Guinée : huit « défenseurs de la Constitution » traduits en justice

Suite à des manifestations faisant au moins 4 morts (2 morts selon les autorités).




Le procès de huit membres du Front national de défense de la Constitution (Fndc) a démarré à huis clos, mercredi, sous haute surveillance de la police guinéenne, au tribunal de première instance de Dixinn à Conakry, ont rapporté des sources sur place.

Abdourakhmane Sano, coordinateur du Fndc et autres membres du Front s’opposent farouchement au référendum portant sur un projet d’amendement de la Constitution permettant au président Alpha Condé de se présenter à la présidentielle de 2020.

Ils ont été considérés comme les principaux instigateurs des manifestations opposées à ce projet de réforme et auxquelles ont participé des partis politiques de l'opposition et des acteurs de la société civile.

Ils ont été mis aux arrêts le 12 octobre aux motifs « d’atteinte à la sécurité publique ».

« Une dénonciation a été faite à mon du parquet relatant des propos tenus, la veille, par le Front national de défense de la Constitution (…) A l’analyse, la déclaration de cette plateforme d’associations comporte des propos d’une gravité certaine contre la sécurité publique », réagissait le procureur de Conakry au lendemain de l’arrestation des membres du Fndc.

Ces arrestations n’ont pas dissuadé le Front, dont les membres sont sortis en masse lundi et mardi pour manifester contre le projet de référendum.
Le bilan de ces manifestations reste contradictoire en fonction des sources.


Au moins quatre civils ont perdu la vie lors de ces manifestations, selon des ONG et les médias locaux. Deux uniquement, dont un gendarme selon le Gouvernement.

« L’utilisation généralisée de gaz lacrymogène et de munitions réelles pendant les affrontements entre des manifestantes et les forces de sécurité à Conakry le 14 octobre a fait au moins quatre morts et plusieurs blessés, selon les groupes de défense des droits humains présents en qualité d’observateur », a fait savoir François Patuel spécialiste de l’Afrique de l’ouest à Amnesty International.

Il faisait, ainsi, sur le site web de l’Ong le bilan de la manifestation de lundi dernier.

La mort par balle à Cosa dans la banlieue de Conakry d’un diplômé en médecine âgé de 27 ans a été annoncée mardi dans la soirée, allongeant ainsi le nombre de victimes.

Pour rappel, le président Condé avait appelé son peuple, le 22 septembre, à se préparer à un référendum et à des élections législatives fin décembre 2019, alors qu’il était à New-York, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU.

“Je vous demande de vous organiser et de vous préparer pour le référendum et les élections”, avait-il déclaré dans une vidéo qu’il a émise à cette occasion.

Le président, Alpha Condé [photo], avait été réélu en 2015 pour un deuxième mandat de 5 ans. La Constitution en vigueur ne lui donne pas le droit de se porter candidat une troisième fois, d’où le projet de réforme suscitant la contestation.

 

 

Alioune Ndiaye, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: constitution, Guinée, Alpha Condé, Manifestations, réforme

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