Quand l'état d'urgence se retourne contre ses citoyens ?

Alors que le gouvernement souhaite prolonger l'état d'urgence pour une durée de trois mois, les ONG Human Rights Watch et Amnesty International s'inquiètent de son application.

Dans un rapport publié au mois de janvier 2016, Human Rights Watch a dénoncé les dérives commises par les forces de l'ordre à l'encontre de citoyens Français musulmans.

 D'après un rapport publié par les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, depuis les attaques du 13 novembre 2015, 3200 perquisitions ont eu lieu et 350 assignations à résidence ont été enregistrées dans le cadre de l'état d'urgence. Des mesures prises par les forces de l'ordre qui se sont révélées abusives et souvent injustifiées, occasionnant pour les victimes de ces abus, majoritairement des personnes de confession musulmane, des effets catastrophiques. Licenciements, mauvaise réputation, isolement, mais aussi blessures corporelles et traumatismes.

 Le 19 novembre 2014, une fillette de six ans à été blessée au cou et à l'oreille durant son sommeil, alors que des policiers ont fait irruption au domicile de ses parents, faisant sauter les verrous de la porte de l'appartement. Les fragments de bois propulsés dans l'appartement, ont atteint la fillette dans son lit. Par chance, un poteau de lit placé devant la tête de l'enfant, l'a empêchée d'être la cible direct des tirs. Elle est aujourd'hui traumatisée, et a des diffcultés pour s'endormir. Le 25 novembre 2014, les forces de l'ordre ont perquisitionné le domicile de Mr. Alami, Français d'origine marocaine, un homme de soixante-quatre ans en situation de handicap, après avoir défoncé sa porte d'entrée. Sans rien déclarer, ils lui mettent les mains derrière le dos et le plaquent au sol. Alors que Mr. Alami riposte, un des policiers pousse sa tête contre le sol, lui cassant quatre dents. L'homme a déclaré qu'en ce qui concerne sa porte d 'entrée, les policiers auraient décrété « C'est l'état d'urgence, nous avons le droit de casser des choses. Nous pouvons faire tout ce que nous voulons » (Le Monde) Dans les deux cas, la police s'est trompé d'adresse et n'a rien trouvé au domicile des particuliers. De nombreux témoignagnes similaires ont été recueillis auprès de personnes musulmanes. Jacques Toubon, Défenseur des Droits en France, a reçu 40 plaintes faisant état d'abus liés à l'état d'urgence. Il a déclaré à HRW que ces mesures « visent en réalité une mouvance particulière et des musulmans très pratiquants. Cela peut donner naissance à un sentiment d'injustice et de défiance envers les pouvoirs publics ». (Le Monde)

HRW s'inquiète de ces dérives contre les citoyens de confession musulmane, qu'un état de droit se doit de protéger, et met en garde le gouvernement contre « le sentiment d'être des citoyens de seconde zone […] que ressentent les personnes visées, ajoutant que […] ce risque se double d'un autre, […] Aliéner et humilier des alliés qui pourraient faire des signalements ». (Libération, 4 février 2015)

Les ONG demandent au gouvernement qu'en l'absence de preuves formelles de la nécessité du maintien de l'état d'urgence, celui-ci soit annulé.

 

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Mots-clés: France, terrorisme, état d'urgence, hrw, human rights watch, citoyen, musulman

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