France: Huit universités s'opposent à la hausse des frais d'inscription pour les étrangers

France: Huit universités s'opposent à la hausse des frais d'inscription pour les étrangers

Le gouvernement français avait annoncé en novembre une augmentation considérable des frais d'inscription pour les étudiants hors-UE pour la rentrée 2019.

Huit universités françaises ont annoncé, cette semaine, leur refus d’augmenter les frais d’inscription pour les étrangers, selon le plan "Bienvenue en France", ont rapporté mardi des médias locaux.

La forte hausse annoncée à l’automne par le gouvernement a fait réagir officiellement pour l’instant les universités Clermont-Auvergne, Aix-Marseille, Toulouse Jean-Jaurès, Lyon-II, Nanterre, Rennes-II, Angers et Le Mans, précise le quotidien "Libération".

Ces universités font bloc contre le coût d’une inscription en licence qui passera de 170 € par an à 2 770 € et en master (ou doctorat) de 243 € (ou 380 €) à 3 770 € pour les étudiants non communautaires (hors Union européenne), indique la même source.

"Nous demandons un retrait de la hausse des frais d’inscription et la mise en place d’une réflexion collective sur l’accueil des étudiants étrangers", a déclaré à Libération Nadia Dupont, la chargée de mission formation à l’université Rennes-II.

"Au-delà des questions de fond (attractivité de nos universités, accueil des étudiants), ce qui pose problème avec le plan "Bienvenue en France", c’est la méthode et le calendrier", souligne de son côté le président de l’université Clermont-Auvergne, Mathias Bernard, cité par la même source.

Pour contourner légalement la forte hausse tarifaire, les universités peuvent s’appuyer sur le décret du 19 août 2013 qui dispose que chaque établissement peut exonérer de frais d’inscriptions certains de ses étudiants, dans la limite de 10 % du total des élèves inscrits (cela comprend également certains étudiants communautaires qui en bénéficient déjà), précise le média français, ajoutant que pour les étudiants non communautaires, il s’agirait d’une exonération partielle qui permettrait le maintien du régime tarifaire actuellement en vigueur.

Et de souligner qu'en l’état, ce décret ne permet pas aux universités de garantir une exonération à tous les étudiants étrangers concernés.

L’université Clermont-Auvergne compte au total 35 000 étudiants dont 4 000 élèves non communautaires. Or, seuls 3 500 peuvent bénéficier de la dérogation, A Rennes-II, les étudiants étrangers représentent 9,8 % des effectifs. Ces universités et bien d’autres auraient besoin d’une réévaluation du quota de 10 %, qui n’est pas encore actée par le ministère l’Enseignement supérieur, note la même source.

La ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, ne semble pas disposée à revoir ce fameux quota, ajoute Libération.

"Les universités sont des établissements publics, opérateurs de l’État et qu’effectivement, en tant qu’opérateurs de l’État et fonctionnaires d’État, il est évidemment très important qu’ils portent les politiques publiques décidées par l’État", avait-elle rappelé lors d’une audience au Sénat, le mercredi 16 janvier.

Elle avait, en outre, insisté sur "le devoir d’obéissance et le devoir de loyauté"de "tout fonctionnaire" vis-à-vis de son ministère de tutelle.

 

 



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