Madagascar : Famine : Sauvez le Sud!

L’Etat appelle à l’aide internationale pour faire face à la famine qui frappe cette région du pays.

 

A Androy, dans le Sud de Madagascar, "Kéré" sévit depuis plusieurs mois. Une fois de retour, la famine a son lot de victimes qui se chiffre par plusieurs dizaines.

Selon la presse locale, Kéré fait actuellement 2 à 10 victimes par jour, mises à part celles qui meurent on ne sait où sans avoir été déclarées. Le gouvernement tente, pour sa part, d’y remédier, mais malgré des efforts consentis, il n'y peut rien face à une sécheresse aiguë et en l’absence d’un soutien suffisant et efficace de la communauté internationale. 

Au début du mois de février dernier, le ministère de la Population, de la protection sociale et la promotion de la femme a fait état de trois décès provoqués par une malnutrition aiguë, annonce qui a suscité une mobilisation immédiate de la part des acteurs nationaux.

Le 19 et 20 février 2016, une concertation nationale s’est tenue à Ambovombe (Sud), en vue de trouver des solutions pérennes au problème récurrent de la famine dans cette région du pays. Cette concertation a connu une mobilisation des acteurs aussi bien nationaux qu'internationaux, notamment des représentants de la société civile et du secteur privé et d'Organisations internationales tels le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la Banque Mondiale,l'Union Européenne (UE), Médecins Sans Frontières, la GIZ (Coopération Allemande), l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)....

« Ne nous attardons pas sur le passé, trouvons des solutions pérennes pour le futur afin de sauver nos compatriotes de cette famine », avait déclaré Onitiana Realy, ministre de la Population, de la protection sociale et de la promotion féminine. Au terme des deux jours de concertations, les membres du Gouvernement présents ont procédé à la signature d’une déclaration portant sur 21 engagements pour lutter contre la sécheresse et les problèmes récurrents du Sud.

Le Gouvernement s’est, notamment, engagé à améliorer l’approvisionnement en eau du Grand Sud à travers la réhabilitation, la construction et la pérennisation d'impluvium (Système de captage et de collecte des eaux pluviales) , l’adduction d’eau ( technique permettant d'amener l'eau depuis sa source à travers un réseau de conduites ou d'ouvrages architecturaux vers les lieux de consommation) à travers l'édification de barrages, la réhabilitation et la construction de puits pour l’agriculture, l’élevage et la pêche ou encore le reboisement à grande échelle.

De son côté, le président de la République, Hery Rajaonarimampianina , a promis, lors d'une récente visite dans l’ Hery Rajaonarimampianina dans l’Androy (sud ), de s’attaquer au problème d’accès à l’eau potable qui constitue l’une des principales causes de la sécheresse dans la partie Sud.

Le dernier conseil des ministres qui s’est tenu le 22 mars dernier, a confirmé le caractère urgent de la question de famine. Un décret constatant « la déclaration de sinistre pour cause de dégradation de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le Grand Sud de Madagascar », a été adopté.

L’Etat explique le phénomène par la faible pluviométrie enregistrée dans le Grand Sud du Pays depuis le début de l’année 2015. Le climat de cette région est du type semi-aride. Elle reçoit normalement 0,5 m à 0,7 m de pluies par an, selon des statistiques officielles. Un manque de pluie qui a entraîné une sécheresse persistante provoquant des conséquences néfastes sur le quotidien des populations et fortement impacté la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages.

Cette sécheresse extrême, favorisée par le vent El Nino, affecte plus d’un million de personnes touchées par l’Insécurité alimentaire selon les résultats d'une enquête publiée par le PAM en février 2016. Ce qui représente 80% de la population rurale des 7 Districts du Grand Sud du pays (Amboasary, Ambovombe, Tsihombe, Beloha, Bekily, Ampanihy, Betioky). Parmi ces victimes, 475.523 (34%) sont en Insécurité Alimentaire Modérée (IAM) tandis que 663 484 (47%) sont en Insécurité Alimentaire Sévère (IAS).

Malgré les solutions envisagées à court et à long terme par le gouvernement et ses partenaires, les dernières estimations révèlent une aggravation de l’insécurité alimentaire, de la malnutrition et de l’insuffisance des ressources disponibles au niveau des 7 Districts concernés.

En effet aussi ni les actions d'approvisionnement en eau (décidées par l'ancien président Didier Ratsiraka (1975-1993 et 1997-2002), ni les impluviums construits n'ont réussi à éradiquer le fléau.

Ainsi et en guise de réponse urgente, le Gouvernement malagache a appelé à l'issue des concertations de février, à une mobilisation de fonds pour financer le "plan de réponses et de relèvement précoce", dont la mise en œuvre requiert un montant estimé à 69,7 millions de dollars américains. Un appel à l’aide international sera lancé en marge de la Conférence des Bailleurs et investisseurs privés, prévue à la fin du premier semestre 2016 à Paris.

 

Sandra Rabearisoa, Nadia Chahed, Mohamed Hedi Abdellaoui


 

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