L'ONU appelle la Tunisie à libérer l'un de ses employés

Le ministère tunisien de l'Intérieur avait annoncé, le 29 mars dernier, l'arrestation de son ressortissant Moncef Kortas, dans le cadre du démantèlement d'un réseau d'espionnage qualifié de "dangereux"

L'organisation des Nations Unies (ONU) a appelé, jeudi, les autorités tunisiennes à libérer l'un de ses employés détenu dans le pays depuis le 29 mars dernier.

C'est ce qui ressort des déclarations du porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors d'une conférence de presse tenue jeudi au siège de l'organisation à New York.

"L'un de nos responsables a rencontré Moncef Kortas, et notre position quant à sa détention en Tunisie n'a pas changé, notamment parce qu'il bénéficie de l'immunité en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies, et il faut le libérer", a déclaré Dujarric.

S'agissant de rapports concernant une lettre officielle envoyée par les autorités tunisiennes au Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, sur les raisons du maintien en détention de Kortas, Dujarric a démenti cette information en indiquant qu'il "n'était pas au courant d'une telle correspondance".

"Comme nous l'avions dit à maintes reprises, Kortas bénéficie de l'immunité et doit être libéré", a-t-il ajouté.

Le 29 mars dernier, le ministère tunisien de l'Intérieur avait annoncé l'arrestation de Kortas, dans le cadre du démantèlement d'un réseau d'espionnage qualifié de "dangereux".

Des médias locaux avaient alors rapporté que les agents de sécurité ont arrêté le responsable onusien à l'aéroport international de Tunis-Carthage, en provenance de la capitale italienne, Rome.

Le porte-parole du Pôle judiciaire de lutte antiterroriste, Sofiene Selliti, a déclaré que l'expert onusien Kortas ne bénéficie pas de l'immunité de l'ONU, contrairement à ce qui a été indiqué, étant donné que "les actes qui lui sont imputés étaient dus à ses propres intérêts et non à ceux des Nations Unies".

Selon Selliti, l'arrivée de Kortas en Tunisie ne s'inscrivait pas dans le cadre d'une mission onusienne, et qu'il a utilisé son passeport tunisien et n'était pas en possession du passeport de l'ONU. "Il est également chargé d'une mission en Libye et non pas en Tunisie, ce qui lui ôte l'immunité attribuée en vertu de la Convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies", ajoute Selliti.

Kortas est un expert auprès du Conseil de Sécurité de l'ONU, et chercheur à l'Institut des hautes études internationales et du développement à Genève, et coordinateur des projets de programmes d'études sur les armes en Libye et en Afrique du Nord.

 

 

Tarek Mohamed, Mona Saanouni

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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