Les États-Unis imposent des tarifs sur les métaux pour l'UE, le Canada et le Mexique

Les États-Unis imposent des tarifs sur les métaux pour l'UE, le Canada et le Mexique

Les sanctions américaines incluent un droit de douane de 10% sur les importations d'aluminium et de 25% sur l'acier.


Les États-Unis ont annoncé jeudi qu'ils imposeraient des droits de douane considérables sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance de l'Union Européenne (UE), du Canada et du Mexique après que l'administration Trump n'a pas obtenu de concessions de la part de ses partenaires commerciaux proches.

Le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré aux journalistes lors d'une conférence téléphonique, jeudi 31 mai 2018, que les États-Unis commenceraient à instituer un droit de douane de 10% sur les importations et un droit de 25% sur l'acier à partir de vendredi 1er juin 2018.

Le Canada, le Mexique et l'UE avait s'étaient initialement vu accordées des exemptions temporaires aux pénalités à l'importation après que le président, Donald Trump les avait annoncées en mars. Les exemptions devaient expirer à la fin de cette semaine.

Les exemptions ont été faites dans l'espoir d'obtenir d'autres avantages économiques pour les États-Unis, mais Ross aurait déclaré que les progrès avaient été insuffisants pour justifier une prolongation.

La Maison Blanche a déclaré plus tard que les pourparlers se poursuivraient alors même que les sanctions allaient être imposées sur les plus proches alliés des États-Unis.

Au cours d'un entretien avec le réseau de télévision CNBC, Ross a cherché à minimiser les effets des droits d'importation en disant: "Si le marché était surpris, il devrait s'adapter à cela, mais les marchés s'ajustent aux faits".

Mais au-delà des marchés, les sanctions économiques sont susceptibles d'ébranler davantage les relations avec certains des plus proches alliés des États-Unis, dont certains sont déjà confrontés aux sanctions américaines sur l'Iran, que Trump a arrachées aux États-Unis malgré la forte opposition de l'Europe.

Lorsque Trump a pris la décision d'instituer des tarifs sur l'acier et l'aluminium, il l'a fait sous prétexte de sécurité (indépendance) nationale, mais les partenaires de sécurité les plus proches des États-Unis en Europe et au Canada ont vivement critiqué la logique de Trump.

 

Le Canada imposes des droits

Le Canada a réagi rapidement en imposant des droits sur 16,6 milliards de dollars canadiens de produits importés des États-Unis, tout en clamant que l'action des États-Unis était «totalement inacceptable».

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, a qualifié l'argument de la sécurité nationale utilisé par Trump pour adopter les tarifs douaniers était «inconcevable».

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui s'est tenue aux côtés de Trudeau lors d'une conférence de presse à Ottawa, a souligné que le Canada appliquerait des contre-mesures dollar pour dollar aux importations américaines, avec des tarifs variant de 10% à 25%. Les produits incluront l'acier et l'aluminium - le Canada est le plus gros fournisseur des deux métaux sur le marché américain - ainsi que des articles banals comme les cartes à jouer et les feutres.

«C'est l'action commerciale la plus vigoureuse que le Canada a entreprise dans l'après-guerre, une réponse très forte, une réponse proportionnée, une parfaite réciprocité, une action canadienne très forte en réponse à une très mauvaise décision américaine. ", a annoncé Freeland aux journalistes.

La liste complète sera mise en ligne et les Canadiens auront 15 jours pour étudier et suggérer des changements. Freeland a rappelé que le Canada s'est donné beaucoup de mal pour s'assurer que les produits américains soumis à des tarifs douaniers sont facilement disponibles à l'achat dans d'autres pays, de sorte que le prix des produits à la vente aux Canadiens ne soit pas augmenté.

Selon le représentant du Bureau du commerce des États-Unis, le Canada était le deuxième partenaire commercial des États-Unis en 2017, avec un commerce bilatéral de 582,4 milliards de dollars, juste derrière la Chine.

Les États-Unis ne produisent pas assez d'acier et d'aluminium pour satisfaire leurs besoins domestiques, qu'il s'agisse d'avions ou de canettes de bière. En 2017, le Canada a fourni 7,2 milliards de dollars d'aluminium et 4,3 milliards de dollars d'acier aux États-Unis.

De l'autre côté de l'Atlantique, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a promis que le bloc répondrait aux mesures et a déclaré qu'elles étaient incompatibles avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

 

"Mauvaise journée" pour le commerce

"C'est du protectionnisme, pur et simple", a condamné Jean-Claude Juncker. "C'est une mauvaise journée pour le commerce mondial.

"Les États - Unis ne nous laissent pas d 'autre choix que de traiter une affaire de règlement des différends à l' OMC [rganisation Mondiale du Commerce) et d'imposer des droits additionnels sur un certain nombre d'importations américaines".

Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, est allé un peu plus loin en avertissant que l'UE n'aurait pas d'autre choix que d'entrer dans une guerre commerciale avec Washington à ce sujet.

"Nos amis américains doivent savoir que s'ils devaient prendre des mesures agressives contre l'Europe, l'Europe ne resterait pas sans réaction", a-t-il averti.

L'Allemagne a également critiqué la décision de Trump et soutenu que les tarifs étaient "illégaux" et ne pouvaient pas être justifiés par des préoccupations de "sécurité nationale".

"Cette mesure porte plutôt le danger d'une spirale d'escalade qui nuirait à tout le monde", a déclaré le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Mass, a déclaré que les États membres de l'Union européenne riposteraient avec une réponse commune ferme.

"Notre réponse à" America First "ne peut être que" l'Europe unie", a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.

La Turquie, déjà visée par ces tarifs douaniers, avait également décidé de répliquer à la décision étatsunienne.

 

* Michael Hernandez, a contribué à cet article de Washington DC, Barry Ellsworth a contribué du Canada, Ayhan Şimşek a contribué de Berlin, en Allemagne.

Auteurs : Michael Hernandez, Barry Ellsworth, Ayhan Şimşek
Éditeurs/Traducteurs-éditeurs : Salman Hamid Siddiqui, Ümit Dönmez

 

 


 

 

Mots-clés: États-Unis, commerce, Canada, Mexique, sanctions, commerce international, douane, sanctions américaines, Négociations Commerciales, commerce extérieur

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