Bernie Sanders : «Les États-Unis doivent cesser d'aider l'Arabie saoudite au Yémen»

Bernie Sanders : «Les États-Unis doivent cesser d'aider l'Arabie saoudite au Yémen»

Publié par Ümit Dönmez le . Publié dans Actualité Amérique

Le sénateur démocrate américain a rappelé que l'Arabie saoudite n'avait «pas de chèque en blanc pour continuer à violer les droits de l'homme».

 

Les États-Unis doivent de toute urgence redéfinir leurs relations avec l'Arabie saoudite et cesser de soutenir le Royaume dans sa guerre contre le Yémen, a déclaré un sénateur, rappelant le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Dans un éditorial publié mercredi dans le New York Times, le sénateur démocrate du Vermont, Bernie Sanders, a souligné qu'il fallait montrer au Royaume qu'il n'avait pas "de chèque en blanc pour continuer à violer les droits de l'homme.

"Nous pouvons commencer par mettre fin au soutien des États-Unis à la guerre au Yémen", a-t-il noté.

"Non seulement cette guerre a créé un désastre humanitaire dans l'un des pays les plus pauvres du monde, mais l'implication américaine dans cette guerre n'a pas été autorisée par le Congrès et est donc inconstitutionnelle."

En 2015, l'Arabie saoudite et ses alliés sunnites et arabes ont lancé une vaste campagne aérienne visant à réduire les gains des Houthis au Yémen.

La violence a dévasté les infrastructures publiques yéménites, y compris les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ce qui a amené l’ONU à qualifier la situation de «l’un des pires désastres humanitaires des temps modernes».

«Les États-Unis sont profondément engagés dans cette guerre. Nous fournissons des bombes que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite utilise, nous ravitaillons leurs avions en carburant avant qu'ils larguent leurs bombes et nous apportons une aide en matière de renseignement », a écrit Sanders.

Il a ajouté que dans de nombreux cas, les civils étaient ciblés par des bombes.

"Dans l'un des cas les plus horribles récents, une bombe de fabrication américaine a détruit un autobus scolaire rempli de jeunes garçons, faisant des dizaines de morts et en blessant beaucoup d'autres", a-t-il écrit. "Un rapport de CNN a révélé que des armes américaines avaient été utilisées dans une série d'attaques aussi meurtrières contre des civils depuis le début de la guerre."

Indiquant que les États-Unis ne veulent pas nuire à leurs ventes d'armes avec l'Arabie saoudite, il a déclaré que le président américain Donald Trump avait répondu à une question sur le meurtre de Khashoggi, affirmant que "les Saoudiens dépensent 110 milliards de dollars en équipement militaire".

Khashoggi, un éditorialiste du Washington Post, a été vu pour la dernière fois le 2 octobre lors de son entrée au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Après avoir nié, pendant plus de deux semaines, savoir où le notable saoudien se trouvait, des responsables saoudiens ont reconnu la semaine dernière que Khashoggi avait été tué lors d'une "bagarre" au consulat.

Sanders avait déjà déclaré au début de l’année qu’il exhortait le Congrès à mettre fin au soutien américain envers le royaume au Yémen.

"En février, avec deux de mes collègues, le républicain d'Utah Mike Lee, et le démocrate du Connecticut, Chris Murphy, j'ai présenté la résolution commune 54 du Sénat, appelant le président à se retirer de la guerre menée par les Saoudiens au Yémen", a ajouté Sanders, rappelant que le Sénat avait différé l'examen de la résolution par 55 voix contre 44.

"Depuis lors, cette crise n'a fait qu'empirer et notre complicité est devenue encore plus grande", a-t-il remarqué.

Il a également annoncé son intention de ramener la résolution avec davantage de coauteurs. "Le meurtre brutal de M. Khashoggi exige que nous affirmions clairement que l'appui des États-Unis à l'Arabie saoudite n'est pas inconditionnel."

Sanders a partagé son espoir que le Congrès prenne son devoir "au sérieux" et mette fin au soutien américain au "carnage" au Yémen, envoyant ainsi le message suivant: "Les vies humaines valent plus que les profits des fabricants d'armes".

 

 

Sena Güler, Corey Blackman, Ümit Dönmez

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 

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