Congo: des jeunes de la majorité présidentielle plaident pour un retrait de la CPI

Le gouvernement a "pris acte" du plaidoyer du Front patriotique et promis de l'examiner, alors que le Burundi, l'Afrique du Sud et la Gambie ont déjà entamé des démarches pour sortir du Statut de Rome.

 

AA/ Brazzaville/ Alain Shungu - Quelques centaines de jeunes de la majorité présidentielle ont défilé, jeudi dans les rues de Brazzaville, pour demander au gouvernement d'amorcer une procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), a rapporté le correspondant de Anadolu.

Les jeunes du Front patriotique (FP-majorité présidentielle) ont parcouru les quelques kilomètres séparant le siège du parlement du ministère de la Justice, où ils ont remis un plaidoyer au garde des Sceaux.

"Le gouvernement vient de prendre acte de votre démarche. Nous allons examiner et analyser votre plaidoyer avant de le transmettre à la hiérarchie gouvernementale" a déclaré Pierre Mabiala, ministre congolais de la Justice et des Droits humains, devant une délégation de ces jeunes.

"Nous sommes indignés et déçus par cette justice partiale. Sur dix affaires pendantes devant la CPI, neuf concernent des pays africains. Nous disons non à cette justice injuste, voilà pourquoi nous exigeons le retrait du Congo", a expliqué à la presse Destinée Doukaga, ministre de la Jeunesse et de l'Education civique et présidente du Front Patriotique (FP).

La société civile a fait part de son "inquiétude" de l'adoption d'un tel projet. "Cette initiative est celle des auteurs des crimes contre les droits de l'homme qui veulent se mettre à l'abri", a déclaré jeudi à la presse locale Roch Eloge Nzobo, président du Cercle des droits de l'homme et du développement.

Nzobo estime que la situation au Congo, pays d'Afrique centrale gouverné par un président qui cumule plus de 30 ans de pouvoir, s'accommode mal avec un retrait de la CPI. En mars dernier, Denis Sassou Nguesso se faisait réélire dès le premier tour pour un nouveau mandat, alors que l'opposition contestait ces résultats.

L'initiative du FP intervient quelques jours après que trois pays, le Burundi, l'Afrique du Sud et la Gambie, ont entamé des démarches pour quitter la juridiction internationale.

Les critiques envers la CPI, active depuis 2002, sont vieilles de quelques années. En 2009, le président de la commission africaine, Jean Ping, prononçait un célèbre réquisitoire contre cette juridiction internationale, accusée de mettre en oeuvre "une justice à deux vitesses".

Lors du 26e sommet de l’Union africaine en janvier dernier, les chefs d’État africains s'étaient engagés à élaborer "une feuille de route" pour un retrait collectif de la CPI, qu'ils accusaient de ne cibler par ses enquêtes que des Etats africains.

Récemment approché par Anadolu, le porte-parole de la CPI, Fadi Al-Abdallah, avait considéré que le fait, pour certains Etats, de se retirer du statut de Rome, à l'origine de la CPI, est "une décision souveraine".

La juridiction internationale a toutefois besoin d'un "maximum" de pays membres pour mettre en exécution son mandat consistant à "combattre les crimes de guerre, participer de la prévention contre ces exactions pour créer les conditions d'une vraie paix durable."

 
 

Congo Brazzaville

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