L'Euro 2016 éclipsé par les grèves et la menace terroriste

Patrick Calvar, directeur général des services secrets français, estime que la menace qui pèse sur la France reste "très forte", même après les attentats de janvier et de novembre 2015.

AA - Paris - Bilal Müftüoğlu - Quatre ans après le championnat d'Europe de football qui a eu lieu en Pologne et en Ukraine, la 15e édition du championnat, Euro 2016, dont le coup d'envoi sera donnée ce vendredi soir à Paris, est éclipsée par les mesures de sécurité et les désagréments potentiels en France. 

La question de sécurité prime sur toute autre considération dans le pays hôte dont la capitale, Paris, a été la cible de deux attentats terroristes en 2015. Les affrontements éventuels entre supporters, notamment les hooligans, inquiètent aussi les autorités françaises, au-delà du risque d'attentat. 

Les grèves qui ne cessent de se prolonger et les manifestations violentes dans le cadre des protestations contre la loi Travail représentent aussi un risque pour le championnat de football.

Face à ces défis, la France accueillera pourtant des millions de supporters qui suivront les matchs dans 10 stades, dont quatre spécialement construits pour le tournoi. Près de 3 millions de supporters sont attendus depuis l'étranger comme les 4 millions de Français supposés se déplacer dans le pays pour les matchs. 

Le coup d'envoi sera donné à 21h00 précises (19h GMT) avec le match France-Roumanie, une occasion qui devrait rassembler près de 100 000 spectateurs dans la "fan-zone" de Paris, aménagée à côté de la Tour Eiffel. 

Mesures de sécurité, risque d'attentat, grèves

L'accueil du championnat par la France suscite encore aujourd'hui des débats sur la sécurité alors que le pays a été ciblé en janvier 2015 par les attentats de Charlie Hebdo et ceux de Paris le 13 novembre 2015, ayant fait 130 morts. 

Les autorités françaises comptent prouver qu'elles peuvent assurer la sécurité des équipes et des supporters et que la France n'est pas soumise à la menace terroriste. En effet, un total de 90 000 agents des forces de l'ordre et de sécurité privée ont été mobilisés pour le championnat alors que 80% des effectifs sécuritaires dans l'ensemble du pays sont interdits de congés durant le tournoi. 

Les agents de sécurité privée ont été sélectionnés avec diligence dès lors que près de 300 candidatures n'ont pas été retenues pour ces postes, en raison des "profils à risque" des candidats. 

La sécurisation des stades et des supporters 

Les mesures de sécurité ont également été renforcées devant et aux alentours des dix stades qui accueilleront les matchs pendant un mois de championnat. 

Aucune entrée ne sera autorisée aux stades sans billet et les supporters seront soumis à un contrôle de sécurité particulièrement stricte. Une première notamment pour cette 15e édition de l'Euro, les supporters seront contrôlés par palpation et détecteurs de métaux. Les grands sacs et bagages seront également interdits dans ces lieux. 

La sécurisation des fan-zones, qui doivent accueillir entre 10 000 et 100 000 dans les grandes villes françaises, figure parmi les défis les plus problématiques pour la police française. Le préfet de police de Paris Michel Cadot avait même envoyé une lettre au ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pour demander la fermeture de ces fan-zones, une demande aussitôt rejetée par le Premier ministre Manuel Valls, qui avait martelé fin mai, "Renoncer à des manifestations sportives, à des manifestations culturelles, à des rassemblements de fête, c'est précisément renoncer face à la menace terroriste, face à la violence".  

La présidente de la région d'Ile-de-France, Valérie Pécresse, n'est pas du même avis que le gouvernement, puisqu'elle a réclamé, comme le préfet de police, l'interdiction de ces fan-zones deux jours avant le tournoi. Pécresse avait même déclaré qu'elle ne conseillerait pas à ses enfants d'aller dans une fan-zone. 

Le gouvernement français, qui a finalement décidé de maintenir les fan-zones, a en revanche interdit la retransmission des matchs en terrasse et dans tout endroit public à l'extérieur, à l'exception de ces zones. 

Une "appli" contre les attentats 

Le gouvernement français a lancé mercredi une application pour les smartphones afin de prévenir les attentats, comme ceux de Paris du 13 novembre 2015, durant l'Euro 2016.

Baptisée "SAIP" [Système d'alerte et d'information des populations] et lancée à deux jours du coup d'envoi du championnat européen, l'application permet à ses utilisateurs de recevoir gratuitement des notifications et consignes instantanées en cas d'un attentat en fonction de leur géolocalisation.

L'application diffusée par le compte du ministère de l'Intérieur émet des alertes visuelles en cas d'événements exceptionnels, susceptibles de résulter d'un attentat, souligne le ministère dans la page de description, évoquant notamment des les cas d'"alertes nucléaire, produits dangereux, rupture d’ouvrage hydraulique".

La présentation de ce dispositif a été faite peu après l'annonce par l'Ukraine de l'arrestation d'un homme soupçonné de commettre des attentats terroristes en France lors de l'Euro 2016. Le suspect français, arrêté fin mai par les services secrets ukrainiens, prévoyait 15 attentats sur le sol français.

Les hooligans

Les supporters très fanatiques, hooligans, posent également un risque majeur pour le bon déroulement du championnat, selon les spécialistes de sécurité. Les matchs Angleterre-Russie, Allemagne-Pologne, Turquie-Croatie, Angleterre-Pays de Galle et Pologne-Ukraine feront notamment l'objet d'une vigilance renforcée, en raison d'un risque d'affrontement entre les supporters ou encore des groupes extrémistes. 

Les autorités françaises ont pris, de leur côté, des mesures supplémentaires aux frontières du pays pour empêcher l'entrée sur le sol des hooligans ou d'autres personnes susceptibles de troubler l'ordre public. Ainsi, 2 355 fiches d’interdiction du territoire ont été inscrites dans le fichier des personnes recherchées alors que 24 interdictions administratives du territoire ont été délivrées à l'encontre des hooligans "considérés comme particulièrement dangereux", selon le ministère de l'Intérieur. 

Les pays participants ont dépêché, pour leur part, 180 policiers chargés d'assurer la liaison avec la police française sur le déplacement des supporters et équipes étrangers, ainsi que la gestion des supporters et l’identification des individus à risques dans les villes-hôtes du tournoi. 

Les grèves en continu et risque d'inondations

La menace terroriste ou sécuritaire n'est pourtant pas le seul risque pour un bon déroulement de l'Euro 2016 dès lors que la France affronte des grèves et des manifestations sans cesse depuis mars dernier dans le cadre des protestations contre la réforme du code du Travail. 

Les manifestations entraînent des perturbations sur l'ensemble du trafic ferroviaire et aérien alors que les syndicalistes peuvent même bloquer l'accès à des gares et aéroports ou encore aux autoroutes. 

La grève à la SNCF est reconductible de manière illimitée depuis début juin alors que les pilotes d'Air France s'apprêtent à entamer une grève dès samedi, provoquant l'annulation de 20 à 30% des vols pour ce week-end. 

Le dernier risque pour l'Euro 2016 est celui posé par les intempéries, qui ont causé de nombreux dégâts entre fin mai et début juin dans plusieurs régions, dont l'Ile-de-France. Le débordement de la Seine a paralysé la vie à Paris, avec la fermeture des voies et musées, et des perturbations dans les transports en commun. L'Ile-de-France n'est peut-être plus en vigilance "pluie-inondation", pourtant d'autres départements, notamment à l'est et ouest du pays, sont placés en vigilance orange durant les premiers jours du tournoi. 


 

 

 

Bleu Blanc Rouge

 


 

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