Togo : « Le sculpteur des géants » n’a que 20 ans

Pour sa première sortie, Atisso Goha confirme aux yeux du public qu’il est un sculpteur des « géants ».



Il est jeune mais ambitieux, débutant mais talentueux, Atisso Goha, désormais connu comme « le sculpteur des géants », crée l’événement à Lomé, à l’occasion de sa toute première exposition dans la galerie Négrillis pour un mois, (12 Avril-12 mai 2019).

Pour ce premier coup d’essai qui révèle tout son talent, l’artiste expose pour ses 20 ans, une vingtaine de ses sculptures, uniques et épatantes, que quelques-uns des premiers visiteurs ont vite fait de réserver pour des sommes promotionnelles de 400.000 francs CFA, soit 800 dollars.

« Ces prix seront multipliés par cinq d'ici quelques années » a assuré Hervé Pana, le commissaire de l’exposition.

Atisso Goha a confié à Anadolu, vendredi dernier, en marge du vernissage de cette première exposition, placée sous le thème : « Les totems d’Atisso », que son titre « le sculpteur des géants », n’a rien à voir avec son âge.

Son histoire étant aussi récente, la qualité et la taille de son œuvre sont des fruits de son imagination.

« Je me fais appeler [le sculpteur des géants], parce que simplement, je sculpte, comme vous pouvez le constater, à travers les visites de toute à l’heure, [des troncs entiers]. Il n’y a pas tout ici, mais certains peuvent s’élever à 4 mètres de hauteur pour 1,50 m de diamètre», a indiqué Atisso Goha.

La taille maximale des objets exposés à l’appréciation du public togolais à Négrilis (ndlr, une nouvelle galerie privée de Lomé), est de 2 mètres environ ; la galerie ne pouvant pas accueillir ce qu’on peut appeler «des gigantesques racines d’arbres », que ce jeune artiste se donne le devoir de transformer au gré de sa débordante créativité.

Sa matière première provient de souches de bois bruts ou de ses recherches de bois anciens, usés par le temps et les intempéries. Il confie à Anadolu qu’il récupère aussi, [des boites de conserves de tomates ou autres, des chutes de pièces de bois destinées à devenir du charbon ou des fagots pour en faire des œuvres].

« Tout ça, parce j’ai un amour fou pour l’environnement qu’il faut respecter et protéger. Je recycle ces objets pour leur donner une seconde vie, et moi je deviens un artiste et j’en suis très fier », a déclaré Atisso.

Son approche est toute aussi surprenante, que ces œuvres ont une histoire à dimension sacrale.

« Quand je suis devant le bois, je le transforme à l’image de ce qu’il me communique » ajoutera Atisso Goha.

L’histoire de ce jeune togolais a commencé en 2011, il avait alors 12 ans et venait de réussir au certificat d’étude du premier degré (CEPD). Frère cadet d’une famille de 4 enfants, il affirme « avoir sacrifié ses études pour développer une passion à la sculpture pour sortir sa famille des difficultés ».

Aujourd’hui, c’est donc avec grande fierté qu’il soutient les études de ses autres frères encore sur les bancs scolaires.

Atisso Goha vient de se faire connaître du public togolais, il dit qu’il veut vite intégrer un marché international et, sans doute, il est en voie de devenir « un architecte des temps modernes », pourquoi pas, dépositaire d’un art sacré.

 

 

Photographie : Archive, Agence Anadolu

 

 



Imprimer E-mail

REMARQUE ! Ce site utilise des cookies.

Si vous ne changez pas les paramètres de votre navigateur, vous êtes d'accord.

J'ai compris

S'inscrire à la Newsletter de actualite-news.com

  • [javascript protected email address]