occupation de tant de villes précédemment peuplées [très majoritairement] d’Arabes.

 

Les efforts pour tromper les Kurdes ne payent pas

Il est certain qu’il existe de nombreux "acheteurs" de la propagande selon laquelle "les Kurdes seront massacrés".

Dans ce discours, ils pensent avoir un argument utile pour assombrir l'image positive de la Turquie.

Ils rêvent également de pouvoir déclencher un conflit de masse en opposant les Kurdes aux Turcs.

Nous devons rappeler que cette affirmation sans fondement (selon laquelle "les Kurdes sont / seront massacrés") dans laquelle certains lobbys occidentaux ont investi n’a pas convaincu la population kurde; et plus que cela, les Turcs et les Kurdes réfutent clairement toutes ces attentes.

En 2016, un discours similaire a été mis en circulation à l'Ouest, tentant de bloquer les opérations de l'armée turque contre le PKK lorsque le groupe terroriste s'est déclaré autonome dans un certain nombre de centres urbains du sud-est de la Turquie, puis a creusé des tranchées dans les rues et devant des maisons et des mosquées comme positions [militaires].

Les cerveaux de ce discours cherchaient à créer un climat de tension et de conflit armé en exhortant les Kurdes à descendre dans la rue. Mais les Kurdes ont tu les fusils des conspirateurs et la Turquie a éliminé tous les nids terroristes.

Un autre développement remarquable survenu au cours de la période où les opérations de la Turquie contre le PKK ont atteint leur niveau le plus intense est que l'Alliance du peuple, créée par le parti Justice et développement (AK) et le Parti du mouvement nationaliste (MHP), a recueilli plus de voix de la part des Kurdes qu'à l'élection précédente.

Lorsque nous examinons le contenu du nombre croissant d'informations sur le PKK-PYD-YPG dans les médias occidentaux, nous constatons que toutes les histoires fictives racontées par des terroristes sont transformées en articles sans aucun degré de vérification [des prétendus faits].

Bien que la Turquie ait déclaré à plusieurs reprises que l'opération visant l'Est de l'Euphrate ne serait pas contre les Kurdes, mais uniquement contre les terroristes du PKK, les médias occidentaux ne sont pas incités à apporter le moindre changement à la rhétorique utilisée dans leurs articles de presse et leurs chroniques.

Le point de vue dominant en Occident qui cherche à établir les Kurdes comme une seule et même chose avec le PKK et les YPG est délibérément promu de manière persistante.

L'affirmation selon laquelle "les Kurdes gênent [la Turquie]" est colportée dans les médias occidentaux et dans certains cercles politiques, bien que de nombreux exemples précédents montrent que la Turquie applique une stratégie militaire sur le terrain, en ligne avec ses déclarations répétées et que [seuls] les terroristes sont ciblés et non pas les civils, dans les opérations [anti-terroristes].

Bien que les [médias et cercles politiques] Occidentaux n'apprennent aucune leçon, comme dans tous les exemples précédents, cette propagande funeste ne sera pas payante non plus.

La simple raison en est que la fraternité turco-kurde est profondément enracinée et que la culture du vivre-ensemble qu’ils ont héritée de la période ottomane et leurs sensibilités islamiques qui rejettent fermement tout racisme ont déjà créé un terrain bien plus solide pour la construction de leur avenir ensemble.

 


Professeur Yusuf Özkır

Ümit Dönmez et Ömer Mansur Çolakoğlu ont traduit cet article depuis la langue turque

Photographie : Hikmet Faruk Başer - Archive, Agence Anadolu

 


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