L'ONU sur le meurtre de Khashoggi : La Justice doit suivre son cours

Une conférence de presse tenue par le porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, au siège de l'organisation internationale à New York

 

L'organisation des Nations unies (ONU) a affirmé, mardi, que la position de son Secrétaire général, Antonio Guterres, quant au meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, reste inchangée et que la justice doit suivre son cours.

C'est ce qui ressort d'une conférence de presse tenue mardi par le porte-parole de Guterres, Stéphane Dujarric, au siège de l'organisation internationale à New York.

"La position de Guterres par rapport à ce crime est claire et inchangée, et il estime que la justice doit suivre son cours", a déclaré Dujarric.

Le porte-parole répondait aux questions des journalistes concernant la position de Guterres par rapport au fait que les meurtriers de Khashoggi n'ont pas encore été jugés, un an après le crime odieux.

Jamal Khashoggi a été assassiné le 2 octobre 2018, au consulat saoudien à Istanbul, où il s'était rendu pour des démarches bureaucratiques avant mariage.

Le Haut-Commissariat des Droits de l’Homme de l’ONU (OHCHR) a publié, en juin dernier un rapport de 101 pages, rédigé par Agnès Callamard, rapporteure spéciale sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et dans lequel elle tient l’Arabie Saoudite pour "entièrement responsable du meurtre avec préméditation" de Khashoggi.

Le rapport contient également des "preuves sérieuses" nécessitant que des enquêtes soient ouvertes contre des hauts responsables saoudiens, dont le Prince-héritier Bin Salman.

 

Callamard : Bin Salman a reconnu implicitement la responsabilité de l'Arabie Saoudite dans le meurtre de Khashoggi

La rapporteure spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a estimé que "l'annonce par le Prince héritier saoudien, Mohamed Bin Salman, de sa responsabilité dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, constituait une "reconnaissance tacite que l’État saoudien est responsable de l’assassinat de Khashoggi".

"Ma réaction aux déclarations du prince héritier saoudien dans lesquelles il a reconnu la responsabilité de l'assassinat parce que cela s'est produit pendant son règne est la suivante: premièrement, cette déclaration reconnaît implicitement que l'assassinat de Khashoggi est sous la responsabilité de l'État", a indiqué Callamard dans une série de tweets.

"Cela s'est passé pendant son règne presqu'en tant que chef de l'Etat, alors l'Etat est impliqué", a-t-elle ajouté.

"Cependant, le gouvernement saoudien nie systématiquement ma conclusion que l'assassinat de Khashoggi est une exécution extrajudiciaire et que l'État en est responsable", a-t-elle souligné.

"Il doit y avoir une reconnaissance officielle, des excuses et la preuve que cela ne se reproduira plus. C'est ce que fait un chef de l'Etat responsable. Mais rien de tel ne s'est produit jusqu'à présent. Bien au contraire..", a-t-elle martelé.

"Un homme d'État responsable ne devrait pas tolérer 12 mois de désinformation et 12 mois de politique d'intolérance et de répression qui ont conduit à l'assassinat de M. Khashoggi", a-t-elle poursuivi évoquant un an déjà passé après le meurtre de Khashoggi sans aucune reconnaissance officielle de l'Etat saoudien à cet égard.

Callamard a noté dans ses tweets que "l'identité des assassins et des commanditaires du crime montre une relation étroite avec Mohamed Bin Salman, beaucoup plus qu'il ne veut bien l'admettre".

"L'opération n'aurait pas pu être menée avec une confiance, des ressources et une impunité aussi flagrantes jusqu'à présent, sans le consentement de l'Etat au plus haut niveau", a-t-elle renchéri.

"La quête de justice se poursuit, les meurtriers n'ont pas encore été jugés et les commanditaires (du meurtre de Khashoggi) n'ont pas encore été révélés", a-t-elle conclu.

Le rapport contient également des "preuves sérieuses" nécessitant que des enquêtes soient ouvertes contre des hauts responsables saoudiens, dont le Prince-héritier Bin Salman.

 

 

 

Mostafa Kamel, Mona Saanouni

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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