Cameroun : un militaire et douze villageois tués dans le Nord-ouest anglophone

Suite à une attaque ayant causé la mort d’un chef de détachement militaire, les forces armées camerounaises ont entamé une opération de ratissage et tué au moins 12 personnes retranchées dans les brousses



Un militaire et 12 villageois ont été tués dans la région anglophone du Nord-ouest, a-t-on appris de sources concordantes, lundi.

Les faits se sont produits le 9 juin lors d’«une attaque meurtrière contre un détachement du BTAP (Bataillon des Troupes Aéroportées), où le chef de détachement a été tué dans une embuscade de sécessionnistes armés dans la localité d’Esu, région du Nord-Ouest », selon le gouverneur de la région Adolphe Lélé Lafrique.

Le gouverneur souligne qu’après cette attaque, des militaires ont lancé « un ratissage » dans la zone, dans le but de neutraliser les auteurs de cette attaque.

Plusieurs témoins, dont notamment le chef traditionnel du village Esu relèvent que l’opération lancée, dimanche, par les militaires, « furieux », s’est soldée par un bilan très lourd.

« Nous avons une douzaine de corps qui jonchent les rues, plusieurs maisons ont été incendiées, des boutiques pillées et même le Centre de santé a été saccagé par les militaires dans leur recherche de sécessionnistes. Les personnes qui ont attaqué les militaires ont fui et les villageois ont payé le prix », a indiqué le chef d’Esu, Fon Kamzu Albert Chi.

Les révélations de ce chef traditionnel sont confirmées par le journaliste d’investigations, Prince Nfor Nchangi.

« C’est horrible, le carnage vécu dimanche à Esu, une douzaine de villageois tués. De peur d’être tués, plusieurs personnes ont pris refuge dans les brousses et montagnes. Malheureusement pour ces personnes, il y a eu une tornade dans la nuit. J’imagine dans quelle situation se trouvent actuellement les femmes et les enfants sous cette pluie qui s’est abattue toute la nuit. C’est pitoyable », regrette le journaliste.

Dans un rapport publié le 28 mars dernier, Human Rights Watch (HRW) indique qu’« au moins 170 civils ont été tués depuis octobre 2018 », dans les deux régions anglophones du Cameroun, en proie à un conflit entre des séparatistes et l’armée.

Depuis octobre 2018, «au moins 170 civils ont été tués dans plus de 220 incidents enregistrés dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun», avait écrit HRW, indiquant «que le nombre de civils tués est probablement plus important», au vu de l’intensification des violences et de la difficulté à collecter l’information dans ces zones.

« Les forces du Gouvernement dans les régions anglophones du Cameroun ont tué de nombreux civils, faisant un usage aveugle de la force, et brûlé des centaines de maisons ces six derniers mois », a accusé l’organisation de défense des droits de l’homme.

 

 

 

 

 


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