Algérie : Saïd Bouteflika et deux ex-patrons des services de renseignements sous mandat de dépôt

"Said Bouteflika était prêt à instaurer l’Etat d’urgence pour sauver le régime de son frère".

Said Bouteflika, frère du président algérien déchu et les deux anciens patrons des services de renseignements algériens, Mohamed Mediène et Athmane Tartag ont été placés, dimanche, sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida (50 km au sud d’Alger), a annoncé la télévision publique algérienne « A3 ».

Selon la télévision, citant un communiqué du parquet du tribunal, les trois prévenus sont poursuivis pour « atteinte à l’autorité de l’armée» et « complot contre l’autorité de l’Etat ».

Cette incarcération intervient au lendemain de leur arrestation annoncée par de nombreuses télévisions privées et sites d’information.

Mais aucun média public n’a évoqué samedi ces arrestations, hormis le quotidien gouvernemental El Moudjahid dans sa livraison de dimanche.

Mais dimanche, l’agence officielle a repris le communiqué du parquet militaire de Blida.

« Pour les besoins de l'enquête, le procureur militaire de la République près le Tribunal militaire de Blida a chargé un juge d’instruction militaire d'entamer la procédure d'instruction, et après mise en inculpation, ce dernier a rendu des mandats de placement en détention provisoire à l’encontre des trois prévenus », a indiqué l’agence officielle.

Peu de temps auparavant, la télévision algérienne a montré des images des trois prévenus se rendant au tribunal, un fait rarissime dans les annales de la justice algérienne.

Il y a quelques jours, l’homme fort du moment en Algérie, le général de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah, a accusé l’ancien patron des services de renseignement, Mohamed Mediene de « comploter » contre le mouvement populaire qui réclame depuis le 22 février le changement radical de système en Algérie.

Début avril, il l’avait accusé de s’être réuni en compagnie de Said Bouteflika, frère de l’ex-président déchu et Athmane Tartag à Alger en compagnie de l’ex-président, un militaire en retraite, Liamine Zeroual, auquel ils ont proposé de conduire la transition en Algérie.

Selon l’ancien ministre de la Défense dans les années 1990, Khaled Nezzar, Said Bouteflika était prêt à instaurer l’Etat d’urgence pour sauver le régime de son frère, finalement poussé à la démission par la mobilisation des Algériens et par la sommation de l’armée.

 

 

 

Tarik Zaidi, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



Mots-clés: Algérie, justice

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