RDC : Maintien des élections des gouverneurs et des sénateurs

Malgré les allégations de corruption d'électeurs et de candidats.



La commission électorale de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, dimanche, le maintien des élections des sénateurs et des gouverneurs les 15 et 26 mars, en dépit de la demande du procureur général (PRG) de les reporter pour mener des enquêtes sur des soupçons de corruption "intense" de députés provinciaux et candidats en lice pour ces scrutins.

"La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) confirme, donc, la tenue des élections, conformément à son calendrier électoral, 15 mars pour l’élection des sénateurs et 26 mars pour l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs", écrit l'institution dans un communiqué en réponse à la demande du procureur général de la République de les reporter sine die.

S'alarmant des "allégations de corruptions" des députés provinciaux par des candidats aux élections des gouverneurs et des sénateurs, le PGR a annoncé dans une lettre adressée à la Ceni, samedi, avoir instruit au commissaire général adjoint en charge de la police judiciaire de "mener des investigations urgentes".

"Dès lors, je vous demande de reporter les dates desdites élections pour me permettre d'avoir des éléments probants", écrit le PGR attirant l’attention du président de la Ceni sur le fait que la tenue de ces élections dans ces conditions ouvrirait "grandement la voie à des contestations et violences meurtrières".

La même autorité judiciaire a dévoilé son intention de déployer des hauts magistrats de son cabinet dans les capitales provinciales, "ciblées" pour "superviser ces investigations".

Dans un communiqué publié dimanche matin, la Ceni a rejeté la demande du PGR, lui signifiant qu’avant toute décision de culpabilité rendue par un juge, tous les députés provinciaux sont présumés innocents. Par conséquent, il n'y a pas lieu de les priver de l'exercice de leurs prérogatives".

Les élus provinciaux monnaieraient chèrement leurs voix en dollars, selon plusieurs dénonciations, déjà faites par certains candidats, dont Luzolo Bambi, ancien conseiller spécial du président Joseph Kabila, en charge de la lutte contre la corruption.

Ayant la charge d'élire les sénateurs et gouverneurs de province, les députés provinciaux exigeraient entre 20 000 et 50 000 dollars pour élire un candidat.

D'autres élus sont approchés par les candidats, d'après diverses dénonciations.

Dans son discours d'investiture le 24 janvier, le président Félix Tshisekedi, avait qualifié la corruption de "fléau qui dévaste" la RDC et "ses institutions".

Il avait alors promis "une stratégie de lutte contre la corruption dans l'ensemble des rouages de l'administration publique".

Sa victoire à la présidentielle est toujours contestée par Martin Fayulu, son ancien allié, qui s'est déjà autoproclamé "president légitime" de la RDC.

Les États-Unis ont dernièrement sanctionné plusieurs autorités congolaises dont le président de la commission électorale, son adjoint, un de ses conseillers, le président de l'Assemblée nationale et celui de la Cour constitutionnelle pour "Corruption" liée au processus électoral en RDC.

 

 

Pascal Mulegwa, Lassaad Ben Ahmed

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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