Appel à la libération de la journaliste française révélant le nettoyage ethnique à Srebrenica

Une pétition a été lancée en ligne pour la libération de Florence Hartmann, accusée d'avoir révélé le silence du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie face aux atrocités à Srebrenica.

AA - Paris - Bilal Muftuoglu - Une pétition a été lancée en ligne pour la libération de Florence Hartmann, journaliste française emprisonnée en marge du procès de l'homme politique de l'ex-Yougoslavie Radovan Karadzic, la semaine dernière à la Haye.

Lancée par le comité de soutien à Florence Hartmann et des associations bosniaques, la pétition appelle à la libération de la journaliste qui a été mise en garde à vue pour sept jours, avec 7 000 euros d'amende, pour avoir révélé les documents attestant le silence du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) face aux massacres commis à Srebrenica lors des Guerres de Yougoslavie. Dans son livre publié en 2007 "Paix et châtiment", Hartmann, qui était par ailleurs ancienne porte-parole du Tribunal avait révélé que le Tribunal s'était engagé à ne pas divulguer l'implication de l'Etat serbe dans les massacres en Bosnie.

Hartmann a été arrêtée par les gardes du Tribunal alors qu'elle venait assister au procès de Karadzic à la Haye. Elle est aujourd'hui détenue au même titre que Karadzic dans le secteur pénitentiaire des Nations unies, dans "des conditions de surveillance pour risque de suicide", selon son avocat Guénaël Mettreaux, et sa cellule est ainsi "éclairée 24 heures sur 24 et qu’elle est contrôlée par des gardes toutes les quinze minutes". 

Le Comite de soutien à Florence Hartmann souligne sur son site que l'amende de 7000 euros, levée en deux semaines, a été déposée sur un compte que le Tribunal refuse de prélever. "Que fait Florence Hartmann dans le quartier des criminels de guerre, non loin de Radovan Karadzic condamné pour génocide ? Que fait-elle placée à l’isolement, lumière allumée 24 heures sur 24, guichet ouvert toutes les 15 minutes, privée de communication avec l’extérieur ?", s'interroge encore le comité de soutien.

Rappelant l'appel à la libération de Carla del Ponte, procureur du Tribunal à l'époque où Hartmann était la porte-parole, le comité de soutien exige la "réhabilitation" de la journaliste française. En effet, elle est aujourd'hui empêchée de travailler dans des organisations internationales ou dans les médias en raison de cette condamnation, évoque le comité.

Interrogé sur l'affaire, le ministère français des Affaires étrangères a préféré garder le silence, rappelant uniquement la consule générale de France à Amsterdam a rendu visite à Hartmann et que cette dernière "bénéficie" de la protection consulaire. 


 

Florence hartmann attribute cropped by Ümit DÖNMEZ Par Amadalvarez — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43943180

Florence Hartmann Parle après sa libération provisoire

Mots-clés: génocide, bosnie, Bosnie-Herzégovine, Bilal Müftüoğlu, Florence Hartmann, sarajevo, srebrenica, journaliste emprisonnée

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