Tunisie : simulation d’un tribunal féministe pour l’égalité des sexes dans l’héritage

L’association tunisiennes des femmes démocrates a passé en revue les expériences de femmes tunisiennes, marocaines, turques, palestiniennes et maliennes.

Une association féministe tunisienne a procédé, vendredi, à la simulation d’un tribunal traitant des questions liées à l’exclusion des femmes et à l’égalité des sexes dans l’héritage à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.

L’association tunisienne des femmes démocrates a, ainsi, passé en revue les expériences de femmes tunisiennes, marocaines, turques, palestiniennes et maliennes.

Yosra Fraous, présidente de l’association a déclaré à Anadolu que cette expérience a été réalisée dans plusieurs pays, elle s’est articulée autour des violences faites aux femmes. Elle est dédiée aux femmes qui ont milité pendant des années pour l’égalité des sexes dans l’héritage.

La présidente de l’association a également déclaré que le débat autour de la question de l’égalité des sexes dans l’héritage en Tunisie est strictement politique. Certaines parties politiques cherchent à l’instrumentaliser en dépit du fait qu’il s’agit d’une question qui n’est pas idéologique. Elle estime, ainsi, que la société tunisienne est une société moderniste dont la moitié est pour l’ouverture sur d’autres cultures humaines et universelles se rapportant aux droits de l’Homme.

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi a annoncé le 13 août 2018 la présentation d’un projet de loi relatif à l’égalité des sexes dans l’héritage.

Ce projet de loi, qui est actuellement examiné par la commission de la santé et des affaires sociales au sein de l’Assemblée des

Représentants du Peuple, a suscité un débat entre les différents courants politiques et idéologiques en Tunisie. Des milliers de tunisiens ont, ainsi, manifesté devant le parlement tunisien et dans plusieurs villes du pays en contestation à ce projet de loi, le considérant comme contraire à la constitution et aux textes coraniques.

L’activiste turque, Pinar Selek, présente au cours de cette simulation, a évoqué l’expérience turque en la matière. Elle a, ainsi, rappelé que l’empire ottoman qui était fondé sur les principes islamiques, a instauré l’égalité entre les sexes dans l’héritage. Ce principe a été par la suite repris et consolidé par l’Etat turc.

Elle a ajouté : « les femmes turques ont milité pendant plusieurs années pour la reconnaissance du rôle de la femme pour le bien de sa famille, elles ont par la suite milité pour l’égalité avec les hommes dans les responsabilités familiales ».

Elle estime, qu’aujourd’hui, l’homme et la femme sont égaux dans l’exercice des droits et des libertés.

Cependant, certaines femmes ignorent encore leurs droits. Les mouvements féministes en Turquie, visent à les sensibiliser par rapport à cette question.

Maisara Atiani, une ancienne prisonnière palestinienne, a déclaré de son côté que la situation des femmes en Palestine est quelque peu différente.

Les injustices au niveau de l’héritage sont du fait de l’occupation israélienne qui confisque les propriétés des palestiniens, engendrant ainsi la réduction de l’héritage qui peut être revendiqué par les femmes.

 

 

Yosra Ouanes, Mohammed Maher Ben Romdhane

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



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