Mali / Attaque d'Ogossagou : découverte de trois fosses communes (Onu)

Deux de ces fosses contenaient 40 corps chacune et la troisième contenait plus de 70 corps.



L’équipe chargée de l’enquête sur le massacre de près de 160 personnes dans le village d’Ogossagou, région de Mopti au centre du Mali, a fait savoir jeudi que trois fosses communes ont pu être localisées.

C’est ce qui ressort des conclusions préliminaires de la mission d’enquête spéciale, rendues publiques jeudi, par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) et consultées par Anadolu.

Le document de la Minusma précise que deux fosses contenaient 40 corps chacune et, la troisième, contenait au moins 70 corps, sans ajouter de détails à propos de ces fosses communes.

Toutefois, selon les conclusions préliminaires de la mission d’enquête, l’attaque d’Ogossagou a été menée par « un groupe composé d’au moins une centaine d’hommes armés, accompagnés par une dizaine d’hommes en tenue militaire et d’autres en tenue civile ».

La Minusma rappelle que l’attaque, qui a eu lieu le samedi 23 mars à 5h du matin, a été « planifiée, organisée et coordonnée sur la partie peule du village d’Ogossagou ».

« L’attaque a donné lieu à une confrontation armée, ayant opposé les dozos aux éléments armés peuls faisant partie d’un rassemblement de candidats au processus de « désarmement volontaire », installés dans le village et qui s’étaient constitués, de facto, en groupe d’auto-défense », explique la mission d’enquête.

Elle affirme que « le groupe de chasseurs, supérieurs en nombre et en puissance de feu, a continué d’avancer sur le village, tuant de manière indiscriminée hommes, femmes et enfants, et incendiant les maisons à l’aide de torches et autres combustibles préparés à cet effet ».

Le bilan de cette attaque tablait initialement sur 160 morts et plus de 50 blessés. Cependant, d’après les conclusions préliminaires de l’enquête, le nombre de personnes tuées a été ramené 157, celui des blessés par balles à 65 et le nombre de cases détruites à 220, au moins.

La Minusma a constaté, par ailleurs que l’attaque d’Ogossagou n’est pas un acte isolé.

Elle « s’inscrit dans un contexte d’accentuation progressive des violences sur fond de tensions communautaires dans la région de Mopti, où des groupes d’auto-défense communautaire, possédant des armes de guerre, continuent d’agir en toute impunité », peut-on lire dans le rapport de la mission d’enquête.

« Plus de 37 cas d’atteintes aux droits de l’homme ayant causé la mort d’au moins 115 personnes, sont attribuables à ces groupes depuis novembre 2018, y compris lors des attaques perpétrées par des groupes de chasseurs traditionnels à l’encontre de civils, dans les parties peules des villages de Koulogon, Minima Maoudé ou encore Libé, entre janvier et février 2019 », a expliqué la même source.

Pour rappel, l’attaque d’Ogossagou avait suscité une large condamnation internationale, exprimée notamment par l’Union africaine, les Nations Unies, le Conseil de sécurité et un grand nombre de pays et d’organisations internationales.

Plusieurs parties avaient, d’ailleurs, appelé les autorités maliennes à identifier rapidement les auteurs de ce massacre et à les introduire en justice dans les plus brefs délais.

Le Mali qui fait face à de nombreux défis sécuritaires depuis 2012, notamment dans le centre, est également le théâtre de conflits itner-communautaires, notamment entre chasseurs traditionnels dozos et villageois peuls.

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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