France : lancement de deux missions d’évaluation de la radicalisation

Pour tenter d'éradiquer la menace interne.

 



Le gouvernement français a lancé deux missions destinées à évaluer la menace interne et la radicalisation au sein des services de renseignement, a annoncé le Premier ministre Edouard Philippe (photo) dans une interview parue ce dimanche.

Le lancement de ces deux missions intervient au lendemain de l’attaque au couteau perpétrée, jeudi, par un fonctionnaire de la préfecture de police de Paris et qui a coûté la vie à quatre agents.

« On me dira que le risque zéro n’existe pas, c’est vrai, mais c’est notre responsabilité de ne jamais accepter d’éventuels défauts et de toujours resserrer les mailles du filet », a plaidé le chef du gouvernement sur les colonnes du JDD (Journal Du Dimanche).

Edouard Philippe explique à l’hebdomadaire français que « pour tous les services de renseignement, la détection des menaces internes est une priorité absolue » et qu’« aucun signal de radicalisation ne peut être méconnu ni rester sans réponse ».

Selon le JDD, citant le Premier ministre, le gouvernement va mettre en place deux missions d’évaluation, pour tenter d’éradiquer la menace terroriste interne.

La première vise à contrôler les outils et les procédures mises en œuvre pour détecter les signes avant-coureurs de radicalisation des fonctionnaires au sein même de la DRPP (Direction du Renseignement de la Préfecture de Police).

L’autre mission concerne l’ensemble des services de police, affectés à la lutte antiterroriste et permettra à l’inspection générale du renseignement de contrôler les signalements concernant des agents en poste.

Dans son interview, Edouard Philippe a réaffirmé sa confiance envers le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, dans la tourmente depuis l’attaque meurtrière de jeudi.

« J'ai toute confiance en Christophe Castaner », a-t-il assuré tandis que plusieurs députés parmi lesquels Marine Le Pen, Éric Ciotti ou encore Guillaume Larrivé réclament la démission du locataire de Beauvau dans des publications sur leurs comptes Twitter respectifs.

« Nous sommes au cœur d’un dysfonctionnement majeur qui a conduit à un drame terrifiant », a notamment dénoncé le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti sur les réseaux sociaux.

Le groupe parlementaire « Les Républicains » a annoncé, par ailleurs, son intention de déposer, mardi, une demande d’ouverture d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur les faits, a annoncé Christian Jacob, le président du groupe à l’assemblée, dans une interview accordée à BFMTV.

Si dans un premier temps, les enquêteurs avaient envisagé la piste d’un conflit personnel, c’est finalement le parquet national antiterroriste qui s’est saisi des investigations au vu des éléments contenus dans le téléphone portable de l’assaillant.

Au cours d’une conférence de presse tenue samedi, le procureur du parquet national antiterroriste Jean-Francois Ricard a expliqué que l’assaillant avait fait preuve d’une « volonté avérée de mourir au cours de son acte ».

Il est longuement revenu sur le déroulé de l’entreprise criminelle de l'auteur de cette attaque inédite, Mickaël Harpon.

Cet agent administratif de la DRPP (Direction du Renseignement de la Préfecture de Police), a quitté son poste de travail peu après midi pour se rendre dans un commerce où « il a acheté à 12h24 deux couteaux » avant de retourner dans les locaux de la préfecture.

L’une de ses victimes, « un major de police de 50 ans », présente « une large plaie à la gorge ».

Les trois autres victimes décédées, présentent pour leur part des traces de multiples coups de couteau.

Après avoir abattu ses quatre victimes, et blessé une cinquième fonctionnaire, « il s’est ensuite retrouvé face à un gardien de la paix stagiaire en poste depuis six jours », explique le procureur du Parquet National Antiterroriste, avant de préciser que « l’auteur s’est mis à courir dans sa direction », amenant le gardien de la paix à faire feu.

Il s’est écoulé 7 minutes entre le début de la tuerie à 12h53 et la mort de l’assaillant à 13 heures.

Le président français Emmanuel Macron se rendra mardi matin à la préfecture de police pour un hommage officiel aux victimes.

 

 

Fawzia Azzouz, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


L'ACTUALITÉ LA PLUS LUE DE LA SEMAINE


Mots-clés: France, france terrorisme, france radicalisation, radicalisation, Missions d'évaluation

Imprimer E-mail

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord. En savoir plus

J'ai compris

Un cookie est un petit morceau de texte envoyé sur votre navigateur par un site Web que vous visitez. Il aide le site à se rappeler des informations sur votre visite, comme votre langue préférée et d'autres paramètres. Cela peut rendre votre prochaine visite plus facile et le site plus utile pour vous. Les cookies jouent un rôle important. Sans eux, utiliser le web serait une expérience beaucoup plus frustrante.

S'inscrire à la Newsletter de actualite-news.com

  • [javascript protected email address]