France : La loi «anticasseurs» adoptée à l’Assemblée nationale

France : la loi «anticasseurs» adoptée à l’Assemblée nationale

Le texte proposé par le Premier ministre français Edouard Philippe a été adopté avec une majorité confortable de 387 votes favorables, 92 contre et 74 abstentions.



La loi "anticasseurs" destinée à sanctionner plus durement les violences lors des manifestations a été adoptée par les députés français mardi avec une majorité confortable de 387 votes favorables, 92 contre et 74 abstentions.

La séquence de vote a été retransmise en direct sur la chaîne parlementaire.

Très contestée par les militants des droits de l’homme, la loi "anticasseurs" proposée par le premier ministre Édouard Philippe pour apporter une réponse pénale aux dérives du mouvement des « gilets jaunes », a été approuvée par les parlementaires.

Parmi les députés de la majorité LREM (La République en marche), 50 se sont abstenus de voter le texte de loi avec lequel ils sont en désaccord, mais aucun d’entre eux n’a voté contre, selon les résultats officiellement publiés sur le site de l’Assemblée Nationale.

Parmi ces abstentionnistes, certains ont diffusé un communiqué de presse commun, mardi à l’issu du scrutin, dans lequel ils expliquent être « opposés à l’idée que les préfets puissent (...) prendre des mesures restrictives interdisant sur la suspicion de faits qui pourraient être commis, l’accès à une manifestation à une personne ».

Ils rappellent que «les mesures portant atteinte à une liberté ne peuvent être prises que par l’autorité judiciaire».

De son côté, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est félicité du vote de «l'ensemble des députés pour leur contribution».

Pour rappel, le contenu de cette loi a provoqué des remous dans les rangs de nombreux militants des droits de l’Homme.

Parmi les mesures qu’elle prévoit, figurent plusieurs contraintes, dont le fichage des prétendus casseurs, des interdictions de manifester, ou encore des poursuites pénales avec des sanctions plus lourdes en cas de participation à une manifestation non-déclarée.

Le syndicat de la magistrature, classé politiquement à gauche a fustigé, dans un post sur le réseau social Twitter que « la liberté des uns » soit «sacrifiée au nom de la violence des autres ».

« La liberté de manifester n'est pas préservée. Elle est attaquée, en utilisant la casse de quelques-uns comme prétexte pour museler tout le monde » poursuite le syndicat.

Le texte de loi doit désormais être validé par le Sénat.

 

 

Fawzia Azzouz, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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