Erdogan : Comment avez-vous pu accepter l'invitation d'al-Sissi?

Publié par Enes Kaplan, Ayvaz Çolakoğlu le . Publié dans Actualité Turquie

"Si vous aviez été sincères et de vrais démocrates, vous auriez refusé l'invitation d'un pays qui pratique un tel mécanisme d'exécution", a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan, s'adressant aux dirigeants européens qui ont participé au sommet UE-Ligue des États arabes en Egypte.

"La peine de mort est interdite dans l'Union Européenne (UE), dans ce cas comment pouvez-vous accepter une invitation d'al-Sissi ? C'est le commanditaire d'un massacre", c'est en ces termes que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a interpellé les dirigeants européens qui ont participé au sommet UE-Ligue des États arabes en Egypte.

Erdogan s'est exprimé, mercredi, lors d'une réunion organisée par la fondation turque Diyanet dans la capitale, Ankara.

Il a rappelé les exécutions orchestrées par le pouvoir égyptien et a fustigé l'hypocrisie des dirigeants européens qui ont répondu à l'appel du président égyptien al-Assi et ont participé au sommet UE-Ligue des États arabes en Egypte, alors que ce dernier venait de faire exécuter, quelques jours auparavant, neuf jeunes hommes condamnés par des "tribunaux putschistes".

"La peine de mort est interdite dans l'Union Européenne (UE), dans ce cas comment pouvez-vous accepter une invitation d'al-Sissi ? C'est le commanditaire d'un massacre. Si vous aviez été sincères et de vrais démocrates, vous auriez refusé l'invitation d'un pays qui pratique un tel mécanisme d'exécution", a-t-il fustigé.

Erdogan a insisté sur le fait, que pour les raisons évoquées, et alors que de nombreuses personnes insistent pour un rapprochement entre lui et al-Sissi, il n'acceptera jamais.

"Je n'accepterai jamais d'être assis à la même table qu'un anti-démocrate qui fait croupir en prison Morsi, qui a obtenu 52 % des suffrages, et ses sympathisants", a-t-il insisté.

Concernant l'assassinat du journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, au consulat de son pays à Istanbul, le chef de l'Etat turc n'a pas écarté la possibilité de recourir à la Cour pénale internationale.

Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avait qualifié, mardi sur Twitter, le président Erdogan de dictateur.

"Si nous recherchons un tyran dans ce monde, tu en es l'exemple parfait', a martelé Erdogan, rappelant le massacre d'enfants palestiniens par Israël.

Au sujet de la lutte contre le terrorisme en Syrie, Erdogan a pointé le deux poids deux mesures de certains pays.

"Même en ce qui concerne le terrorisme, ils n'ont pas hésité à différencier "bon et mauvais terroriste". Ils n'ont pas eu honte à montrer aux infâmes du FETO et aux criminels du YPG, de la compassion et de l'affection, refusées aux réfugiés syriens, afghans, irakiens"

"Si les criminels du YPG, à qui des milliers de camions d'armes ont été fournis, rêvent d'un corridor terroriste dans le Nord de la Syrie, ceux qui ont mal évalué les organisations terroristes en sont les responsables", a-t-il conclu.

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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