Burundi : quatre journalistes indépendants sous les verrous

Publié par Yvan Rukundo, Lassaad Ben Ahmed le . Publié dans Actualité Afrique

Leurs matériels, téléphones et le véhicule ont été confisqués




Quatre reporters du journal Iwacu, privé, et leur chauffeur ont été arrêtés à Musigati, province Bubanza, ouest du Burundi, selon un responsable de ce journal.

Ces quatre reporters étaient partis, mardi, à Musigati, où des affrontements avaient été signalés entre un groupe d’hommes armés et les forces de l’ordre et de sécurité burundaise.

Léandre Sikuyavuga, directeur des rédactions, a indiqué que ces journalistes et leur chauffeur ont été directement conduits au cachot du commissariat de police, à Bubanza.

« Jusqu’à ce mercredi, matin, ils sont toujours aux arrêts et aucun motif de leur arrestation ne leur a été fourni », a-t-il précisé, notant qu’il s’agit de Christine Kamikazi ( web-radio), Agnès Ndirubusa ( rédaction française, rubrique politique), Térence Mpozenzi ( photographe), Egide Harerimana ( rédaction anglaise) et Adolphe Masabarakiza ( chauffeur).

Leurs matériels, téléphones et le véhicule ont été confisqués, a ajouté Sikuyavuga, directeur des rédactions.

Interrogé ce matin par la radio Isanganiro, privé, Moise Nkurunziza, porte-parole adjoint de la police a déclaré qu’il n’était pas au courant de cette arrestation.

Le seul journal indépendant encore fonctionnel après la destruction de quatre médias, dans la foulée du coup d’Etat manqué du 13 mai 2015, n’en est pas à sa première épreuve, a constaté le correspondant d’Anadolu.

Alors que son fondateur et directeur des Publications Antoine Kaburahe a été contraint à l’exil en 2015, le journaliste Jean Bigirimana est porté disparu il y a déjà plus de trois ans.

Victime des menaces de mort, la famille Bigirimana (son épouse et ses deux garçons) se sont, par la suite, réfugiés au Rwanda.

Depuis avril 2015, date de l’officialisation de la 3ème candidature du président Nkurunziza à la tête du pays, le Burundi n’a cessé de régresser en matière de liberté d’expression. Selon le classement Reporters Sans Frontières (RSF), en 2019, le Burundi est placé à la 159ème position. Idem pour l’année 2018 alors qu’en 2014, il occupait la 142ème position en ce qui est de la liberté de la presse.

 

 

Yvan Rukundo, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Burundi, pierre nkurunziza, journalistes arrêtés

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