Niger : l'opposant Hama Amadou déchu de la présidence de son parti

Sur fond de sa condamnation à un an de prison ferme dans l’affaire dite des «bébés importés» du Nigéria.



La justice nigérienne a décidé vendredi la déchéance de l’opposant Hama Amadou de la présidence du parti "Mouvement démocratique nigérien pour une fédération africaine" (Moden Fa Lumana Africa), selon une source judiciaire locale.

Le tribunal de grande instance hors classe de Niamey a décidé "la déchéance de M. Hama Amadou de la présidence du parti Moden Fa Lumana Africa à la suite de sa condamnation à 1 an d’emprisonnement par arrêt N°31/17 du 13/03/2017 de la cour d’appel de Niamey", précise le tribunal dans une décision rendue publique vendredi.

Cette décision de justice fait suite à une plainte déposée par le président par intérim du Moden Fa Lumana Africa Noma Oumarou, protestant contre son limogeage par Hama Amadou, à travers une note datée du 19 juillet courant.

Cette décision intervient à quelques jours d’un congrès du parti de Hama Amadou, prévu le 4 août prochain, au cours duquel la candidature du principal opposant à l’élection présidentielle de 2021 devait être officialisé.

Elle intervient aussi un mois après l’adoption par l’Assemblée nationale nigérienne du nouveau code électoral, qui exclut, dans son article 8, l'opposant nigérien de toute compétition électorale, du fait de sa condamnation à un an de prison ferme, dans l’affaire dite des "bébés importés" du Nigéria.

Allié principal du président Issoufou Mahamadou au deuxième tour de la présidentielle de 2011, Hama Amadou a été élu président de l’Assemblée nationale après la victoire de leur coalition.

Il tombe, toutefois, en disgrâce en août 2013, à la suite du retrait de son parti de la mouvance présidentielle.

Une de ses épouses, citée dans un trafic des bébés importés du Nigéria, Il échappa de justesse à une arrestation et s’exila en France, après un bref séjour au Burkina Faso et quelques semaines après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré, dont il serait un ami.

En novembre 2015, il retourne au Niger pour préparer sa candidature à la présidentielle de mars 2016. Dès son arrivée à l’aéroport international Diori Hamani, il est arrêté par les forces de l’ordre et conduit à la prison civile de Filingué, à près de 200 kilomètres au nord de Niamey.

Toujours en prison, il parvient à se qualifier au second tour de la présidentielle de 2016 face au président sortant Issoufou Mahamadou.

Ses demandes de mise en liberté provisoire s’étant avérées infructueuses, Hama Amadou demande à ses militants de ne pas se rendre aux urnes pour le second tour, donnant ainsi la chance à son adversaire de se faire réélire sans difficulté.

Quelques semaines après la proclamation des résultats définitifs des élections, l’opposant est remis en liberté et transféré en France pour y recevoir des soins.

Depuis lors, Hama Amadou n’est plus rentré au Niger. Malgré tous les obstacles qui se dressent sur son chemin, l’opposant rappelle régulièrement à ses militants qu’il sera candidat à la présidentielle de 2021.







 

 

Illa Kané, Nadia Chahed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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Mots-clés: Niger, Issoufou Mahamadou, hama amadou

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