L'opposition vénézuélienne avance vers la frontière colombienne pour récupérer l'aide «humanitaire»

Ni le Croissant rouge, ni la Croix-rouge, ni l'ONU soutiennent la démarche qu'ils considèrent "politique", eux aussi, comme le président vénézuélien, Maduro.

L'opposition vénézuélienne avance vers la frontière colombienne pour récupérer l'aide "humanitaire".

Cette initiative, considérée plutôt "politique" qu' "humanitaire", n'est soutenue ni par les Nations unies (ONU), ni le Croissant rouge, ni la Croix-rouge.

Un groupe de parlementaires opposants du Vénézuela ont pris la route vers la frontière colombienne, formant un convoi de trois autobus.

Juan Guaido, chef de l'opposition, aussi président du Parlement vénézuélien, qui s'était proclamé "président par intérim", créant ainsi une tension dans le pays, devait guider le convoi. Cependant, il n'y était pas présent.

Il est estimé que Guaido a préféré d'aller à bord d'un autre véhicule pour empêcher des obstacles.

Le quotidien El Nacional, proche de l'opposition, a publié les photos d'un véhicule à bord duquel se trouverait Guaido.

Même si Guaido avait annoncé que plus de 600 mille bénévoles sont prêts à aller récupérer l'aide préparée dans la ville colombienne Cucuta, le 23 février, aucun mouvement n'a été observé dans ce sens, jusqu'à l'heure actuelle.

Les débats sur "la crise et l'aide humanitaire" au Vénézuela constitue l'un des points principaux de la tension avec l'opposition soutenue par les États-Unis.

Maduro estime que les débats d'aide relèvent "d'une stratégie d'occupation américaine", et insiste qu'il "ne permettra pas ce spectacle".

Pour sa part, l'opposition souligne que 300 mille personnes ont besoin d'aide d'urgence, et 2 millions de personnes risquent des problèmes sanitaires, tout cela marquant la nécessité d'aide au Vénézuela.

À part le gouvernement vénézuélien, le Croissant rouge, la Croix-rouge et l'ONU estiment, eux aussi, que "l'aide" est une démarche politique.

Le président de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), Francesco Rocca a déclaré que le principe d'impartialité est très important pour les organisations en question, quant à la distribution d'aide.

Pour sa part, l'ONU a refusé de prendre part à cette initiative, appelant les parties à réduire la tension.

S'exprimant à la presse américaine, le parlementaire opposant, Juan Miguel Matheus a insisté que "leur but principal est d'acheminer de l'aide au peuple vénézuélien mais aussi de vaincre Maduro par cette démarche".

"Si l'aide entre dans le pays, Maduro sera considéré en perte de contrôle, a-t-il affirmé. Dans le cas contraire, nous aurons montré que Maduro ne s'intéresse pas au peuple qui connaît des difficultés."

L'entrée de "l'aide humanitaire" dépend de l'ouverture de la frontière par l'armée vénézuélienne. Malgré toutes les menaces de Washington, l'armée demeure fidèle à Maduro et refuse de reconnaître Guaido.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez a clairement affiché sa position en qualifiant de "marionnette des États-Unis", un éventuel gouvernement de Guaido.

Guaido, se proclamant "président par intérim", avait été reconnu comme tel par les États-Unis en premier lieu, puis par l'Australie, le Canada, la Colombie, le Pérou, l'Équateur, le Paraguay, le Brésil, le Chili, le Panama, l'Argentine, le Costa Rica et le Guatémala, ainsi que le Parlement européen.

En revanche, le Mexique, la Turquie, la Russie, l'Iran, Cuba, la Chine et la Bolivie soutiennent Maduro et son administration.

Maduro avait annoncé la rupture des relations diplomatiques et politiques avec les États-Unis, tout en gardant les relations commerciales.

Le président américain, Donald Trump avait même considéré une "intervention militaire" au Vénézuela.

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro a annoncé la fermeture de la frontière avec le Brésil pour "protéger le peuple", ce jeudi.

N'excluant pas l'idée de fermeture de la frontière colombienne, il a aussi mis en garde l'armée colombienne contre d'éventuels actes de provocation contre le Vénézuela.

Après la Colombie, le Brésil avait lui aussi annoncé l'acheminement d'aide humanitaire à la frontière vénézuélienne.

Caracas avait suspendu tout transport maritime et aérien vers et de l'île Curaçao qui sera utilisée comme base logistique pour les aides.

 

 

Hasan Esen, Nur Asena Gülsoy

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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