RDC : l'OMS déclare Ebola « ėpidemie d'urgence» sanitaire de « portée internationale »

Kinshasa doute.



Le Comité de règlement sanitaire de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de déclarer l'épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui frappe deux provinces de la République démocratique du Congo (RDC) comme une urgence sanitaire de "portée internationale".

L’information a été révélée lors d’une conférence de presse suite à une réunion tenue mercredi soir à Genève.


L'agence onusienne a toutefois décidé de ne pas imposer des restrictions sur les voyages et le commerce avec la RDC.
L'épidémie a déjà causé plus de 1670 décès depuis son déclenchement le 1er août 2018.


Lors de la réunion du Comité, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom, a demandé à la communauté internationale « d'afficher sa solidarité envers les populations congolaises ».

Il a également demandé de ne pas imposer des "restrictions punitives et contre-productives qui ne serviront qu'à isoler la RDC sur le plan international".


"Ces restrictions aux voyages et commerces ne serviront à rien. Il y a déjà eu plus de 75 millions de personnes contrôlées aux postes frontaliers", a-t-il signifié lors de la conférence de presse.

"Il est crucial que les Etats n'utilisent pas le statut d'urgence mondiale comme excuse pour imposer des restrictions au commerce et aux déplacements qui auraient un impact négatif sur la réponse (sanitaire) et sur la vie de la population dans la région", a insisté le Professeur Robert Steffen, chef du Comité d'urgence de l'OMS.


C'est la cinquième fois que l'OMS déclare l'urgence sanitaire mondiale.


Cette mesure exceptionnelle avait été décrétée en 2009 pour la grippe H1N1, en 2014 pour la poliomyélite, en 2014 pour l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest et en 2016 pour le virus Zika.

La mesure est prise pour l'épidémie congolaise après qu'elle a franchi les lignes rouges.

Il s’agit d’un cas avéré qui a été détecté à Goma, principale ville de l'est de la RDC. Il est mort alors qu'il était en reconduit vers sa région de contamination.

Cette même épidémie a déjà franchi le territoire congolais pour l'Ouganda où elle avait fait deux morts parmi 5 cas confirmés.

 

Kinshasa doute

Suite à cette décision, l'autorité sanitaire de la RDC a réagi espérant, dans un communiqué, mercredi soir, que la décision de l'Organisation mondiale de la santé ne soit pas le résultat des "nombreuses pressions de différents groupes de parties prenantes" qui voulaient utiliser cette déclaration comme une "opportunité pour lever des fonds".

"Le ministère espère que cette décision n’est pas le résultat des nombreuses pressions de différents groupes de parties prenantes qui voulaient utiliser cette déclaration comme une opportunité pour lever des fonds pour les acteurs humanitaires", écrit-il dans un communiqué.

Le ministère dirigé par Oly Ilunga a, par ailleurs, réclamé une "plus grande transparence" dans la gestion des fonds qui seront collectés pour booster la riposte contre l'épidémie qui a déjà fait près de 1700 morts, 11 mois après sa déclaration dans les provinces du Nord-Kivu et Ituri, dans l'est de la RDC.

La même source a regretté que certains patients continuent à adopter un "comportement irresponsable" qui cause la "propagation géographique du virus" Ebola.

"Il est important de rappeler que pour les cas de Goma et de l'Ouganda, les patients savaient qu'ils étaient à risque mais ont refusé de respecter les recommandations sanitaires et ont délibérément voyagé vers une autre zone", regrette Kinshasa.

 

 

Pascal Mulegwa, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

Article mis à jour le 18 juillet

 

 


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Mots-clés: ebola, épidémie ebola, République Démocratique du Congo - RDC, OMS, Goma, rdc santé

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