Tunisie: limogeage de trois hauts cadres au ministère de la santé

Publié par Nadia Chahed le . Publié dans Actualité Afrique

Cette mesure intervient à la suite du drame qui a coûté la vie à 15 nourrissons.



Une semaine après le drame survenu en Tunisie dans un hôpital public qui a causé la mort à 15 nouveau-nés, le ministère de la santé a annoncé jeudi soir, dans un communiqué, le limogeage de trois hauts cadres du département en lien direct avec la catastrophe.

Ces mesures ont touché la directrice générale de la Santé publique, Dr Nabiha Borsali Falfoul, la directrice générale du centre de maternité et de néonatologie de l’hôpital La Rabta, Hayet Thabet et la directrice générale du laboratoire national de contrôle des médicaments, Senda Bahri.

La ministre de la santé publique par intérim Sonia Ben Cheikh a procédé par la même occasion à une refonte profonde des structures du département avec la nominations de pas moins de dix nouveaux responsables à la têtes de plusieurs directions générales et autres institutions sanitaires.

Ces décisions interviennent au lendemain d’une visite impromptue du chef du gouvernement Youssef Chahed au ministère au cours de laquelle il a déploré “le laisser aller” qui prévaut dans les hôpitaux publics.

“La santé de nos citoyens et singulièrement de nos enfants représentent une ligne rouge à ne pas franchir”, a-t-il mis en garde, assurant que “tout responsable qui aura fait preuve de défaillance rendra des comptes”.

Mercredi, le porte-parole du parquet Sofiane Selliti a fait état d’un bilan plus lourd qui est passé de 12 à 15 morts.

La Tunisie vit depuis samedi dernier sous le choc de la mort en série de 12 nouveau-nés qui a mis en émoi tous les milieux politiques et associatifs. Le scandale qui fait depuis “la une” des journaux et des plateaux radiophoniques et télévisés, avait conduit à la démission de l’ancien ministre de la santé Abderraouf Chérif.

Dans un communiqué, la Société tunisienne de pédiatrie (STP) a précisé que selon les données préliminaires de l’enquête les nouveau-nés décédés ont succombé à une infection sanguine, appelée "une infection nosocomiale sévère", dont le point de départ est un produit d’alimentation parentérale, sans donner de précisions sur les circonstances de contamination des produits.

Deux enquêtes administrative et pénale ont été ouvertes pour déterminer les causes et les responsabilités dans cette tragédie.

Jeudi, le juge d’instruction en charge de l’affaire a ordonné d’interdire la diffusion de deux programmes TV contenant des enquêtes sur les péripéties du drame pour cause de violation au cours de l’instruction.

La décision judiciaire a été accueillie par un tollé de protestations notamment du syndicat des journalistes tunisiens dont le président Néji Bghouri a dénoncé “une atteinte flagrante à la liberté de presse”.

 

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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