Les agences turques rétablissent la confiance des musulmans Rohingya

Les agences turques rétablissent la confiance des musulmans Rohingya

La Turquie œuvre pour le bien-être physique et mental des réfugiés vivant dans des camps de fortune au Bangladesh.

 

Par Md. Kamruzzaman

 

Ameena Begum, 22 ans, coud une robe dans un centre de couture situé dans un camp de réfugiés dans la ville de Cox's Bazaar au Bangladesh.

Begum, une mère d'un enfant, fait partie des milliers de musulmans rohingyas qui ont fui la répression militaire qui a débuté le 25 août 2017 dans l'État de Rakhine, au Myanmar, pour le Bangladesh.

Elle n'attend plus que l'aide vienne à elle. Au lieu de cela, elle passe une bonne partie de la journée à confectionner des vêtements pour hommes et pour femmes dans un centre de formation géré par la Fondation Turkiye Diyanet (TDV), une organisation humanitaire placée sous l'autorité religieuse de la Turquie.

"Il me semble maintenant que je suis un être humain et que je fais quelque chose pour ma famille. Je rêve de retourner dans mon pays [Rakhine] et d'y installer un petit atelier de couture", a confié Begum.

Un autre stagiaire Rohingya du centre de couture, Morium Hatun, a déclaré: «Après avoir perdu mon pays, je vis maintenant dans un pays où je peux travailler. C’est un grand plaisir pour moi au milieu de piles de chagrins."

«Nous avons déjà formé jusqu'à 40 jeunes femmes Rohingya et leur avons donné des machines à coudre. Actuellement, nous dispensons une formation à 40 autres filles Rohingya », a rapporté Abdul Kayum, responsable du projet chez TDV.

Il a ajouté: «À présent, les femmes Rohingya cousent des vêtements dans notre centre de formation, qui sont ensuite distribués dans les camps. Ainsi, nous essayons de rendre les Rohingyas indépendants, confiants et de garder leurs rêves en vie."

«Nous prévoyons également d'élargir notre programme de formation à la couture afin d'inclure davantage de femmes rohingya», a-t-il déclaré.

 

Fabrique de savon

À proximité du centre de couture, TDV a également créé une fabrique de savon. Sept Rohingyas supervisés par un ingénieur y travaillent.

Chaque ouvrier de cette fabrique de savon touche un salaire mensuel de 7 000 taka bangladais (82,9 dollars des États-Unis). Au cours de la première phase, l’usine a fabriqué 15 000 savons qui seront distribués aux familles rohingyas.

Cette petite usine sera agrandie pour accueillir et former davantage de Rohingyas.

"En tant que réfugié au Bangladesh, je n'avais jamais pensé pouvoir travailler et gagner ma vie", a déclaré Abdus Salam, un ouvrier de l'usine.

Un centre de formation pédagogique a également été créé à proximité.

Les Rohingya de tous les âges se rassemblent ici pour atteindre le niveau d'alphabétisation primaire et assister à d'autres séances de sensibilisation.

Actuellement, 1 400 écoliers reçoivent des livres, des crayons et des vêtements de la part de TDV.

"Nous prévoyons de répondre aux besoins de 20 000 enfants Rohingya cette année", a ajouté Kayum.

 

Santé mentale et physique

L’agence de coopération et de coordination turque (TIKA), groupe d’aide public, a également organisé divers programmes pour le développement mental des enfants rohingyas.

Il a aménagé un parc près d'un camp à Ukhia où plus d'une centaine d'enfants peuvent jouer à la fois.

En outre, l’autorité turque chargée de la gestion des catastrophes et des urgences (AFAD) gère un grand hôpital de campagne doté d’une unité de soins intensifs.

«Nos 13 médecins, dont 7 spécialistes, soignent en permanence les populations locales dans le besoin», confie le directeur de l'hôpital, Serdar Hisar.

Il ajoute que l'hôpital dispose de 30 lits pour l'admission de patients en traitement de longue durée et de deux ambulances pour le transport d'urgence.

"Nous avons une pharmacie bien approvisionnée et nous fournissons des médicaments gratuits aux Rohingya et aux personnes dans le besoin", déclare-t-il.

 

Le peuple le plus persécuté

Les Rohingya, décrits par l'ONU comme le peuple le plus persécuté au monde, font face à une crainte accrue d'attaques depuis que des dizaines de personnes ont été tuées lors des violences communautaires de 2012.

Selon Amnesty International, plus de 750 000 réfugiés rohingya, principalement des femmes et des enfants, ont fui le Myanmar et sont entrés au Bangladesh après que les forces du Myanmar ont lancé une campagne de répression contre la communauté musulmane minoritaire en août 2017.

L'ONU a également documenté des viols collectifs, des meurtres - y compris de nourrissons et de jeunes enfants - et des passages à tabac brutaux et des disparitions perpétrées par les forces de l'État du Myanmar.

Dans un rapport, des enquêteurs de l'ONU ont déclaré que de telles violations pourraient avoir constitué des crimes contre l'humanité.

 

 

Par Md. Kamruzzaman

traduit par Ümit Dönmez

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

ONU : Le Bangladesh seul ne peut répondre à la souffrance des Rohingya

 

 


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