Inde : Des mesures sujettes à controverse dans la région du Jammu-et-Cachemire

L'une des premières mesures prises par le gouvernement indien, dans son bras de faire avec le Pakistan, a été d'interdire pour une durée de 5 ans le Jamaat-e-Islami, une formation politico-religieuse très implantée dans la région du Jammu-et-Cachemire, ce qui fait craindre des mouvements de protestation.

Le gouvernement indien a pris deux décisions, concernant la région de Jammu-et-Cachemire, qui créent la controverse.

Selon les informations partagées, vendredi, par le correspondant d'Anadolu, le cabinet dirigé par le Premier ministre indien, Narendra Modi, a signé deux décisions sujettes à controverse.

La première concerne les personnes dites "désavantagées" et promeut une égalité des chances.

La seconde s'attaque à la formation politico-religieuse, Jamaat-e-Islami, très implantée dans la région du Jammu-et-Cachemire, et dont plus de 300 membres et responsables ont été arrêtés ces derniers jours.

Par ailleurs, présenté comme une menace contre la sûreté de l'Etat, le Jamaat-e-Islami a été interdit pour une durée de 5 ans, ce qui fait craindre des manifestions dans cette région.

Le problème du Cachemire, entre le Pakistan et l'Inde, remonte à l'époque du retrait du Royaume-Uni de cette région du monde, il y a 72 ans.

Lors de son retrait de l'Inde en 1947, le Royaume-Uni a laissé, à la principauté de Cachemire, le libre choix de son annexion à l'Inde ou au Pakistan.

Même si le peuple du Cachemire, composé à 90% de musulmans, a exprimé une position favorable à un rattachement au Pakistan, le souverain de cette région a décidé d'une annexion avec l'Inde.

Les musulmans du Cachemire se sont opposés à cette décision. Et c'est ainsi que démarra le premier conflit du Cachemire, en 1947, qui opposa le Pakistan et l'Inde. Pour les mêmes raisons, un second conflit éclata en 1965 et un troisième en 1999.

Aujourd'hui, 45% du Cachemire se trouvent sous le contrôle de l'Inde et 35% sous celui du Pakistan. Les 20% restant sont sous domination chinoise. L'Inde a appelé Jammu-et-Cachemire la région sous son contrôle.

L'État du Jammu-et-Cachemire a la particularité d'être, encore aujourd'hui, la seule province indienne dont la population musulmane est majoritaire. La partie sous le contrôle du Pakistan a été nommée, Azad Cachemire (Cachemire indépendant) et est composée de deux régions autonomes avec un statut spécial.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies, par ses résolutions prises depuis 1948, préconise la démilitarisation du Cachemire et la tenue d'un référendum populaire pour décider de l'avenir de cette région. Alors que l'Inde s'oppose à l'idée d'un référendum, le Pakistan, quant à lui, réclame l'application des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Dans ce cadre, la Turquie est, elle aussi, favorable à un règlement du conflit dans le respects des décisions du Conseil de sécurité.

Depuis les deux dernières semaines, les tensions entre l'Inde et le Pakistan ne cessent de s'intensifier. Une attaque à l'explosif a visé, le 14 février, un convoi militaire dans la région du Jammu-et-Cachemire, 44 soldats indiens sont morts, et 20 autres ont été blessés.

Les dirigeants indiens ont tenu publiquement responsable le Pakistan de cet attentat, mais ce dernier a rejeté les accusations et condamné l'attaque.

Le 26 février, les chasseurs indiens ont bombardé un camp de l'organisation Jaish-e-Mohammad situé du côté pakistanais au Cachemire.

Un regain de tensions est intervenu dans la matinée du 27 février courant, le Pakistan a annoncé avoir abattu deux avions indiens survolant son espace aérien.

Le même jour, les médias indiens ont affirmé qu'un avion pakistanais de type F-16 a été abattu. Information immédiatement démentie par les autorités pakistanaise.

Le gouvernement pakistanais et l'armée pakistanaise ont depuis multipliés les appels à éviter l'escalade des tensions.

Le Premier-ministre indien, Narendra Modi, a accusé le Pakistan de vouloir déstabiliser son pays.

La Turquie, l'Union Européenne, l'Allemagne, le Royaume-uni, la Chine et la Russie ont appelé les deux parties à la retenue.

 Gamze Türkoğlu Oğuz, Ayvaz Çolakoğlu

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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