Callamard: « L’affaire Khashoggi est bien plus qu’un meurtre à l'échelle internationale »

Le rapport sur le meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, dévoilé par Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, a eu d’importants retentissements dans la presse internationale.

 

Agnès Callamard, rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, a affirmé qu’une série de droits internationaux ont été violés dans le cadre du meurtre du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi.

Callamard a accordé une interview à l’agence Anadolu (AA) après avoir dévoilé, mercredi, le rapport sur l’enquête du meurtre de Jamal Khashoggi, assassiné au consulat de son pays, à Istanbul, l’année dernière.

Le rapport dévoilé, hier, a eu d’importants retentissements dans la presse internationale.

Il atteste de l'existence d'éléments et de preuves fiables pour qu'une enquête, englobant de hauts responsables saoudiens, dont le prince héritier Mohammed Bin Salmane, puisse être ouverte.

Callamard présentera, le 26 juin, son rapport lors de la 41e session du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH).

Elle a appelé le CDH à considérer le meurtre de Khashoggi comme un "tremplin" afin de contrer les futurs assassinats prémédités et ciblés.

"Nous vivons dans un monde où les journalistes, les défenseurs des droits de l’homme et les opposants sont ciblés par leur propre gouvernement. Selon moi, le CDH dispose des possibilités et de la responsabilité requises pour empêcher ou répliquer à ce type de meurtres", a-t-elle lancé.

Elle a indiqué avoir émis une série de recommandations systématiques pour qu’un nouveau meurtre, semblable à celui de Khashoggi, ne soit pas commis.

Parmi ces recommandations, figure celui de mettre en place un mécanisme international pour enquêter sur les meurtres ciblés.

Rappelant avoir convoqué les membres du Conseil de sécurité des Nations-Unis à une réunion selon la formule Arria (réunion informelle du conseil de sécurité de l’ONU), elle a poursuivi:

"Je ne crois pas que le Conseil de Sécurité de l’ONU a réellement conscience du sérieux et de la gravité du meurtre de Khashoggi. Je pense qu’ils ont échoué à en saisir la réalité. L’affaire Khashoggi est bien plus qu’un meurtre à dimension international. Une série de droits internationaux ont été violés dans le cadre du meurtre. Le meurtre a eu de sérieuses conséquences néfastes sur les relations internationales."

"L’Arabie Saoudite a refusé ma demande de visite officielle"

Callamard a affirmé que sa demande de visite en Arabie Saoudite pour enquêter sur le meurtre a été laissée sans réponse par les autorités du pays.

"Je serais ravis d’obtenir la possibilité de rencontrer les autorités saoudiennes dans la cadre de mon rapport et de mon enquête mais jusqu’à maintenant, je n’ai reçu aucune réponse officielle de leur part. Cette réalité que les autorités saoudiennes préfèrent ne pas collaborer avec moi, me rend profondément triste», a-t-elle conclu.

 

 

 

Bayram Altuğ, Ayşe Betül Gedikoğlu

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Jamal Khashoggi, Affaire Khashoggi, Agnes Callamard

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