France : Benalla affirme avoir le soutien du président Macron

Le fonctionement des institutions de l'Etat remis en question de nouveau



L’ancien chargé de mission de l’Elysée, Alexandre Benalla, se vante d’avoir le soutien du président Macron, d’après un enregistrement diffusé jeudi par "Mediapart", provoquant des réactions en cascade dans la sphère politique en France.

Sur une bande audio, on entend l'ex-chargé de mission de l'Elysée discuter avec Vincent Crase, en violation de son contrôle judiciaire, puisque les deux hommes sont mis en examen et sont astreints à une interdiction d’entrer en contact depuis fin juillet.

Dans cet enregistrement Alexandre Benalla explique à Vincent Crases qu’Emmanuel Macron lui aurait dit : « Tu vas les bouffer. T’es plus fort qu’eux, c’est pour ça que je t’avais auprès de moi ».

La discussion aurait eu lieu le 26 juillet dernier. Il y explique « c’est une bonne expérience […]. À 26 ans, si tu veux, y a pas grand monde qui vit…, qui provoque deux commissions d’enquête parlementaires, qui bloque le fonctionnement du Parlement».

On découvre également, par le biais de ces enregistrements qu’Alexandre Benalla aurait été lié à la signature d’un contrat de sécurité auprès d’Iskander Makhudov, un proche du président russe, Vladimir Poutine.

Lorsqu’il a été auditionné au Sénat le 21 janvier, Benalla avait pourtant farouchement nié être impliqué d’une quelconque manière dans les négociations de ce contrat.

A ce propos, le sénateur Philippe Bas, président de la commission d’enquête du sénat a estimé au micro de la radio RTL que les « éléments qui ont été rendus publics, aujourd’hui, confortent les questions que nous avons posées sur un point tout à fait essentiel [du] bon fonctionnement de l’Etat, et qui est l’hypothèse que M. Benalla ait pu associer d’une manière ou d’une autre à un contrat passé pendant qu’il était encore chargé de mission à l’Elysée avec un oligarque russe».

C’est une nouvelle fois le fonctionnement des institutions qui sont remis en cause par ces nouvelles révélations de l’affaire Benalla.

Pour rappel, Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à l’Elysée, avait été identifié le 18 juillet dernier sur des images, par le journal « Le Monde » se livrant à des violences sur des manifestants le 1er mai de la même année.

Il a été mis en examen pour « violences, usurpation de fonctions et usurpation de signes réservés à l'autorité publique », aux côtés de trois autres gradés de la police nationale.

Depuis le début de cette affaire, érigée au rang de scandale d’Etat par les médias français, une commission d’enquête parlementaire a été mise en place et a déjà notamment permis d’auditionner l’intéressé à deux reprises.

Benalla avait été licencié par l’Elysée après qu’il se soit procuré illégalement les vidéos de surveillance qui l’incriminent suite aux révélations faites par le journal le Monde.

Depuis, la presse française a révélé de manière épisodique, des éléments qui continuent de semer le trouble sur les passe-droits dont a pu bénéficier Alexandre Benalla.

Dernier événement en date, l’ex-chargé de mission de l’Elysée a voyagé avec ses passeports diplomatiques au Tchad, début décembre, quelques jours avant un déplacement officiel d’Emmanuel Macron à N’Djamena ; des passeports diplomatiques qu’il aurait dû restituer lors de son licenciement intervenu fin juillet.

 

Fawzia Azzouz, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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