RDC / Sénatoriales : trois députés interpellés pour «indices sérieux de corruption»

"La rafle continue, car d'autres députés et certains candidats proclamés vainqueur seront arrêtés".



Trois députés provinciaux du Kongo-central ont été arrêtés par la police à la suite "d’indices sérieux de corruption" qui pèsent contre eux dans le cadre des élections sénatoriales tenues vendredi dernier dans 24 des 26 provinces de la République démocratique du Congo (RDC).

Ces élections se sont soldées par une victoire écrasante de la coalition de l'ancien président, Joseph Kabila.

Ces élus, devant choisir les sénateurs et dont les noms n'ont pas été révélés, "ont été interpellés, samedi, par la police sur instruction du parquet et sont gardés dans une cellule", a déclaré à Anadolu, Dieudonné Ngalula, substitut du procureur général près la Cour d’appel de Matadi, capitale de la province du Kongo-central à l'ouest de Kinshasa.

"Il y a de sérieux indices, sans appel, de corruption qui pèsent contre eux. Ils sont accusés d'avoir exigé, sans ambages, des pots de vin aux candidats sénateurs", a ajouté la même source judiciaire.

"La rafle continue, car d'autres députés et certains candidats proclamés vainqueur seront arrêtés", selon Ngalula.

La veille, Alain Atundu, candidat malheureux aux sénatoriales dans la province de la Mongala, a porté plainte pour "corruption" contre 4 députés provinciaux dont 3 responsables du bureau de l’Assemblée provinciale.

Ces trois députés lui ont exigé 40 000 dollars en échange de leurs voix, détaille-t-il dans sa lettre de dénonciation adressée au procureur général de la République près de la Cour de cassation.

”Il ne fait aucun doute que mon refus d’accéder à ces 4 demandes ont joué en ma défaveur lors du vote de sénateurs”, accuse-t-il dans sa lettre, dont Anadolu s'est procurée une copie.

Le Front commun pour le Congo (FCC), plateforme dirigée par l'ancien président de la République a raflé près de 90 % des sièges sur les 100 sièges des 24 provinces.

Les 8 autres sièges seront complétés après les élections (reportées) dans les provinces du Nord-Kivu et Mai-Ndombe.

Malgré ses nombreux députés dans les assemblées provinciales de Kinshasa et celles de la région du Kasai, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) du président Félix Tshisekedi n'a obtenu qu'un seul siège au Sénat.

Bien avant les élections, de nombreux candidats s'étaient retirés de la course aux sénatoriales, sur fonds d’allégations de corruption des députés provinciaux.

Le procureur général de la République avait demandé le report de ces élections pour des enquêtes, mais la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) avait décidé de les maintenir.

Scrutins aux résultats controversés, les sénatoriales ont été suivis de manifestations de colère des militants du parti présidentiel (UDPS), samedi, dans plusieurs villes congolaises.

A la suite de ces violences, le président Felix Tshisekedi a promis de prendre d'"importantes mesures", à l'issue d'une réunion interinstitutionnelle censée se tenir ce lundi au palais présidentiel.

Proclamé vainqueur de la présidentielle du 30 décembre 2018, Tshisekedi n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale et dans les 26 assemblées provinciales, gouverneurs et vice- gouverneurs de provinces.

Ancienne colonie belge affranchie en 1960, le Congo-Kinshasa est gouverné sous un régime semi-présidentiel, mais le Sénat et l'Assemblée nationale peuvent décider de mettre en accusation le président de la République ou encore le Premier ministre.

En cas de condamnation, le Président de la République et le Premier ministre sont déchus, selon l'article 167 de la Constitution.

 

 

Pascal Mulegwa, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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