Burundi : deux ONG belges quittent le pays

Burundi : deux ONG belges quittent le pays

La réglementation burundaise exige un fichage ethnique des employés.



Deux organisations non-gouvernementales d’origine belge viennent de fermer leurs bureaux au Burundi suite à la mesure du gouvernement sur « l’obligation du fichage ethnique » des employés, a-t-on appris des déclarations des ONG RCN-Justice et Démocratie (Réseau Citoyens-Network) et Handicap International.

«RCN Justice et démocratie ne s’estime pas habilité à fournir des statistiques ethniques et n’en disposant pas les capacités », a déclaré Eric Gillet, Président du conseil d’administration de cette organisation, mercredi.

Cette organisation demande aux autorités burundaises de lui permettre de «procéder aux nécessaires actions de clôture administrative afin de répondre aux exigences légales notamment en matière de rupture du contrat de travail de ses salarié».

RCN-Justice et Démocratie avait ouvert son bureau au Burundi en 2000. Elle apportait son appui dans le secteur de la justice.

L’autre ONG qui ferme son bureau est Handicap International.

«Handicap International ne s’estime plus en mesure de mener ses projets en raison des décisions du gouvernement burundais vis-à-vis des ONG internationales, notamment l’obligation du fichage ethnique de ses employés», a déclaré Nathalie Blin en charge de la communication, lundi.

Une autre ONG, Médecins sans frontières (MSF), pourrait fermer incessamment son bureau à Bujumbura.

«À ce jour, MSF n’a pas reçu de confirmation de son réenregistrement au Burundi », a déclaré cette organisation sur son compte twitter, mardi.

«Nous continuons, toutefois, l’offre de soins médicaux gratuits à Bujumbura et poursuivons les discussions avec les autorités afin de garantir la continuation de nos activités médicales dans le pays», a-t-elle ajouté.

Fin septembre dernier, le Conseil national de sécurité du Burundi a ordonné la suspension des activités de toutes les organisations non gouvernementales (ONG) étrangères pour une période de trois mois en vue de vérifier leur "conformité à la loi et au règlement en vigueur au Burundi".

Pour le ministère de l’Intérieur, 84 ONG étrangères (sur 131) se sont conformées à cette mesure.

Selon des observateurs, Bujumbura veut renforcer le contrôle visant les ONG étrangères, principale source de devises pour le pays après la suspension par les partenaires occidentaux de l'aide budgétaire directe au gouvernement.

En janvier 2017, le gouvernement a mis en place une nouvelle loi régissant les ONG étrangères. Elle prévoit notamment un strict contrôle de leurs finances, des frais administratifs et des quotas ethniques dans le recrutement du personnel (60% de Hutu et 40% de Tutsi, comme dans l'administration).

 

 


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