Déportation des Tatars de Crimée: une tragédie qui perdure depuis 74 ans

Déportation des Tatars de Crimée: une tragédie qui perdure depuis 74 ans

Les Tatars de Crimée, exilés de leur patrie le 18 mai 1944 sur décision de Staline, continuent de se battre pour leurs terres.

La déportation inhumaine des Tatars de Crimée (population d’origine turque) sur décision de l’ancien dirigeant soviétique, Joseph Staline, est restée à jamais gravée dans les mémoires.

Les déportations, qui ont débuté à la suite des politiques de Catherine II (Impératrice au 18ème siècle) destinées à détruire les Tatars de Crimée, ont redoublé à l’ère de l'Union soviétique.

La Russie, quant à elle, a maintenu ces politiques de différentes manières.

L’Anatolie est devenue la première terre d’accueil des Tatars exilés, dont l’interminable souffrance a commencé après la fin de la souveraineté ottomane en Crimée.

A cause de la répression du tsar russe, de nombreux Tatars de Crimée se sont réfugiés au sein de l'Empire ottoman (1774).

Après la seconde guerre mondiale, la Russie soviétique, qui avait perdu la péninsule de Crimée, a repris cette dernière des mains de l'Allemagne nazie et a exercé une pression sur les Tatars de Crimée.

De nouveau, les Tatars ont été exilés sous prétexte de coopération avec l’Allemagne nazie.

Par un décret, adopté secrètement, le chef de l'Union soviétique, Joseph Staline, a favorisé la déportation des Tatars de Crimée dans les différentes régions d'Asie centrale.

La décision de Staline est entrée en vigueur le 18 mai 1944 à minuit.

Quinze minutes après l’entrée en vigueur du décret, les Tatars ont été arrachés à leurs foyers et placés de force dans des wagons destinés au transfert des animaux.

De la sorte, personnes âgées, femmes et enfants soit environ 250 mille Tatars de Crimée, ont été condamnés à l’exil et déportés vers l’Asie centrale en l’espace de trois jours.

La moitié des déportés sont morts dans d’atroces conditions à l’intérieur des wagons avant même d’atteindre leur destination.

La Crimée, qui a été offerte à la République socialiste soviétique d'Ukraine après Staline, est passée sous contrôle de la Russie à la suite de l’annexion illégale de la péninsule en 2014.

Moustapha Abdelmadjil Kirimoglu, leader des Tatars de Crimée et d’autres personnalités éminentes, qui luttent pour récupérer leurs terres, ont aussi été bannis de leur patrie.

La Russie a interdit à de nombreuses personnalités d’entrer en Crimée, dont Kirimoglu en premier lieu.

La Russie a également mis un terme aux activités de l’Assemblée nationale des Tatars de Crimée, représentation de la volonté des Tatars, au motif qu’il s’agissait d’une « organisation extrémiste ».

Après l'annexion illégale de la péninsule russe, de nombreux Tatars de Crimée ont été contraints à quitter le pays.

Pourtant, cette population n’a pas oublié les souffrances infligées en 1944 malgré les 74 années qui se sont écoulées.

Aujourd’hui, animés par la volonté de retourner dans leur pays, ils luttent, dans le cadre du droit international, pour reprendre leurs terres illégalement arrachées.

 

Fatma Esma Arslan, Hatem Kattou

Photographie : Kırım Derneği


 

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