«La communauté mondiale doit être consciente de ses responsabilités»

«La communauté mondiale doit être consciente de ses responsabilités»

Le président turc publie un article dans un quotidien américain où il évalue les derniers développements en Syrie à Idlib.

 

Le président turc a appelé lundi la communauté internationale à prendre conscience de ses responsabilités en Syrie alors qu'un assaut se profile sur Idlib.

Recep Tayyip Erdoğan a évalué les derniers développements dans la province du nord-ouest syrien et réaffirmé la position de la Turquie sur la question, dans un article qu'il a écrit pour le quotidien américain «The Wall Street Journal».

«Tous les membres de la communauté internationale doivent comprendre leurs responsabilités alors que l'agression d'Idlib se profile. Les conséquences de l’inaction sont immenses», martèle Erdogan dans l’article intitulé « Le monde doit arrêter Assad ».

Erdogan note également que le peuple syrien ne peut être laissé à la merci du «régime» de Bachar al-Assad.

Puis le président turc note : "Une attaque du régime [à Idlib] créerait également de graves risques humanitaires et de sécurité pour la Turquie, le reste de l'Europe et au-delà".

Il souligne ensuite que les États-Unis, qui se concentrent sur les attaques chimiques du régime Assad, doivent «rejeter leur hiérarchie arbitraire de la mort».

«Les armes classiques sont responsables de beaucoup plus de morts», rappelle-t-il.

Il note enfin que mettre fin à une «nouvelle effusion de sang» en Syrie n'est pas seulement une obligation de l’Occident, mais que les partenaires des Turcs du processus de paix d’Astana - la Russie et l’Iran - sont également responsables d’une «catastrophe humanitaire» en faisance.

Erdogan appelle à «une opération antiterroriste internationale plus complète» pour éliminer les terroristes et les extrémistes à Idlib, rappelant que certains groupes terroristes désignés sont encore actifs dans la région.

Le régime syrien a récemment annoncé son intention de lancer une offensive militaire majeure à Idlib, longtemps contrôlée par divers groupes d’opposition armés.

L'ONU a averti la semaine dernière qu'une telle offensive mènerait à la "pire catastrophe humanitaire du 21ème siècle".

Située près de la frontière turque, Idlib abrite plus de 3 millions de Syriens, dont beaucoup ont fui d'autres villes suite aux attaques des forces du régime et de certains groupes terroristes tels que les YPG/PYD/PKK.

Vendredi, Erdogan a appelé à un cessez-le-feu à Idlib lors d'un sommet tripartite à Téhéran avec le président iranien Hassan Rouhani et le président russe Vladimir Poutine.

 

Hakan Çopur, Sena Güler, George Albert Bernard, Ümit Dönmez
Photographie : Archive, Erdogan est sur le départ pour l'Algérie, 26 février 2018 / par Kayhan Özer, Agence Anadolu

 

Article du Wall Street Journal traduit de l'anglais

" Le monde doit arrêter Assad


Si le régime syrien attaque Idlib, le résultat sera une catastrophe humanitaire et géopolitique.


À travers la frontière méridionale de la Turquie, le régime criminel de Bachar Assad a ciblé pendant sept ans les citoyens syriens par des arrestations arbitraires, des tortures systématiques, des exécutions sommaires, des bombes-barils et des armes chimiques et conventionnelles. À la suite de la guerre civile en Syrie, que le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies qualifie de «pire catastrophe créée par l'homme depuis la Seconde guerre mondiale», des millions de personnes innocentes sont devenues des réfugiés ou des déplacés internes.

La Turquie a déployé des efforts extraordinaires pour alléger les souffrances du peuple syrien, accueillant quelques 3,5 millions de réfugiés - plus que tout autre pays au monde. En même temps, nous sommes devenus la cible des organisations terroristes opérant à proximité: le soi-disant «État islamique» et le PKK. Ni le coût élevé des efforts humanitaires ni les problèmes de sécurité n’ont affaibli notre détermination.

La Turquie étant confrontée à ces défis, elle a déployé des efforts diplomatiques pour trouver une solution politique. Nous avons amené l'opposition syrienne à la table des négociations à Genève et lancé le processus d'Astana aux côtés de la Russie et de l'Iran. En conséquence, la Turquie a été en mesure de négocier des cessez-le-feu, de créer des zones de désescalade, et d'évacuer les civils des zones attaquées par le régime.

Aujourd’hui, nous nous trouvons à un moment critique, alors que le régime d’Assad, avec l’aide de ses alliés, se prépare à lancer une offensive massive contre Idlib qui abrite quelque trois millions de personnes et [demeure] l’un des rares refuges pour les Syriens déplacés internes. Afin d'empêcher l'agression, mon gouvernement a contribué à la création d'une zone de déconfliction et a mis en place 12 postes d'observation pour documenter et signaler les violations du cessez-le-feu.

Le régime d’Assad cherche à légitimer son attaque imminente contre le terrorisme. Ne vous y trompez pas: aucun pays ne reconnaît la nécessité de lutter contre le terrorisme mieux que la Turquie, qui a beaucoup souffert des attaques terroristes depuis que le conflit syrien a commencé à exporter l’insécurité dans toute la région. Mais la solution de Bashar Assad est erronée. Les innocents ne doivent pas être sacrifiés au nom de la lutte contre le terrorisme. Cela ne fera que créer de nouveaux foyers de terrorisme et d’extrémisme. L'essor de «l'Etat islamique» était une conséquence - pas la cause - de ce qui se passait en Syrie. La communauté internationale doit contenir une telle violence pour empêcher le terrorisme de s’enraciner.

À Idlib, nous sommes confrontés à des défis similaires. Certaines organisations terroristes désignées, dont Hayat Tahrir al-Sham, restent actives dans ce domaine. Pourtant, ces combattants représentent une fraction de la population d'Idlib. Afin d'éliminer les éléments terroristes et extrémistes d'Idlib et de traduire en justice les combattants étrangers, une opération antiterroriste internationale plus complète est nécessaire. Les rebelles modérés ont joué un rôle clé dans la lutte de la Turquie contre les terroristes dans le nord de la Syrie; leur aide et leurs conseils seront également essentiels à Idlib.

Empêcher l'agression sur Idlib ne doit pas faire reculer les efforts antiterroristes. La Turquie a réussi à combattre des groupes terroristes, notamment Daech et le PKK, sans nuire ni déplacer les civils. Afin de rétablir un certain niveau de stabilité dans les zones touchées, des dizaines d'hommes et femmes militaires et civils turcs ont perdu la vie. La capacité de la Turquie à maintenir l’ordre dans le nord de la Syrie est la preuve qu’une approche responsable de la lutte antiterroriste peut gagner les cœurs et les esprits.

Tous les membres de la communauté internationale doivent comprendre leurs responsabilités face à l’agression contre Idlib. Les conséquences de l'inaction sont immenses. Nous ne pouvons pas laisser le peuple syrien à la merci de Bachar Assad. L’objectif d’une offensive du régime contre Idlib serait d’attaquer sans discrimination son opposition - et non pas une véritable campagne contre le terrorisme. Une agression du régime créerait également de graves risques humanitaires, et [risques] sécuritaires pour la Turquie, le reste de l'Europe et au-delà.

Il est crucial que les États-Unis, qui se sont concentrés sur les attaques chimiques, rejettent leur hiérarchie arbitraire de la mort. Les armes classiques sont responsables de beaucoup plus de morts. Mais l’obligation de mettre un terme à la prochaine effusion de sang n’est pas celle l’Occident tout seul. Nos partenaires dans le processus d'Astana, la Russie et l'Iran, sont également responsables pour l'arrêt de cette catastrophe humanitaire.

Idlib est la dernière sortie avant le péage. Si la communauté internationale, y compris l’Europe et les États-Unis, ne parvient pas à agir maintenant, non seulement les Syriens innocents, mais le monde entier, en paieront le prix. La Turquie a tout fait pour mettre fin à l'effusion de sang chez son voisin. Pour assurer notre réussite, le reste du monde doit mettre de côté son intérêt personnel et appuyer une solution politique.

 

M. Erdoğan est président de la Turquie. "

Traduit par Ümit Dönmez


 

RADIO MIT - Radio Made in Turkey - RSS News

16 novembre 2018

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