Burundi : Un activiste des droits de l’homme condamné à 32 ans de prison

Il s'agit de "la plus lourde peine jamais prononcée contre un défenseur des droits humains au Burundi", selon la FIACAT (Fédération internationale des ACAT). [Cet article a subi une correction par l'éditeur suite à un courrier des lecteurs, le jeudi 25 juillet à 18h30; nous avons rectifié « FIDH » par FIACAT].

 

La Cour d’Appel de Ntahangwa (Bujumbura) a condamné l'activiste burundais des droits de l’homme, Germain Rukuki, à 32 ans de prison pour " participation à un mouvement insurrectionnel", a déploré lundi soir SOS-Médias/Burundi, un collectif de journalistes indépendants.

Le verdict a été rendu lundi en fin d'après-midi.

"La cour d'appel de Ntahangwa vient de confirmer son incapacité à rendre justice en toute impartialité", a déclaré Maître Armel Niyongere, militant des droits de l’homme et représentant de l’ONG SOS-Torture/Burundi.

"Germain Rukuki est condamné à 32 ans de prison pour son engagement à défendre les droits humains au Burundi",,a-t-il regretté.

Germain Rukuki est condamné pour sa présumée participation "à un mouvement insurrectionnel dans le but de changer le régime constitutionnel, à l’assassinat de policiers et militaires à partir du 13 mai 2015 et à la dégradation de biens publics que privés".

Ancien membre de l’ONG ACAT-Burundi (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, faisant partie de la FIACAT), Germain Rukuki avait été arrêté en juillet 2017 à Bujumbura par des agents du Service des renseignements burundais.

En première instance, il avait été condamné à cette même peine le 26 avril 2018 par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa. Son avocat a fait appel.

Cette condamnation a été dénoncée par plusieurs associations de droits de l’homme.

Il s'agit de "la plus lourde peine jamais prononcée contre un défenseur des droits humains au Burundi", a déploré FIACAT (Fédération internationale des ACAT) sur son compte twitter.

 

Non acquise au régime, ACAT-Burundi fait partie de partie de la FIACAT, organisation de la société civile, suspendue par Bujumbura depuis le 19 octobre 2016.

Forcé à l’exil depuis plus de deux ans, Maître Armel Niyongere, son Président, a mis sur pied SOS-Torture Burundi qui établit des rapports hebdomadaires sur les actes de violations des droits de l’homme dans le pays. Les autorités burundaises soupçonnent Germain Rukuki d’être son relais local à Bujumbura.

Certaines organisations de la société civile sont toujours accusées de collaborer avec l’opposition radicale.

Depuis fin avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire déclenchée à la suite de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel, jugé illégal par l’opposition et la société civile.

Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 340.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30 juin 2019.


 

 

Jean Bosco, Nadia Chahed

 

 

 


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Mots-clés: Burundi, droits de l'homme

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