Report des élections algériennes en 5 questions

Report des élections algériennes en 5 questions

Le président Abdelaziz Bouteflika a reporté l'élection présidentielle dans un contexte de protestations, et a retiré sa candidature pour un cinquième mandat.

 

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a reporté les élections présidentielles à la suite de manifestations et s'est personnellement retiré de la course, en quête d'un cinquième mandat pour des problèmes de santé.

Combattant contre la France pendant la Guerre d'Indépendance, Bouteflika a été élu pour la première fois en 1999 et dirige le pays depuis quatre mandats.

Bien que le président âgé de 82 ans ait souffert d'un accident vasculaire cérébral en 2013 ayant eu des conséquences importantes sur sa santé, il a annoncé sa candidature pour un cinquième mandat.

Au cours des dernières semaines, des personnes de divers horizons sont descendues dans la rue pour protester contre sa décision.

Le régime algérien pensait que la candidature de Bouteflika serait préjudiciable à l’avenir du régime. Bouteflika s’est retiré et a annoncé le report lundi.

 

 

Voici cinq questions sur les élections algériennes:

 

 

Pourquoi les élections ont-elles été reportées?

Lors de la préparation des élections du 18 avril, tout le monde en Algérie s’interrogeait sur la candidature possible de Bouteflika pour un cinquième mandat en raison de ses problèmes de santé.

Après l’annonce de la candidature de Bouteflika et le soutien des principaux partis du régime, la population a commencé à descendre dans les rues pour manifester.

"Après les élections présidentielles, je demanderai immédiatement une conférence nationale pour discuter et adopter des réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales afin de constituer la base du nouveau système réformiste de l'État national algérien", avait déclaré Bouteflika en annonçant sa candidature le 3 mars .

Cela a suivi un nombre croissant de manifestants de tous les horizons et les forces de sécurité n'ont pas utilisé une force excessive contre les manifestants.

"Je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi cette forme d'expression, ce dont je me félicite une fois de plus est sa nature pacifique", a-t-il déclaré.

"Il n'y aura pas de cinquième mandat et il n'y a jamais eu de question pour moi, puisque mon état de santé et mon âge me confient comme ultime devoir envers le peuple algérien", a-t-il annoncé et promis de vastes changements.

 

 

Quelles étaient les exigences des manifestants?

Plutôt que de renverser le régime, comme cela s'est passé dans d'autres pays lors des «Printemps arabes», les Algériens ont exigé un "changement".

Ils voulaient que quelqu'un de nouveau dirige le pays au lieu de celui qui souffre de problèmes de santé.

Leurs revendications visaient également à mettre fin à l'accumulation d'actifs de l'Algérie, riche en pétrole, entre les mains de certains groupes de l'armée, des législateurs, et du monde des affaires, et à mettre un terme à la corruption se produisant au sein de ces groupes.

 

 

Comment l'armée a-t-elle réagi aux événements?

Le chef d'état-major de l'armée, Ahmed Kayed Saleh, a parlé de la situation actuelle dans le pays lors d'un discours prononcé devant l'académie militaire la semaine dernière.

Le général Saleh a déclaré que l'armée maintiendrait son engagement en faveur de la sécurité et de la stabilité du pays, ajoutant que des "appels douteux" à "réglementer la démocratie" étaient lancés par des sources étrangères.

Il a nié les allégations de coup d'État de l'armée.

Une réunion entre Bouteflika et Saleh à la suite de la décision du président lundi a été considérée comme un signe d’approbation par l’armée.

 

 

Comment l’opposition a-t-elle réagi à l’annonce de Bouteflika?

Alors que les Algériens célébraient le retrait de Bouteflika, l’opposition était prudente quant à son annonce.

L'opposition a qualifié le retrait de «demi-victoire» et a défendu qu'il était contraire à la Constitution que Bouteflika prolonge sa présidence.

Certains candidats à la présidentielle ont déclaré que le report était une "attaque claire contre la Constitution" et que prolonger son mandat au bureau était une "légitimité de fait”.

L'ancien Premier ministre Ali Benflis a déclaré qu'il était contraire à la Constitution de prolonger le mandat de la présidence sans faire référence au peuple.

L'ancien ministre de la Communication, Abdulaziz Rahabi, a souligné que Bouteflika n'était plus candidat, mais qu'il continuerait d'assumer ses fonctions de président après avril 2019.

Entre-temps, de nombreux militants ont réclamé des manifestations pour réaliser des réformes et maintenir la pression sur l'administration.

 


Que va-t-il se passer en Algérie maintenant?

Bouteflika a annoncé son retrait de la prochaine élection présidentielle, mais il continue d'occuper son poste.

L'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia aurait également remis sa démission, et Bouteflika aurait nommé Noureddine Bedoui, ancien ministre de l'Intérieur.

Bédoui formerait un gouvernement de conciliation nationale et une conférence nationale discuterait des réformes constitutionnelles et politiques.

Un projet de constitution préparé par la conférence serait voté par référendum.

Les mesures prises par l'administration ont calmé les manifestants. Cependant, la nature des réformes ou la date des prochaines élections ne sont pas déclarées.

 

 

 

Enes Canlı, Sümeyye Özer, Sena Güler, Büşra Nur Bilgiç, Ümit Dönmez

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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