Tunisie-Turquie : Une approche politico-économique similaire

Tunisie-Turquie : Une approche politico-économique similaire
Des similitudes qui placent la visite du président turc en Tunisie sous les meilleurs auspices.

 

AA/Tunis/ Bouazza Ben Bouazza

La Tunisie et la Turquie partagent un passé commun et beaucoup d’affinités et de similitudes culturelles, sociétales et politiques vis-à-vis des principaux problèmes de l’heure, singulièrement le problème palestinien.

Pays à majorité largement musulmane, l’un et l’autre ont pris une orientation moderniste, tout en s’attachant à leurs racines depuis les Kemal Ataturk et Habib Bourguiba.

C’est dans ce contexte que se situe la visite qu’effectue à partir de mardi en Tunisie le président turc Recep Tayyip Erdoğan.

Reflet des relations solides et historiques établies entre les deux pays, cette visite est en fait, la troisième qu’entreprend Erdogan en Tunisie.

Il était venu à Tunis une première fois le 15 septembre 2011, puis une deuxième fois, les 5 juin 2013 alors qu’il était Chef de gouvernement. Il y revient quatre ans plus tard en tant que président de la République turque, avec la même détermination à renforcer davantage les rapports bilatéraux dans tous les domaines.

Erdoğan en avait déjà donné le ton en septembre dernier, lors d’un entretien téléphonique avec son homologue tunisien Béji Caïd Essebsi, à l’occasion de l’Aïd El-Idha, en réaffirmant « sa ferme volonté de préserver les relations privilégiées de fraternité et de coopération unissant les deux pays et peuples frères et de les protéger de tout ce qui y porter atteinte ou nuire ».

Parmi les positions que les deux présidents partagent, c’est leur conviction que la démocratie et l’Islam ne sont pas incompatibles et peuvent, plutôt aller de pair, comme l’expérience turque et tunisienne l’a, du reste, prouvé concrètement.

Le Premier ministre turc alors l’avait fait valoir lors de son déplacement à Tunis en 2013 et Caïd Essebsi avait défendu cette thèse devant le G8 de Deauville en 2011.

La Cause palestinienne représente aussi le cordon ombilical de la politique étrangère de Tunis et Ankara.

Erdoğan n’a pas cessé de dénoncer «le terrorisme d’Etat» pratiqué par Israël à l’endroit des Palestiniens, en disant ses quatre vérités à Shimon Pérès lors d’un sommet de Davos.

Sur Al Qods (Jérusalem), il s’est toujours montré intransigeant, allant jusqu’à qualifier, de « folie » le fait de considérer la ville sainte comme la capitale indivisible de l’Etat hébreu

« Jérusalem est la prunelle des yeux du monde musulman (...) et on ne peut accepter aucune atteinte israélienne à Jérusalem et aux Lieux musulmans », avait-il lancé lors du Sommet annuel de la Ligue arabe en 2010.

Tout comme la Tunisie, la Turquie a adopté la même attitude après la récente décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël et d’y transférer son ambassade.

Erdogan a tout de suite réagi en convoquant un Sommet extraordinaire de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) dont il assure la présidence en exercice qui a reconnu Al Qods-Est comme la capitale de l’Etat palestinien.

Loin de s’arrêter là, le sommet d’Istanbul a été suivi par l’adoption à une grande majorité, par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution qui rejette la décision de Trump, et ce malgré les menaces de sanctions proférées par la représentante américaine à l’ONU.

Bravant ces menaces, la Tunisie a voté en faveur de cette résolution. Le président Caïd Essebsi en avait donné le ton bien avant, en convoquant l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis pour lui faire part de la condamnation par la Tunisie de l’initiative controversée du chef de la Maison Blanche.

Sur le plan économique, après une long marasme, la Turquie caracole depuis les années 2000, avec une croissance presque à deux chiffres, nombreux étant les observateurs qui parlent même de « miracle » turc. Le secret de cette réussite, un potentiel de travailleurs acharnés, un homme, Erdogan, de l’aveu de la presse occidentale.

Le banquier Matthieu Le Blan va jusqu’à suggérer que la vieille Europe ferait bien de s’inspirer du pragmatisme turc en matière économique.

Pour Jana Jabbour, enseignante à Science po Paris, « le modèle turc d'un pays musulman laïque et démocratique est le fruit d'un siècle de modernisation à l'occidentale voulue par Ataturk, sans équivalent dans les pays arabo-musulmans, à l'exception de la Tunisie (…) avec l'héritage de Bourguiba qui a institué l'éducation universelle et a fait progresser les droits des femmes au-delà de ceux des autres pays arabes ».

Par ailleurs, « les réalisations économiques (de la Turquie) ont montré que modernité, développement et prospérité pouvaient être accessibles aux populations musulmanes », analyse-t-elle.

Avec un peuple jeune et instruit, une position géopolitique stratégique et un grand potentiel notamment agricole, la Tunisie est à même, quant à elle, de réussir son décollage économique, comme le souligne l’ambassadeur de Turquie à Tunis, Ömer Faruk Doğan.

Ces atouts font que la Tunisie et la Turquie partagent une forte synergie pour jouer un rôle agissant en Afrique et contribuer au développement de ce continent de 1,2 milliards d’habitants, qui, malgré les grandes richesses naturelles qu’il recèle, compte parmi les plus pauvres.

Autant de similitudes politico-économiques et culturelles qui représentent une plateforme favorable pour la consolidation de la coopération bilatérale et le rapprochement continu des deux peuples frères et, partant, placent la visite d’Erdogan sous les meilleurs auspices.

La recherche des moyens d’atténuer le déséquilibre des échanges commerciaux ne pourra qu’en être facilitée, d’autant que la partie turque a fait part à maintes reprises de sa disposition à y remédier.

 

 

 

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