Banque mondiale: l'économie turque se rétablit «plus vite que prévu»

L'activité dans l'économie turque rebondit plus rapidement que prévu après les turbulences, alors que la demande intérieure s'améliore, selon la banque.

 

Un rapport de la Banque mondiale publié mercredi soir prévoyait que le produit inérieur brut (PIB) s'acroisserait de 3% en 2020 et de 4% en 2021, rebondissant après les turbulences financières antérieures, à un rythme plus rapide que prévu à mesure que la demande intérieure s'améliore.

La banque a révisé ses prévisions précédentes selon lesquelles l'économie de la Turquie de la contracterait  de1% en juin 2019 à 0% dans son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales.

"En Turquie, l'activité rebondit après les turbulences financières antérieures à un rythme plus rapide que prévu à mesure que la demande intérieure s'améliore; cependant, la reprise reste fragile dans un climat de confiance et d'investissement modéré.", signale le rapport.

La croissance mondiale devrait atteindre 2,5% en 2020, un peu plus vite que le creux de l'après-crise enregistré l'année dernière, a  noté la Banque monidale, ajoutant que la croissance pourrait encore se renforcer si les risques s'atténuaient avec un apaisement des tensions commerciales mondiales et une réduction durable de l'incertitude.

En termes de marchés émergents et d'économies en développement (EMDE), le rapport prévoyait que la croissance des EMDE s'accélérerait cette année à 4,1%.

"Ce rebond n'est pas généralisé; il suppose plutôt une amélioration des performances d'un petit groupe de grandes économies, dont certaines sortent d'une période de faiblesse substantielle", indique le rapport.

Il a souligné qu'un tiers des EMDE devrait voir sa croissance ralentir en raison d'exportations et d'investissements plus faibles que prévu.

"... Cela repose en grande partie sur un rebond dans un petit groupe de grands EMDE, dont la plupart sortent de récessions profondes ou de ralentissements brusques causés par des pressions financières antérieures", a-t-il noté.

Environ 90% de ce redressement dans les prévisions de croissance de l'EMDE de la banque ne concernaient que huit pays représentant seulement un tiers du PIB du sous-ensemble, à savoir l'Argentine, le Brésil, l'Inde, le Mexique, la Russie, l'Arabie saoudite et la Turquie, selon ce rapport.

"La croissance des économies émergentes et en développement devant rester lente, les décideurs devraient saisir l'opportunité d'entreprendre des réformes structurelles qui stimulent la croissance à large assise, ce qui est essentiel à la réduction de la pauvreté", a déclaré Ceyla Pazarbasioglu, vice-présidente du Groupe de la Banque mondiale pour la Croissance équitable, Finances et Institutions.

Elle a souligné que les mesures visant à améliorer le climat des affaires, l'état de droit, la gestion de la dette et la productivité pourraient contribuer à une croissance soutenue.

 

Risques baissiers pour l'économie mondiale

Pazarbasioglu a également mis en garde contre les risques à la baisse pesant sur les perspectives mondiales.

Ces risques incluent la ré-escalade des tensions commerciales et l'incertitude de la politique commerciale, un ralentissement plus marqué que prévu dans les principales économies et des turbulences financières dans les EMDE.

 

Projections pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord

Les prévisions suggéraient que la croissance régionale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENA) devrait atteindre 2,4% en 2020 et environ 2,8% en 2021-2022, au fur et à mesure des investissements dans les infrastructures et des réformes du climat des affaires.

Soulignant les risques qui, selon elle, sont fermement orientés à la baisse, notamment les tensions géopolitiques, l'escalade des conflits armés et les réformes plus lentes que prévues, la banque a déclaré que ces effets pourraient ralentir les perspectives de productivité à long terme.

 

L'Iran au centre des attentions

L'année dernière, la croissance dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord a ralenti pour atteindre 0,1% en 2019, contre 0,8% l'année précédente. Selon la Banque mondiale, cela reflète les récents développements de l'économie iranienne.

La banquea déclaré que la forte contraction de la croissance en Iran, à la suite du durcissement des sanctions américaines, des tensions géopolitiques dans le détroit d'Ormuz et des revers diplomatiques avaient eu des conséquences économiques.

Le ralentissement de la croissance mondiale a également pesé sur la demande de pétrole et d'autres exportations, entravant davantage l'activité dans la région en général, a ajouté le rapport, rédigé avant la montée des tensions entre les États-Unis et l'Iran au cours de la première semaine de janvier 2020.

 

La croissance de la Turquie va rebondir en 2020

La Banque mondiale prévoit que la croissance de la Turquie rebondira à 3% en 2020, a déclaré une économiste de premier plan de la Banque mondiale.

«L'année dernière, la croissance a été plus élevée que prévu. Nous nous attendions à une croissance négative [...] Parce que nous nous attendions des consolidations, un durcissement de la politique l'an dernier et cela ne s'est pas concrétisé. Oui, la Turquie nous a surpris de façon positive en 2019. », a déclaré Franziska Ohnsorge, directrice du Groupe Perspectives économiques de développement de la Banque mondiale, à l'Agence Anadolu.

Ohnsorge a annoncé que la Banque mondiale a mis à jour ses prévisions de croissance de la Turquie pour 2019 de -1% à 0%.

«Nous nous attendons à un rebond. Nous prévoyons un rebond cyclique en 2020 à 3% de croissance.Du faitt d'une réduction large de l'incertitude politique, le commerce mondial se redresse et la Turquie bénéficie du commerce mondial. Elle est ouverte au commerce mondial. Elle bénéficie de la croissance mondiale du commerce », a-t-elle ajouté.

"Nous nous attendons à une reprise progressive [de la croissance de la Turquie]. Elle repose sur des prévisions fortes; elle repose sur la prévision que le marché financier ne subirait plus de tensions. Pour y parvenir, il faut, bien sûr, des conditions mondiales plutôt positives, mais cela signifie également de bonnes décisions politiques au niveau national en Turquie. Elle repose sur la conviction que les marchés financiers resteront stables », a déclaré l'économiste.

La Banque mondiale s'attend à ce que l'économie turque croisse de 3% en 2020 et de 4% en 2021 et 2022.

 

 

 

Aysu Biçer, Gökhan Kurtaran, Ümit Dönmez

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 


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